Les retours massifs de Congolais depuis l’Angola pourraient générer une crise humanitaire

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from UN High Commissioner for Refugees
Published on 17 Oct 2018 View Original

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Babar Baloch – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 16 octobre 2018 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, est préoccupé par l’évolution rapide de la situation humanitaire dans la région du Kasaï en République démocratique du Congo (RDC) et par les retours massifs de réfugiés depuis l’Angola, au cours des deux dernières semaines.

Selon les estimations des responsables congolais, 200 000 ressortissants seraient arrivés dans la seule province du Kasaï. Par ailleurs, beaucoup d’autres sont arrivés dans la province voisine du Kasaï central. Leur arrivée fait suite à un arrêté d’expulsion pris par les autorités angolaises à l’encontre des migrants. Avant qu’on leur demande de partir, les Congolais étaient employés dans le secteur minier informel, au nord-est de l’Angola.

Le HCR appelle les gouvernements de l’Angola et de la RDC à travailler conjointement pour s’assurer que le mouvement de population est ordonné et sécurisé. Les expulsions massives sont contraires aux obligations découlant de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et nous demandons aux deux parties de respecter les droits humains fondamentaux des personnes concernées. Sans cette coopération, les retours pourraient aisément déclencher une crise humanitaire dans la région du Kasaï, déjà fragile.

Alors que les forces de l’ordre ont tenté de procéder aux retours forcés, de violents affrontements ont été signalés dans certaines régions de l’Angola. Le délai pour se conformer à cette décision a expiré hier (lundi 15 octobre 2018).

Depuis la fin du délai imparti, des milliers de rapatriés se trouvent du côté congolais de la frontière. D’autres ont été vus du côté angolais de la frontière avec leurs effets personnels et marchant vers la RDC ou arrivant en voiture, en bus, en minibus ou en camion.

Avec toutes les possessions qu’ils peuvent emporter avec eux, d’importants groupes de personnes continuent d’arriver en RDC par différents points de passage frontaliers. Nous avons été informés de plaintes pour violences, y compris des violences sexuelles et du harcèlement, des fouilles corporelles et des vols d’effets personnels, qui sont commis par les forces de l’ordre des deux côtés de la frontière.

Les Congolais qui arrivent se retrouvent dans une situation désespérée, à la recherche de sécurité et d’aide. Avec l’arrivée d’un nombre croissant de personnes chaque jour, des milliers d’entre eux seraient bloqués à la frontière et près de la frontière, avec des moyens de transport limités pour se rendre chez eux. En outre, beaucoup risquent d’être confrontés à des difficultés en raison des destructions causées par le récent conflit dans la région. On note que les tensions ethniques demeurent élevées depuis le conflit du Kasaï en 2016 et 2017.

Dans la province du Kasaï, à la frontière de l’Angola, la ville de Kamako, est surpeuplée. Certains dorment en plein air, d’autres se trouvent au sein de familles d’accueil, ou bien à l’église.

Les équipes du HCR travaillent actuellement avec d’autres organismes des Nations Unies et d’autres partenaires dans la région pour évaluer les besoins humanitaires, en essayant de s’assurer que les personnes les plus vulnérables - y compris les enfants non accompagnés - sont prises en charge.

Les nouveaux arrivants ont besoin de nourriture, d’eau, d’abris et d’autres services essentiels tant à la frontière qu’une fois arrivés dans leur village d’origine. L’un des principaux besoins évoqués par les nouveaux arrivants est le transport jusqu’à leur domicile. Les autorités locales de la région ont demandé une assistance internationale.

Le HCR reste également préoccupé par les informations selon lesquelles, un petit nombre de réfugiés parmi les nouveaux arrivants, aurait été pris dans le mouvement de masse et contraints de retourner en RDC. Nous vérifions actuellement ces informations. Pour prévenir tout retour forcé de réfugiés, le HCR examine la situation des rapatriés à la frontière, en étroite collaboration avec le Gouvernement angolais.

L’Angola accueille actuellement quelque 68 000 réfugiés et demandeurs d’asile, principalement originaires de la RDC.

Pour de plus amples renseignements à ce sujet, veuillez svp contacter :