DR Congo

lle Chimène Mwanaweka, Superviseure Commerciale et AGR/Métiers : TUINUKE est un programme de Caritas Goma pour relever le niveau de vie d’une partie des communautés locales vivant dans les Cités de Minova (au Sud-Kivu), Kiwanja et Karambi (au Nord-Kivu)

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Goma, le 28 juillet 2021 (caritasdev.cd) : Emprunté à la langue swahili,* « TUINUKE » *signifie « relevons-nous ! ». Il désigne ici un programme exécuté par la Caritas-Développement Goma afin de soutenir et accompagner les participants communautaires dans leurs efforts de relèvement socio-économique. Financé par la Caritas Australie, ce programme fait suite à deux anciens projets: « Afia » et « Amani » et renvoie aux moyens de subsistance durables et protection. Prévu initialement pour trois ans (juillet 2018 à juin 2021), « TUINUKE » a été prolongé jusqu'en 2024. C’est ce qu’indique de prime abord Mlle Chimène Mwanaweka, Superviseure commerciale et AGR/ Métiers au sein du PROGRAMME TUINUKE de la Caritas-Développement GOMA. Caritasdev.cd a fait parler cette charmante demoiselle, gestionnaire et financière de formation, spécialisée en Economie Monétaire, pour en savoir plus sur ce programme. Selon elle, ce concept « TUINUKE » n’a pas été choisi au hasard.

**Voir le niveau de vie de chaque famille bénéficiaire être relevé **

En fait, le programme TUINUKE ambitionne de relever le niveau de vie d’une partie des communautés locales vivant dans les cités de Minova (au Sud-Kivu), Kiwanja et Karambi (au Nord-Kivu). En outre, ce Programme rêve de voir, en trois ans (la premières phase du Programme est à sa dernière année, tandis que la seconde est en cours son installation), chaque famille qui a bénéficié de manière directe des investissements en ressources financières, humaines et matérielles de la Caritas Goma, avoir un niveau de vie digne, acceptable et décent, grâce à une autosuffisance alimentaire, à des revenus stables et plus élevés.

Un autre résultat attendu est l’accès aux services sociaux de base, surtout pour les femmes enceintes, les enfants de moins de 5 ans, les personnes vivant avec le VIH/SIDA et celles victimes des violences sexuelles.

Dans cet élan, et grâce à une attention particulière qui leur a été accordée, l’on s’attend à ce qu’une tranche importante des groupes les plus vulnérables, marginalisés et/ou à haut risque d’exploitation atteigne un niveau remarquable de développement et d’épanouissement, y compris l’autonomie financière. ‘Parmi les résultats escomptés, il est question que chaque ménage cible ait un pouvoir d’achat suffisant et capable de répondre aux besoins de base de sa famille, en particulier ceux des enfants, dans un environnement social de paix et de solidarité.

1.050 personnes ont directement bénéficié du programme TUINUKE

En somme, quatre concepts clés peuvent résumer le Programme TUINUKE : Travail, Connaissance (le savoir), Revenu (Gain et Epargne) et Relèvement.

Mlle Chimène Mwanaweka fait savoir que le programme TUINUKE a directement bénéficié à 1.050 personnes (42% d’hommes et de jeunes garçons, et 58% de femmes et de jeunes filles) réparties comme suit : 336 personnes, dont 62% de femmes et filles à A Minova ; 324 personnes dont 55% de femmes et filles à Karambi ; 390 personnes dont 57% de femmes et filles.

Elle note à ce sujet que 7 à 10% de ces participants communautaires sont des personnes vivant avec handicap. Ces participants directs sont des membres d’associations paysannes (71%) et des jeunes (29%) formés en métiers et artisanat.

Des indicateurs objectivement vérifiables

Invitée à parler de l’impact réel du programme TUINUKE, Mlle Chimène Mwanaweka cite des indicateurs objectivement vérifiables.

« Oui, après 3 ans de son exécution, nous pouvons parler avec fierté de l’impact du programme TUINUKE à Goma et à l’intérieur (Zones du projet). La plus grande réussite pour TUINUKE repose sans doute sur l’approche ABCD utilisée dans ce programme et qui consiste à stimuler le développement en se basant sur les atouts personnels.

Il a fallu une grande philosophie pour que cette approche prenne corps et s’enracine. L’approche ABCD étant une nouvelle méthode basée sur les potentialités et les atouts d’une communauté qui, au lieu de voir les problèmes et les besoins, elle part plutôt de ses propres ressources et arrive à son développement. L’apport extérieur (aide) viendrait alors renforcer ou compléter ces efforts personnels.

Ainsi, durant 3 ans, nous n’avons pas croisé les bras :

  • - Plus de 25 hectares de champs consacrés aux *champs-écoles paysan (CEP) ainsi qu’à l’agropastorale ont été mis en place;

- 25 Associations Paysannes (AP) ont été accompagnées dans toutes les phases culturales, jusqu’à la récolte, le stockage et l’écoulement de leurs productions;

- 200 lapins ont été distribués aux AP et 96 porcs (après la mise en place de leurs cages) ;

- 34 PCs (Participants Communautaires) ont été renforcés en matière d’élevage de porcs, de lapins et des poules;

- 300 jeunes ont été identifiés et suivent des cours aux ateliers de métiers et artisanat;

- 3 coopératives agricoles sont en marche;

- 32 personnes vivant avec VIH consultent les services des maisons d’écoutes;

- 14 personnes VVS et domestiques graves, dont 3 hommes et 11 femmes, ont été accompagnés et 16 enfants de ces différentes familles ont eu des séances d’échange avec les assistantes psycho-sociales pour les aider à surmonter ces chocs;

- 750 agriculteurs ont un accès amélioré aux crédits et au marché : compétitivité, transport, commercialisation efficace et vente des produits, une Augmentation du % de membres des AP qui déclarent avoir une plus grande maitrise de la situation du marché (capacités à gérer les tendances et fluctuations du marché).

