DR Congo

Les Présidents congolais, gabonais et angolais impulsent le dialogue en RDC

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Les Présidents Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville, Omar Bongo Ondimba du Gabon et Eduardo Dos Santos d'Angola, ont effectué une visite de travail le 16 juillet 2005 à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC). Les trois Chefs d'Etat se sont entretenus avec leur homologue Joseph Kabila et d'autres personnalités de la RDC. L'objectif de cette visite était de poursuivre les discussions entamées avec les autorités de Kinshasa, le 24 juin 2005, par le Président Sassou Nguesso, afin d'impulser le dialogue en RDC. Ce, conformément à l'une des recommandations du Sommet des chefs d'Etat et de Gouvernement de la Communauté économique des Etats d'Afrique Centrale (CEEAC), tenu le 7 juin 2005 à Brazzaville, et du Sommet de l'Union africaine, tenu du 4 au 5 juillet 2005 à Syrte (Libye).

Bien que se félicitant des progrès enregistrés dans les domaines de la paix, de la sécurité et de la stabilité au Congo-Kinshasa, la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de la CEEAC avait reconnu la nécessité de consolider les acquis. Dès lors, le Président Denis Sassou Nguesso, en sa qualité de Président en exercice de la CEEAC, avait été chargé d'inviter les leaders politiques de la RDC à s'impliquer dans le processus électoral pour une bonne fin de la transition.

Lors de sa visite de travail, le 24 juin dernier à Kinshasa, le Président Denis Sassou Nguesso s'est rendu compte que, non seulement le dialogue était presque interrompu par les acteurs politiques de la RDC, mais aussi que le mot d'ordre de manifester lancé par les ''anti-prolongation automatique de la transition'' était en passe de se concrétiser. La tension politique, sur fond d'un malaise social généralisé, conduisait inexorablement vers l'affrontement.

La présence du Président en exercice de la CEEAC à Kinshasa était de bon augure. Car à l'issue des entretiens, il avait obtenu des informations nécessaires pour cerner la question de la transition en RDC. Le plus important étant de pousser les uns et les autres à évoluer dans la paix, la sécurité et la quiétude vers la fin de la transition.

Le Président Sassou Nguesso a fait savoir qu'il existait une feuille de route qui devrait mener vers le processus électoral. La poursuite de ce processus valait bien l'appui d'autres chefs d'Etat de la CEEAC. Ce qui explique l'entrée en scène des Chefs d'Etat gabonais et angolais.

Le mini-somment qui vient de se tenir à Kinshasa, regroupant autour de Joseph Kabila, les Présidents Denis Sassou Nguesso, Omar Bongo Ondimba et Eduardo Dos Santos, constitue un pas important dans la restauration du dialogue entre les forces politiques de la RDC, au regard des conclusions arrêtées.

Les Chefs d'Etat ont convenu, en effet, de tout mettre en œuvre afin que le processus démocratique se poursuive dans la paix, la sécurité et la concorde au Congo-Kinshasa. Ils ont également décidé d'entreprendre les démarches politiques et diplomatiques nécessaires pour créer les conditions indispensables à la poursuite de la réalisation des objectifs de la transition.

En outre, les chefs d'Etat se sont félicités des progrès accomplis par la RDC dans la réalisation des objectifs de la transition, fixés dans l'Accord Global et Inclusif. Cette réalisation est marquée notamment par la poursuite de l'opération d'enregistrement des électeurs depuis le 20 juin dernier, l'adoption par le Parlement de transition du projet de Constitution et de la loi référendaire.

Se référant à la décision du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union africaine (UA), tenu le 10 janvier 2005 à Libreville (Gabon), les Chefs d'Etat ont conclu «à l'urgence d'un désarmement forcé des milices et groupes armés». Par ailleurs, après avoir réaffirmé leur soutien aux institutions de la transition et dénoncé toute tentative de déstabilisation de la RDC, ils ont condamné et mis en garde tous ceux qui se livrent aux massacres sur les populations et entretiennent un climat permanent d'insécurité dans l'Est de ce pays.

Au-delà du processus électoral, et partant, celui de la transition, la RDC est condamnée à recouvrer la stabilité politique en vue de sa contribution au développement des régions d'Afrique Centrale et des Grands Lacs. La mission des Chefs d'Etat du Congo, Gabon et Angola ne peut réellement s'accomplir que si la classe politique de ce pays a pris la mesure de la dimension de la crise et du rôle que joue la RDC sur l'échiquier continental et sous-régional.