DR Congo

Monitoring de la situation humanitaire en RDC du 04 au 10 juin 2005

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Situation Report
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Ce rapport ne reflète pas nécessairement la position officielle des Nations Unies

District de l'Ituri

Faits Majeurs

Les rumeurs d'attaques sur la ville de Bunia se font persistantes : Des rumeurs d'attaque imminente de la ville de Bunia par des groupes armés persistent malgré les assurances données par la MONUC, ce qui provoque une inquiétude grandissante au sein de la population. Des informations, concordantes mais non vérifiables, affirment qu'il y aurait des conciliabules entre certains groupes armés en vue d'attaquer la ville de Bunia aux alentours du 30 juin. Certaines organisations prévoient, par mesure de prudence, un retrait temporaire du personnel international.

Plaidoyer pour la poursuite de l'assistance aux déplacés de Gina. Préoccupé par la situation des déplacés de Gina, OCHA/Bunia a appelé les humanitaires, lors d'une réunion tenue le 8 Juin, à envisager des solutions en faveur de 38.000 personnes privées de nourriture et d'eau potable. A cet effet, une mission interagence est programmée le jeudi prochain (16 juin) pour évaluer la situation humanitaire de ces déplacés. Le contexte sécuritaire du moment dans le territoire de Djugu a énormément réduit l'accès ces populations vulnérables.

Distribution des rations alimentaires à plus de 38.000 déplacés de Gina. 6.420 familles de déplacés du camp de Gina ont reçu des vivres/PAM de la part de l'ONGI AAA. Au regard de la persistance de l'insécurité, la MONUC a été mise à contribution pour sécuriser les vivres jusqu'à destination. La dernière distribution remonte au 27 mars; et depuis, aucune assistance n'a été apportée à ces vulnérables à cause de la réduction de l'espace humanitaire et de la rupture des stocks des vivres qu'a connue le PAM.

Contexte Général

La MONUC a rassuré la communauté humanitaire au sujet des rumeurs d'attaques sur Bunia à la date du 30 juin. Elle indique que la présence des soldats marocains et pakistanais de la MONUC ansi que de la Police d'Intervention Rapide et des FARDC permet d'assurer la sécurité dans la ville. Par ailleurs, une réunion, convoquée pour la semaine prochaine, réunira les leaders des communautés ethniques et religieuses en vue d'instaurer un dialogue sur les prévisions liées à l'échéance du 30 Juin.

Selon diverses sources locales, le FRPI et d'autres groupes armés ont tenu une réunion, le 4 juin, dont le but serait de planifier une attaque contre les FARDC à Nyamavi. Une rencontre de même type entre le FRPI, le FNI, le PUSIC et l'UPC avait été organisée le 30 mai dernier Irumu. Les mêmes sources ont indiqué que des officiers ougandais auraient pris part à cette rencontre.

Kagwa, un dissident de l'UPC/L et ancien démobilisé, se trouve en tête d'un groupe armé (FNR) fort de 150 miliciens, qui bénéficierait aussi de l'appui de 54 ougandais. Il contrôle la région de Boga (100 km au sud-ouest de Bunia).

Selon les dernières statistiques qui datent du 8 juin, les effectifs des ex-combattants ont atteint 14.473. La lenteur dans le financement des projets de réinsertion au niveau du PNUD/Comrec suscite beaucoup d'inquiétudes chez ces démobilisés. Ceux du FNI ont commencé à regagner Kpandroma, au lendemain du massacre des 12 de leurs compagnons au mois de mai dernier.

Selon le président de la société civile de Mahagi, des hommes armés non identifiés ont commis des pillages, viols et autres exactions dans la localité de Kambala (74 km à l'ouest Mahagi ville), collectivité de Walendu watsi, le 8 Juin. Ces actes de vandalisme suscitent un climat de panique au sein de la population, étant donné le vide sécuritaire qui existe dans le milieu en l'absence de la police locale et des éléments des FARDC.

Dans une lettre adressée à la MONUC avec copie à OCHA, le chef de la collectivité de Djukoth déplore les conditions de vie des populations de la localité de Berunda située à environ 135 km à l'ouest de Mahagi ville. Cette population a été victime de pillages, d'extorsions et d'incendie des maisons de la part des miliciens de l'UPC/L, le 30 mai. Il y a un risque réel de déplacement de la population si des mesures sécuritaires ne sont pas prises.

Le bataillon népalais de la MONUC n'a pas confirmé les allégations sur l'existence d'un centre de recrutement des ex-combattants (par Bosco de l'UPC/L) dans la ferme de Kuza, 15 km à l'ouest de Mahagi, au terme de l'opération de police du 9 juin.

