Le mouvement des rapatriés spontanés dans les territoires de Djugu et Mahagi, Province de l'Ituri, RDC

Report
from INTERSOS, UN High Commissioner for Refugees
Published on 11 Oct 2019 View Original

1. INTRODUCTION

Depuis le 28 août 2019, un mouvement de retour d’environ 1575 personnes (rapatriées spontanées) qui avaient fui certaines localités des territoires de Djugu (Joo, Nyamamba,
Tchomia, etc.) et Mahagi (Mahagi port, Angumu, Apala, etc.) pour se rendre en Ouganda est observé. Ces personnes avaient fui l’insécurité entretenue par des hommes armés non identifiés dans ces territoires au mois de juin 2019. On estime qu’environ 7.500 Congolais s’étaient réfugiés en Ouganda, non seulement à cause des attaques répétées contre des villages par des hommes armés non identifiés suivies d’exactions contre les civils, mais aussi à cause des tensions intercommunautaires (impliquant certains membres des communautés Hema et Lendu ) qui s’en sont suivies.

2. CAUSES DE RETOUR

Le mouvement de retour a été motivé par l’accalmie relative observée dans ces zones suite au renforcement de la présence sécuritaire (déploiement des éléments des Forces Armées de la République Démocratique du Congo – FARDC - et de la Police Nationale Congolaise - PNC), mais aussi par la reprise des activités scolaires (la rentrée des classes du mois de septembre 2019). Selon certains rapatriés spontanés du site de Gengere, leurs enfants éprouvent des difficultés pour s’adapter au système éducatif de l’Ouganda.

3. MECANISME D’ENREGISTREMENT

Selon nos sources sur le terrain, seuls les rapatriés spontanés qui passent par les points d’entrées officiels sont enregistrés par la Direction Générale de la Migration (DGM). En plus des rapatriés spontanés, plusieurs autres personnes, dont des vulnérables, qui avaient fui l’insécurité pour l’Ouganda, ne possèdent pas de documents qui attestent qu’ils résidaient dans un camp (à Kyangwali, Hoima principalement). Il sied de signaler que la plupart de ces rapatriés spontanés arrivent soit le soir et/ou ne passent pas par la DGM, bien que le bureau existe dans la localité. Cela rend difficile l’enregistrement formel de ces personnes. Ces personnes ne seraient pas suffisamment informées sur l’enregistrement organisé par la DGM. De plus, dans certains villages de retour affectés par l’insécurité, les bureaux de la DGM ne sont pas fonctionnels (Kafe et Joo). En effet, les employés de la DGM ont eux-mêmes été contraints de fuir.