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L'OMS annonce un plan de « transformation profonde » à la suite d'allégations d'abus sexuels en RDC

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De nombreuses femmes en République démocratique du Congo ont été abandonnées par leurs maris après avoir été violées, car ils pensaient qu'elles portent malheur. © OCHA/Otto Bakano

Les souffrances des survivantes d'abus sexuels qui auraient été perpétrés par des employés de l'Organisation mondiale de la santé lors de la dixième épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) vont être « le catalyseur d'une profonde transformation » de la culture de l'OMS.

L'assurance est venue jeudi du Directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui a annoncé un plan de réponse de la direction pour répondre aux conclusions d'une commission indépendante.

« Ce plan décrit les changements que nous allons apporter en tant qu'organisation pour tenir cet engagement et créer une culture dans laquelle il n'y a aucune possibilité d'exploitation et d'abus sexuels, aucune impunité si c'est le cas et aucune tolérance envers l'inaction », a dit Dr Tedros.

Action immédiate

Le plan décrit plusieurs mesures à court terme, en se concentrant sur les recommandations les plus urgentes de la commission indépendante.

L’OMS commencera par soutenir les survivantes et leurs familles, terminera les enquêtes en cours, lancera une série d'examens et d'audits internes, et réformera ses structures et sa culture.

Au cours des 15 prochains mois, l'agence entamera une refonte de ses politiques, procédures et pratiques afin d'accroître les garanties contre l'exploitation et les abus sexuels dans ses programmes et opérations.

Sur le terrain, cela signifie que l'agence fournira un soutien aux moyens de subsistance aux victimes et aux survivantes, y compris davantage de soutien médical et psychosocial, les aidera à trouver des opportunités d'emploi et des ressources pour éventuellement démarrer une petite entreprise.

Les enfants nés à la suite de ces cas seront également pris en charge, via des bourses d'études et la prise en charge des frais médicaux.

En outre, l'agence assurera une formation préalable au déploiement et une formation de recyclage obligatoires pour toute nouvelle affectation, et créera des canaux de signalement pour les alertes ou les plaintes.

L'OMS a alloué un montant initial de 7,6 millions de dollars pour renforcer ses capacités dans dix pays présentant le profil de risque le plus élevé : Afghanistan, République centrafricaine, RDC, Éthiopie, Nigéria, Somalie, Soudan du Sud, Soudan, Venezuela et Yémen.

Mesures de prévention

La Directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique, Matshidiso Moeti, a indiqué que l'OMS met déjà en œuvre bon nombre des recommandations.

Par exemple, lors de l'actuelle épidémie d'Ebola au Nord-Kivu, en RDC, dans le cadre de la première vague de déploiements, l'agence a envoyé à Beni un expert en prévention de l'exploitation et des abus sexuels.

« En collaboration avec des partenaires des Nations Unies, elle dispense une formation approfondie de deux jours au personnel et aux ONG et contacte les dirigeants communautaires pour les sensibiliser », a déclaré Dre Moeti.

La semaine dernière, près de 40 employés de l'OMS et des partenaires des Nations Unies ont reçu une formation sur ces questions. Beaucoup d'entre eux formeront ensuite d'autres membres du personnel.

Près de 30 membres d'associations communautaires locales ont également été informés sur la manière de protéger la population et de signaler les cas suspects.