Situation Humanitaire

La localité de Walu, 24 km au nord ouest de Bunia en Territoire d'Irumu, est vidée de sa population. Celle-ci s'est déplacée vers l'ouest, notamment à Sota.

500 familles de déplacés en provenance de Balazana ont été signalées à Marabo et à Bunia

L'OMS a informé de la résurgence du choléra à Tchomia et à Kasenyi. Du 6 au 10 juin, 14 cas dont un décès ont été enregistrés, contre cinq cas dont un décès à Mandima la semaine dernière. Pour rappel, l'épidémie de choléra avait sévit du 27 mars au 8 mai dans les camps des déplacés de Tchomia, Kakwa et Tché. MSF-S avait rapporté 1.633 cas, dont 27 décès.

Le dépistage actif organisé le week-end dernier par l'ONGI COOPI à Djegu (33 km au sud de Mahagi ville), a identifié 57 cas de malnutrition.

Durant la dernière quinzaine du mois de mai 2005, l'ONGI Malteser a identifié trois cas de peste dont un décès dans la localité de Lokpa située à 7 km à l'est de Kpandroma.

Le paludisme devient endémique en territoire de Mahagi et serait la principale cause de mortalité.

Missions Inter-Agences

Des missions inter agences seront organisées à Katoto le 14 juin, à Kafé le 15 juin et à Gina le 16 juin 2005.

Autres Missions

IRC a effectué des missions de recherche familiale et de suivi des EAFGAs à Panzudu (12 km à l'est de Mahagi ville), Mona (40 km à l'ouest de Mahagi ville) et Rethy (3 km à l'est de Kpandroma).

AAA s'est successivement rendue à Jupabong (32 km au nord de Mahagi ville), Koclala (6 km au nord de Djalassiga), Edionga (50 km à l'ouest d'Aru ville), Jupamenya (16 km au sud de Mahagi ville), Kabasa (54 km au nord-est de Mahagi ville) et Ariwara, Angarakali (45 km au nord d'Aru ville) pour une inspection des champs de différents groupements agricoles. L'Ong s'est également visité Aboro (18 km au sud de Kpandroma), Amee (48 km à l'ouest de Mahagi ville), Ngote-Luga (35 km à l'ouest de Mahagi ville) et Wi rii (35 km au sud-ouest de Mahagi ville) pour l'identification des familles des enfants souffrant de malnutrition et d'autres personnes vulnérables.

Malteser a effectué une mission à Pono (10 km au nord de Mahagi ville), Nyarambe et Afoyo (23 km au sud de Mahagi ville) pour la supervision des centres de santé.

La FAO s'est rendue à Kpandroma afin d'identifier les ex-combattants et d'autres personnes démunies qui s'intéresseraient aux activités agropastorales dont le lancement est prévue pour la prochaine saison culturale.

Une mission Caritas a séjourné à Patole (25 km au sud-ouest de Mahagi ville) dans le but d' évaluer le progrès réalisé dans le cadre de son projet de réinstallation des familles retournées, et à Nioka (54 km à l'ouest de Mahagi ville), pour la mise en place des structures adéquates chargées de la réhabilitation des toits des écoles sinistrées dans cette localité. L'UNICEF avait remis 500 bâches à Caritas pour ce projet de réhabilitation.

COOPI a supervisé les activités des centres nutritionnels de Luga, Ngote, Aboro, Awilo.

Plaidoyer / Accès / Coordination

OCHA/Bunia a demandé aux acteurs humanitaires d'étudier des stratégies pour acheminer des vivres et de l'eau potable aux déplacés de Gina.

L'ONGI Malteser a signalé la rupture de son stock de médicaments essentiels. OCHA lui a recommandé de régulariser cette situation dans un délai acceptable afin d'éviter la hausse des frais de santé et une réduction de l'accès aux centres de santé.

OCHA et AAA se sont rencontrés, le 8 juin, pour analyser la situation actuelle sur les mouvements des populations.

Faisant suite aux recommandations des membres de la commission Protection de l'Enfance sur les projets de réinsertion des EAFGAs, OCHA a rencontré UNICEF/Bunia le 8 juin. Cette agence a confirmé qu'elle procédera au suivi de ces vulnérables par l'intermédiaire des agents qui seront recrutés dans les communautés de base. Elle pourra ensuite appuyer les écoles ayant accueilli un nombre important d'EAFGAs et procédera à la formation permanente des enseignants.

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UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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