DR Congo

Le Secours Catholique au front contre le paludisme

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Alors que la lutte contre le paludisme enregistre des progrès, la République démocratique du Congo fait toujours face à une forte endémie. Le Secours Catholique, avec son partenaire local, contribue à améliorer le système de santé et à faire reculer cette maladie infectieuse.

La journée mondiale de lutte contre le paludisme, le 25 avril, commémore les efforts réalisés dans ce domaine. Selon le rapport 2010 de l’OMS, cette lutte a enregistré ces dernières années « les meilleurs résultats depuis des décennies. » En Afrique, comme dans 32 des 56 autres pays d’endémie palustre, le nombre de cas confirmés de paludisme a diminué de plus de 50% au cours de la décennie écoulée. Toutefois, certains pays, comme la République démocratique du Congo (RDC), voient le nombre de décès causés par le paludisme continuer d’augmenter.

Le nombre de décès ne diminue pas en RDC

La République démocratique du Congo représente à elle seule environ 11% des cas de paludisme dans la région africaine. Le nombre de décès dû au paludisme a augmenté de 6.058 en 2006 à 21.168 en 2009, selon l’OMS. L’organisation internationale nuance toutefois ce chiffre par l’amélioration des rapports de terrain.

Former pour mieux prévenir

Au vu de ces chiffres inquiétants, le Secours Catholique soutient depuis 2009 son partenaire local, Caritas Développement Congo, par la mise en place d’un programme de lutte contre le paludisme. En partenariat avec les laboratoires Sanofi, le Secours Catholique a financé la formation de 58 médecins et infirmiers dans douze zones de santé. Par ailleurs, l’association a prévu de distribuer 40.000 moustiquaires jusqu’en juillet 2011. Catherine Duboys-Fresney, bénévole au département Afrique du Secours Catholique, s’est rendue en mars dernier dans les cinq diocèses des douze zones de santé couvertes par ce programme. Elle a tiré de cette mission un constat très positif.

Le paludisme représente plus de 40% de l’activité des centres de santé

« Nous étions inquiets quant à la diffusion de la formation dispensée par Sanofi, explique-t-elle. Mais, sur place, j’ai constaté que les 58 personnes formées avaient elles-mêmes formé 147 personnels de centres de santé. » Par ailleurs, l’amélioration de la chaine de soins et la distribution gratuite de moustiquaires ont attiré davantage de personnes dans ces centres. « Ils ont vu leur nombre de consultations prénatales augmenter considérablement. Les gens viennent plus nombreux dans les centres de santé car ils savent qu’ils recevront gratuitement des moustiquaires imprégnées », affirme Catherine Duboys-Fresney. Le Dr Vincent de Paul Uluma, directeur du Bureau diocésain des œuvres médicales (BDOM) de Kikwit, a lui aussi fait ce constat. « Près de 40 à 50 % des cas que nous recevons sont liés au paludisme », affirme-t-il. Les centres de santé permettent également aux patients de recevoir des médicaments contre une petite contribution variant de 0,23 à 0,68 euros. « Lorsqu’une personne souffre du paludisme, elle engrange des retards dans son travail, de l’absentéisme, etc. La villageoise ne va plus pouvoir aider dans les champs ; or toute l’économie de nos villages repose sur l’agriculture. Le paludisme engendre donc une pauvreté supplémentaire », explique le docteur.

Les relais communautaires, volontaires pour sensibiliser

Afin de prévenir le paludisme, le Secours Catholique et la Caritas locale ont recruté des volontaires dans les villages, appelés relais communautaires. Ces volontaires ont pour mission de sensibiliser leur communauté au paludisme et de participer à l’assainissement du village. 315 relais ont reçu une formation. « A Matadi, au sud de Kinshasa, les relais communautaires ont créé un comité de santé sous forme d’association », raconte Catherine Duboys-Fresney, enthousiaste.

L’Etat doit davantage s’engager dans la lutte contre le paludisme

Pour le Dr Uluma, la priorité du diocèse de Kikwit est l’assainissement du milieu et l’hygiène. « Cela ne peut se faire sans l’appui de l’Etat. Le service d’urbanisation et le service d’hygiène doivent être impliqués. Par ailleurs, l’Etat ne doit plus laisser construire des maisons à côté de zones marécageuses et d’eaux stagnantes », affirme-t-il. Toutefois, la bénévole et le médecin constatent que cela n’est pas encore une priorité pour l’Etat. Il reste encore de gros efforts à réaliser pour faire reculer le paludisme en République démocratique du Congo. Catherine Duboys-Fresney et le Dr Uluma sont persuadés qu’il faut poursuivre la lutte contre le paludisme jusqu’à ce qu’un vaccin soit trouvé.

Clémence Richard