- Une très forte participation des femmes et des groupes marginalisés à travers des réseaux communautaires, dans des initiatives de plaidoyer pour la consolidation de la paix, l’accès à la terre, le respect des droits, promeut des attitudes, politiques et décisions conduisant à des changements dans les aspects importants de la vie des communautés ciblées, une Augmentation de la proportion des personnes vivant avec handicap au sein des Barzas intercommunautaires, des personnes vulnérables et marginalisées »

Par ailleurs, le Programme TUINUKE dispose de trois sites d’intervention pour les métiers à KARAMBI KIWANJA ET MINOVA. 300 jeunes y sont formés: 84 jeunes à Karambi, 96 jeunes à Minova et 120 jeunes à Kiwanja.. Il y a plusieurs filières: Coupe et couture, maçonnerie, Informatique, coiffure esthétique et menuiserie. « Ces 300 jeunes ont un accès amélioré aux crédits et au marché, nous remarquons qu’avec le temps une augmentation d’actifs/ revenus des jeunes professionnels en métiers », a souligné Mlle Mwanaweka . « Ces 300 jeunes ont un accès amélioré aux crédits et au marché. Nous remarquons avec le temps une augmentation d’actifs/ revenus des jeunes professionnels en métiers », a-t-elle ajouté.

Quant à la commercialisation, le Programme TUINUKE fait le transfert d’un produit, du lieu de production au lieu de consommation, en suivant une planification bien établie. Cette planification de la production suit une échelle qui est la culture et la récolte, le tri, le conditionnement, le transport, le stockage, les procédés agroalimentaires, la distribution et la vente. « De telles activités ne peuvent se faire sans échange d’informations et dépendent souvent très fortement de la disponibilité d’un produit demandé. Les systèmes de commercialisation sont dynamiques. Ils sont compétitifs et impliquent un changement et des améliorations continues », relève la Superviseure commerciale et AGR/ Métiers au sein du Programme TUINUKE de la Caritas-Développement Goma*.*

Quelles difficultés jalonnent le travail de cette dernière, et comment arrive-t-elle à les surmonter, sous la coordination de sa Hiérarchie? Mlle Chimène Mwanaweka cite en premier lieu l’insécurité : une difficulté qui est généralisée, car elle touche différentes couches sociales, partenaires, ONGs. Le Nord-Kivu est une région en proie en l’insécurité de tout genre voilà plus de deux décennies. Les groupes rebelles règnent en maitre absolu, le kidnapping, les tueries …. *« Et quand l’on est femme appelée à superviser un travail à l’intérieur, une inquiétude est perceptible. Mais cela ne nous empêche pas de faire le travail que nous avons choisi : Humanitaire », *relève-t-elle.

Et d’ajouter : « Notre coordination ne ménage aucun effort pour nous mettre dans les bonnes conditions du travail. Nous le voyons surtout dans la souplesse qu’elle a quand il est question de répondre aux mails, rapports et états de besoin…C’est une coordination où l’équité a pris place et nous avons donc la chance de prouver ce que nous valons. En cas d’une grande difficulté qui implique de grandes décisions, elle ne cesse de nous accompagner. Ce qui renforce d’une manière ou d’une autre un bon courant de collaboration professionnelle ».

Messages d’espoir face à l’insécurité et à la vulnérabilité ambiantes

Aux bénéficiaires directs et indirects, ainsi qu’aux autres personnes non touchées par ce programme, Mlle Chimène Mwanaweka a des messages particuliers. Elle souhaite aux bénéficiaires du Programme TUINUKE une bonne continuité avec l’approche ABCD qui doit les guider comme une Bible entre les mains d’un chrétien. C’est à eux maintenant de voler de leurs propres ailes. C’est à eux d’aller de l’avant. Tout leur a été donné en termes de formation pour qu’ils ne régressent pas. C’est maintenant que la résilience doit se vivre.

*Aux bénéficiaires indirects, je dirais que l’espoir est là. Et d’une manière ou d’une autre, ils bénéficient des fruits de TUINUKE. A Karambi par exemple, c’est la première fois qu’elle bénéficie d’un centre de formation en métiers professionnels. Je suis sûre qu’après leur formation, ces jeunes ouvriront des centres qui boosteront l’économie de Karambi », *se réjouit la demoiselle.

Cependant, Mlle Mwanaweka reconnait que « tout n’est pas rose ». « La vulnérabilité est encore là ; la misère est encore dans nos communautés. Nous ne serons donc pas contre un deuxième projet du genre TUINUKE. Ce qui nous permettra de changer des zones d’intervention et d’aider nos frères et sœurs dans les besoins, surtout en ce temps où l’humanité ploie sous le joug du Coronavirus 2019. Il y a un besoin sanitaire urgent et humanitaire », conclut-elle.

Guy-Marin Kamandji