Maladie à virus Ebola – République démocratique du Congo : Bulletin d’information sur les flambées épidémiques, 9 août 2018

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from World Health Organization
Published on 09 Aug 2018 View Original

Le 1er août 2018, le Ministère de la santé de la République démocratique du Congo a déclaré une nouvelle flambée de maladie à virus Ebola dans la province du Nord-Kivu, dans l’est du pays. Le Nord-Kivu est l’une des provinces les plus peuplées du pays. Limitrophe de l’Ouganda et du Rwanda, elle est en proie aux conflits et à l’insécurité – plus d’un million de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays et des réfugiés sont accueillis dans les pays voisins.

Le Ministère de la santé, l’OMS et les partenaires continuent de renforcer leurs activités dans tous les principaux piliers de la riposte. Au 7 août 2018, 44 cas de maladie à virus Ebola (17 confirmés et 27 probables), dont 36 décès, ont été notifiés dans les provinces du Nord-Kivu et d’Ituri. Ces chiffres comprennent des décès sporadiques antérieurs survenus dans les communautés touchées depuis mai 2018, recensés dans les registres cliniques et provisoirement classés comme cas probables dans l’attente d’autres enquêtes. Deux agents de santé ont été touchés (un cas confirmé et un cas probable), dont un est décédé. Les cas confirmés ou probables sont localisés dans cinq zones de santé du Nord-Kivu et dans une zone de santé voisine de la province d’Ituri. La majorité des cas (13 confirmés, 21 probables) ont été signalés dans la zone de santé de Mabalako (Figure 1). On attend actuellement les analyses de laboratoire pour 47 autres cas présumés afin de confirmer ou d’exclure la maladie à virus Ebola.

Le 6 août 2018, l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) a confirmé par séquençage génétique que cette flambée épidémique est causée par l’espèce Zaïre et n’est pas liée à la flambée récemment survenue dans la province de l’Équateur.

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Action de la santé publique

Avec l’appui de l’OMS et des partenaires, le Ministère de la santé a lancé les mécanismes de riposte dans les provinces du Nord-Kivu et d’Ituri. Les priorités sont notamment la mise en place et le renforcement de la surveillance, la recherche des contacts, les capacités de laboratoire, la lutte contre l’infection et la prévention, la prise en charge clinique, la vaccination, la communication sur les risques et l’engagement des communautés, les inhumations dans des conditions dignes et sûres, la coordination de la riposte, la surveillance transfrontalière, et les activités de préparation dans les provinces voisines et les pays limitrophes.

  • Le 2 août 2018, le Ministre de la santé de la République démocratique du Congo, le Représentant de l’OMS et des représentants de plusieurs organismes partenaires se sont rendus dans la zone de santé de Mabalako (l’épicentre de l’épidémie) et à Beni pour évaluer et soutenir la riposte au niveau local.

  • Le Ministère de la santé et l’OMS ont déployé des équipes d’intervention rapide dans les zones de santé touchées pour lancer les activités de riposte. Au 7 août, l’OMS a déployé 30 experts techniques et logistiques en appui aux activités de riposte. Les institutions partenaires du Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie (GOARN) continuent de soutenir la riposte de l’OMS face à la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, ainsi que les activités de préparation dans les provinces non affectées de la République démocratique du Congo et dans neuf pays limitrophes.

  • La vaccination des agents de santé de première ligne a débuté le 8 août et sera suivie par la vaccination des contacts communautaires et de leurs contacts. Actuellement, 3220 doses du vaccin rVSV-ZEBOV contre la maladie à virus Ebola sont disponibles à Kinshasa. Une équipe clinique est arrivée le 7 août avec des traitements.

  • Des centres de traitement Ebola (CTE) ont été établis à Mangina et Beni, avec l’appui de partenaires internationaux. Des cliniciens expérimentés sont en train d’être déployés pour aider les partenaires à prodiguer des soins aux patients.

  • Le 3 août 2018, deux machines GeneXpert ont été installées à Beni pour faciliter le diagnostic rapide des cas présumés. La mise en place de capacités de laboratoire supplémentaires est envisagée, y compris de machines GeneXpert à Mangina, Goma et dans d’autres localités si nécessaires. L’INRB déploie d’autres capacités de diagnostic à Mangina, y compris en matière de PCR, de sérologie, d’hématologie et de biochimie.

  • La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge aide la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo à mettre en place des systèmes permettant d’assurer la sûreté et la dignité des inhumations dans toutes les zones touchées. Actuellement, deux équipes localisées à Beni couvrent les zones touchées.

  • Le Directeur régional de l’OMS pour les situations d’urgence en Afrique a informé les pays voisins (Rwanda, Ouganda, Burundi et Soudan du Sud) de la flambée et a insisté sur l’importance de renforcer les mesures de surveillance et de préparation dans leur pays, en particulier le long de la frontière avec le Nord-Kivu.

  • Trente-deux points d’entrée clés ont été identifiés en vue de renforcer les capacités à détecter et prendre en charge rapidement les nouveaux cas potentiels de maladie à virus Ebola et pour collaborer avec les communautés des zones frontalières en vue d’améliorer les connaissances sur la MVE et sa prévention.

  • Les activités de sensibilisation à la flambée épidémique ont commencé dans les communautés touchées, par l’intermédiaire de la Commission de mobilisation sociale, ainsi que dans deux pays voisins, l’Ouganda et le Rwanda. L’OMS et ses partenaires ont organisé une série de réunions d’information avec des chefs de communauté et de quartier, des enseignants, des chefs religieux, des journalistes et des groupes communautaires afin de les sensibiliser à la MVE en diffusant notamment des informations sur la flambée en cours et les mesures de prévention.

  • Au 8 août, trois avions cargos en provenance de Mbandaka sont arrivés à Beni avec 23 tonnes de fournitures à bord. Un autre charter devrait bientôt quitter Dubaï avec 20 000 kits d’équipements de protection individuelle (EPI) contre la fièvre hémorragique virale et 50 000 kits d’EPI standards.

Évaluation du risque par l’OMS

Cette nouvelle flambée de maladie à virus Ebola touche les provinces du Nord-Est de la République démocratique du Congo, à proximité immédiate de l’Ouganda. Les facteurs de risque potentiels pour la transmission de la MVE aux niveaux national et régional comportent les liaisons de transport entre les zones affectées, le reste du pays et les pays limitrophes ; les déplacements internes de population ; et les déplacements de réfugiés congolais dans les pays voisins. Le pays est confronté actuellement à plusieurs épidémies et à une crise humanitaire prolongée. De plus, l’insécurité au Nord-Kivu pourrait entraver la mise en place des activités de riposte. Compte tenu de ce contexte, on considère que le risque pour la santé publique est élevé aux niveaux national et régional et faible au niveau mondial.

Conseils de l’OMS

Alors que les investigations se poursuivent pour déterminer l’ampleur réelle de la flambée, il est important pour les provinces et les pays voisins d’intensifier les activités de surveillance et de préparation. L’OMS continuera de travailler avec les pays limitrophes pour s’assurer que les autorités sanitaires sont alertées et prêtes à riposter.

Sur la base des informations disponibles, l’OMS déconseille d’instaurer toute restriction aux voyages ou aux échanges commerciaux avec la République démocratique du Congo. Elle continue de surveiller les mesures prises pour les voyages et le commerce en rapport avec cet événement.

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