DR Congo

Les voix du terrain - RD Congo, 2021: Accompagner les survivantes de violences basées sur le genre

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Alphonsine* se souvient de cette nuit du 22 mai 2021, où elle et son mari ont tout perdu.

« Notre champ, notre maison et nos bétails étaient partis en fumée ». En quelques heures, le village Mugerwa s’est retrouvé dévasté par l’éruption du volcan Nyragongo, dans la Province du Nord-Kivu.
Enceinte de son cinquième enfant, Alphonsine souhaitait uniquement mettre sa famille en sécurité. Après quelques nuits passées au Rwanda voisin, ils sont revenus en RDC et furent directement confrontés au manque d’espace dans les sites de déplacés. « Nous n’avions plus de choix que de rester dans un centre collectif », installé dans une école primaire, raconte Alphonsine.

L’éruption du volcan Nyiragongo a fragilisé de nombreuses familles déjà vulnérables. Les femmes et les enfants en ont payé cher, étant commis aux tâches ménagères quotidiennes, s’exposant ainsi aux agressions, viols et autres violences. « Trouver à manger était un casse-tête. Mon mari partait dans le parc des Virunga à la recherche de bois de chauffe pour fabriquer de la braise et la vendre ».

Un matin, le mari d’Alphonsine fut kidnappé. Une rançon était exigée pour le libérer. « Par amour pour le père de mes enfants, je m’étais alors décidée à y aller. » Ce jour-là, Alphonsine a été violée par les ravisseurs, juste après avoir libéré son mari.

« Entre la souffrance physique et psychologique, je ne voulais plus vivre. Jusqu’à ce que mon chemin croise celui d’une organisation communautaire de mon quartier. Avec des lances voix [ndlr : mégaphones], ils sensibilisaient sur les violences basées sur le genre. De loin, je les avais entendu parler d’une prise en charge gratuite dans des centre de santé, y-compris celui de Kanyaruchinya qui est proche de chez moi. »

Comme d’autres survivantes arrivées au centre de santé de Kanyaruchinya, Alphonsine a été accueillie par une assistance psychosociale. « Grâce aux entretiens que j’ai eus avec elle, j’ai surmonté ma douleur et j’ai pu parler de ce qui m’était arrivé à mon mari. Grâce à son appui, mon enfant dans le ventre et moi sommes en bonne santé. » Aujourd’hui, Alphonsine et sa famille vivent avec un couple de jeunes mariés qui les a gentiment accueillis le temps de retrouver une maison. Elle continue de participer aux discussions organisées chaque semaine avec d’autres femmes pour surmonter l‘expérience traumatisante.

Depuis juin 2021, le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) et ses partenaires Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral (SOFEPADI) et Hope in Action, ont soutenu de nombreuses survivantes de violences basées sur le genre dans les zones de santé de Nyiragongo, Kirotshe et Karisimbi. Avec l’appui financier du Fonds Humanitaire en RDC, ces organisations ont principalement assuré la distribution de kits de dignité, la prise en charge médicale et le soutien psychologique des survivantes.

Tout au long de l’année, le Fonds Humanitaire en RDC a financé six projets dans 11 territoires situés dans les provinces de l’Ituri, du Maniema, du Nord et Sud Kivu, et du Tanganyika, afin d’apporter un soutien médical et psychosocial aux survivantes et survivants de VBG et renforcer la sensibilisation des communautés.

  • Pour respecter l'anonymat, les noms des personnes impliquées dans ce témoignage ont été modifiés.
UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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