Maladie à virus Ebola – République démocratique du Congo Bulletin d’information sur les flambées épidémiques, 29 novembre 2018

Report
from World Health Organization
Published on 29 Nov 2018 View Original

Près de cinq mois après la déclaration de la flambée de maladie à virus Ebola (MVE), la riposte demeure une entreprise difficile. Néanmoins, en collaboration avec le Ministère de la santé et ses partenaires, l’OMS continue d’agir en vue d’endiguer la flambée et d’y mettre fin. Le Ministère de la santé, l’OMS et les autres partenaires interviennent particulièrement activement dans les zones où la transmission de la MVE se poursuit, notamment Butembo, Katwa, Beni et Kalunguta.

Pendant la période considérée (21-27 novembre 2018), 36 nouveaux cas ont été signalés : 13 à Beni, 9 à Katwa, 6 à Kalungunta, 6 à Butembo, 1 à Kyondo et 1 à Oicha. Deux agents de santé de Katwa et Kyondo figuraient parmi les nouveaux sujets infectés ; 42 agents de santé ont été infectés à ce jour. Douze autres survivants sont sortis des centres de traitement d’Ebola (CTE) de Beni (6) et de Butembo (6) et ont réintégré leurs communautés ; 125 patients se sont rétablis à ce jour.

Depuis deux mois, l’OMS intervient face à l’évolution de la situation à Katwa, Butembo, Beni et Kalungunta. Les données préliminaires indiquent que les mesures de santé publique prises à Beni et Kalunguta sont efficace. Il reste difficile de mobiliser la communauté à Katwa. Même si des progrès importants ont été accomplis, une part importante des cas n’avaient pas été enregistrés auparavant en tant que contacts et n’ont donc pas été suivis par les équipes de surveillance. Des améliorations sont nécessaires dans ce domaine. Par ailleurs, des craintes ont été exprimées concernant le nombre élevé de jeunes enfants (un an ou moins) touchés. Au total, depuis le début de la flambée, 36 cas ont été signalés parmi les nouveau-nés et les enfants de moins de deux ans, et 17 cas parmi les femmes enceintes.

Au 27 novembre, 422 cas de MVE (375 confirmés et 47 probables)1, dont 242 décès, ont été signalés dans 11 zones de santé de la province du Nord-Kivu et dans trois zones de santé de la province de l’Ituri (Figure 1). Compte tenu des retards prévus dans la détection et la notification des cas, les tendances globales d’incidence hebdomadaire doivent être interprétées avec prudence pour les dernières semaines (Figure 2).

Le risque de propagation à d’autres provinces de la République démocratique du Congo, ainsi qu’aux pays limitrophes, reste très élevé. Au cours de la semaine écoulée, des alertes ont été données au Soudan du Sud et en Ouganda ; à ce jour, la MVE a été exclue à chaque fois.

*Les données des dernières semaines sont sujettes à des retards dans la confirmation et la notification des cas, ainsi qu’au nettoyage en cours des données. Les tendances au cours de cette période doivent donc être interprétées avec prudence.

Action de santé publique

Le Ministère de la santé continue à renforcer les mesures de riposte, avec le soutien de l’OMS et de ses partenaires. Les priorités sont la coordination des interventions, la surveillance, la recherche des contacts, les capacités de laboratoire, les mesures de lutte contre l’infection, la prise en charge clinique des patients, la vaccination, la communication sur les risques et la participation des communautés, le soutien psychosocial, les enterrements dignes et sécurisés (EDS), la surveillance transfrontalière et les activités de préparation dans les provinces et les pays limitrophes. Pour aider le Ministère de la santé, l’OMS collabore intensivement avec un vaste ensemble de partenaires et parties prenantes multisectoriels et multidisciplinaires, à l’échelle régionale et à l’échelle mondiale, pour la riposte à la MVE, la recherche et la préparation urgente, y compris dans les pays limitrophes. Actuellement, 300 spécialistes de l’OMS sont déployés en République démocratique du Congo à l’appui de la riposte.

Pour obtenir de plus amples informations sur les mesures de santé publique prises par l’OMS et ses partenaires, voir les derniers rapports de situation publiés par le Bureau régional OMS de l’Afrique :

Évaluation du risque par l’OMS

Cette flambée épidémique de MVE touche les provinces du nord-est du pays, à la frontière de l’Ouganda, du Rwanda et du Soudan du Sud. Les facteurs de risque potentiels pour la transmission de la MVE aux niveaux national et régional sont, d’une part, le transport entre les zones touchées, le reste du pays et les pays limitrophes et, d’autre part, les déplacements de population à l’intérieur du pays. Le pays est confronté actuellement à d’autres épidémies (choléra et poliomyélite dérivée de souches vaccinales, paludisme, par exemple) et à une crise humanitaire prolongée. De plus, l’insécurité au Nord-Kivu et en Ituri entrave parfois la mise en œuvre des activités de riposte. D’après l’évaluation de l’OMS, le risque est actuellement très élevé aux niveaux national et régional, mais il demeure faible à l’échelle mondiale. Sur la base des informations disponibles, l’OMS continue de déconseiller l’application de restrictions aux voyages et au commerce avec la République démocratique du Congo.

Comme le risque de propagation national et régional est très élevé, il est important que les provinces voisines et les pays limitrophes renforcent les activités de surveillance et de préparation. Le Comité d’urgence du Règlement sanitaire international (2005) a averti qu’à moins d’intensifier ces activités de préparation et de surveillance, les conditions devraient s’aggraver et la propagation se poursuivre. L’OMS continuera de collaborer avec les pays limitrophes et les partenaires pour s’assurer que les autorités sanitaires sont en état d’alerte et prêtes à riposter sur le plan opérationnel.

Conseils de l’OMS

Trafic international: Sur la base des informations disponibles, l’OMS déconseille d’instaurer toute restriction aux voyages ou aux échanges commerciaux avec la République démocratique du Congo. Il n’existe actuellement aucun vaccin homologué pour protéger les gens contre le virus Ebola. Par conséquent, toute exigence de certificat de vaccination anti-Ebola ne constitue pas une base raisonnable pour restreindre la circulation transfrontalière ou la délivrance de visas aux passagers quittant la République démocratique du Congo. L’Organisation continue de surveiller attentivement les mesures prises pour les voyages et le commerce en relation avec cet événement, effectuant les vérifications nécessaires le cas échéant. Pour l’instant, aucun pays n’a pris de mesures entravant sensiblement les voyages internationaux à destination ou en provenance de la République démocratique du Congo. Les voyageurs doivent demander conseil à leur médecin avant de partir et respecter les règles d’hygiène.

Pour de plus amples informations, voir :