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Maladie à virus Ebola – République démocratique du Congo : Bulletin d’information sur les flambées épidémiques, 4 août 2018

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Le 28 juillet 2018, la Division provinciale de la santé du Nord-Kivu a notifié au Ministère de la santé de la République démocratique du Congo un groupe de cas présumés de fièvre hémorragique aiguë. Le 1er août 2018, l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) à Kinshasa a indiqué que quatre des six échantillons collectés sur des patients hospitalisés avaient donné un résultat positif à la PCR automatisée GeneXpert. Ces tests positifs présumés ont entraîné une intensification immédiate des activités de riposte par le Ministère de la santé, l’OMS et les partenaires, ainsi que la déclaration d’une flambée épidémique par le Ministère de la santé.

L’alerte rapide envoyée par le Ministère de la santé à l’OMS, au titre du Règlement sanitaire international, a suivi la détection et l’investigation rapide d’un groupe de cas présumés de fièvre hémorragique virale chez une famille de la province du Nord-Kivu de la mi-juillet à la fin du mois de juillet 2018. Les responsables locaux de la santé ont identifié depuis lors des décès sporadiques antérieurs dans la communauté depuis mai 2018 (provisoirement classés comme cas probables), qui sont en cours d’investigation pour savoir s’ils ont un lien avec la flambée actuelle.

Le Ministère de la santé, l’OMS et les partenaires collaborent pour établir l’ampleur réelle de cette flambée. Au 3 août 2018, au total 43 cas de maladie à virus Ebola (13 cas confirmés et 30 cas probables), avec 33 décès, ont été signalés. On attend actuellement les analyses de laboratoire pour 33 autres cas présumés afin de confirmer ou d’exclure la maladie à virus Ebola. Trois agents de santé ont été touchés et l’un d’eux est mort.

Sur le plan géographique, les cas confirmés et probables se localisent pour l’instant dans cinq zones de santé de la province du Nord-Kivu (38 cas, dont 13 confirmés et 25 probables) et une zone de santé dans la province d’Ituri (5 cas probables) (voir la Figure). Des cas présumés sont en cours d’investigation dans une autre zone de santé de la province d’Ituri. Les régions affectées accueillent plus de 1 million de personnes déplacées et sont limitrophes de l’Ouganda et du Rwanda, avec de fréquents mouvements transfrontaliers dus aux activités commerciales. La crise humanitaire prolongée et la dégradation des conditions de sécurité devraient entraver la riposte à cette flambée.

D’autres analyses de laboratoire faites à l’INRB ont mis en évidence le virus Ebola par PCR classique dans trois des échantillons d’un lot initial de six provenant de la zone de santé de Mabalako. Ces résultats donnent fortement à penser qu’Ebola Zaïre est l’espèce responsable de la flambée ; le séquençage génétique est cependant nécessaire pour confirmer définitivement l’espèce.

La caractérisation des séquences virales aidera à orienter l’utilisation potentielle des vaccins et des médicaments et à établir un lien avec la flambée récente dans la province de l’Équateur, à l’extrémité ouest du pays, à quelque 2500 kilomètres de la flambée actuelle. Rien n’indique pour l’instant un lien entre ces deux événements.

Action de la santé publique

Avec l’appui de l’OMS et des partenaires, le Ministère de la santé a lancé les mécanismes de riposte dans les provinces du Nord-Kivu et d’Ituri. Les priorités comportent la mise en place et le renforcement de la surveillance, la recherche des contacts, les capacités de laboratoire, la lutte contre l’infection et la prévention, la prise en charge clinique, l’engagement des communautés, les inhumations dans des conditions dignes et sûres, la coordination de la riposte, la surveillance transfrontalière et les activités de préparation dans les provinces voisines et les pays limitrophes. De plus, on examine l’utilisation potentielle des vaccins et des traitements contre la maladie à virus Ebola.

  • Le Ministère de la santé et l’OMS ont déployé des équipes d’intervention rapide dans les zones de santé touchées pour lancer les activités de riposte.
  • L’OMS a activé les mécanismes nationaux, régionaux et mondiaux de coordination pour évaluer les risques et réagir comme il se doit à l’événement. Une équipe chargée de la gestion de l’incident a été mise en place en République démocratique du Congo et des équipes d’appui ont été réactivées au Bureau régional pour l’Afrique et au Siège de l’OMS. Des réunions de coordination avec le Ministère de la santé et les partenaires se sont tenues le 1er août 2018 pour le déploiement des ressources humaines et du matériel. Les moyens logistiques immédiats et les besoins sont établis et un plan complet de riposte est en cours d’élaboration.
  • L’OMS a fourni un appui technique et opérationnel au Ministère de la santé et aux partenaires pour activer un centre des opérations d’urgence en multipartenariat et interinstitutions afin de coordonner la riposte.
  • Avec l’aide de partenaires internationaux, des centres de traitement d’Ebola sont mis en place à Mangina, Beni et Goma.
  • Un laboratoire mobile a été mis en place à Beni pour faciliter le diagnostic rapide des cas présumés. On examine la possibilité d’installer des capacités supplémentaires de laboratoire.
  • Les activités pour la recherche des contacts ont commencé. Jusqu’à présent, 879 contacts ont été enregistrés pour le suivi.
  • Le Directeur régional pour les situations d’urgence en Afrique a informé les pays voisins (Ouganda et Rwanda) de la flambée et insisté sur l’importance des actions de surveillance et de préparation, en particulier le long de la frontière.
  • Les activités pour sensibiliser les communautés à la flambée, ainsi qu’aux mesures d’hygiène et d’assainissement, ont commencé avec le concours des médias et des églises dans les communautés touchées, de même qu’en Ouganda et au Rwanda.
  • Le 1er août, l’équipe de soutien opérationnel du Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie (GOARN) a lancé une alerte aux partenaires du réseau en donnant des informations générales sur la situation actuelle et les activités de riposte en cours. Le 2 août, le Comité d’orientation du GOARN et le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique ont lancé un appel conjoint à la coordination auprès des partenaires opérationnels en Afrique. Les partenaires du GOARN continuent de contribuer aux activités de riposte.

Évaluation du risque par l’OMS

Cette nouvelle flambée de maladie à virus Ebola touche les provinces du Nord-Est de la République démocratique du Congo à la frontière de l’Ouganda. Les facteurs de risque potentiels pour la transmission de la MVE aux niveaux national et régional comportent les liaisons de transport entre les zones affectées, le reste du pays et les pays limitrophes ; les déplacements internes de population ; et les déplacements de réfugiés congolais dans les pays voisins. Le pays est confronté actuellement à plusieurs épidémies et à une crise humanitaire prolongée. De plus, l’insécurité au Nord-Kivu pourrait entraver la mise en place des activités de riposte. Compte tenu de ce contexte, on considère que le risque pour la santé publique est élevé aux niveaux national et régional et faible au niveau mondial.

Conseils de l’OMS

Alors que les investigations se poursuivent pour déterminer l’ampleur réelle de la flambée, il est important pour les provinces et les pays voisins d’intensifier les activités de surveillance et de préparation. L’OMS continuera de travailler avec les pays limitrophes pour s’assurer que les autorités sanitaires soient alertées et prêtes à riposter.

Sur la base des informations disponibles, l’OMS déconseille d’instaurer toute restriction aux voyages ou aux échanges commerciaux avec la République démocratique du Congo. Elle continue de surveiller les mesures prises pour les voyages et le commerce en relation avec cet événement.

Pour en savoir plus sur la maladie à virus Ebola, y compris les mesures de réduction du risque afin de prévenir la transmission du virus, consulter :