Le comité d’appui technique de l’Accord cadre d’Addis-Abeba en session d’évaluation à Goma

Goma, le 12 septembre 2017 – Les délégués des pays signataires de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région des Grands-lacs ont effectué une visite de terrain à Goma, dans le Nord-Kivu, du 7 au 10 septembre 2017. A cette occasion, ils se sont engagés à «en finir avec les groupes armés qui terrorisent la population congolaise ainsi que leur menace dans la sous-région». Ces délégués œuvrent au sein du comité technique d’appui de l’Accord cadre pour l’Est de la RDC.

Conduits par l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations-unies dans la région des grands lacs, Saïd Djinnit, et le professeur Ibrahima Fall, Représentant de l’Union africaine dans les Grands lacs, les délégués ont d’abord rencontré le gouverneur de province du Nord-Kivu, Julien Paluku, qui les a mis au courant de la situation.

Appuyant le gouverneur, le Coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’Accord en RDC, le Général Denis Kalume, a fait savoir aux délégués que, certes, des avancées significatives ont été enregistrées, mais que beaucoup restent encore à faire. C’est le cas des rebelles ougandais de l’ADF qui continuent de semer la mort et la désolation dans la région de Beni ; et des rebelles rwandais, FDLR, qui constituent toujours une menace sérieuse dans plusieurs régions de l’Est de la RDC.

Cette interpellation n’est pas passée inaperçue. Pour l’Envoyé spécial pour la région des Grands-lacs, « il faut faire un état de lieu de la neutralisation des groupes armés et éradiquer toute menace de déstabilisation de la sous-région».

Plus tard, les délégués se sont rendus sur le terrain, notamment à Kisangani (La Tshopo), Kanyabayonga (Nord-Kivu) et Walungu (Sud-Kivu) pour y rencontrer les ex-combattants FDLR cantonnés dans ces régions. L’objectif était de prendre des mesures urgentes pour achever leur rapatriement au Rwanda.

Les garants de l’Accord-cadre vont donc faire des propositions sur les modalités d’accélération du rapatriement de ces ex-combattants, celui de leurs dépendants, mais aussi des ex-combattants du M23 présents sur les sols rwandais, ougandais et congolais. Et pour éradiquer les forces négatives, les délégués en visite d’évaluation à Goma ont insisté sur la nécessité de renforcer la Brigade d’intervention de la Monusco en vue de maintenir la pression militaire et d’intensifier les opérations sur le reste des forces négatives dans l’Est de la RDC.

Ces conclusions, unanimement approuvées, devront faire l’objet des discussions lors de la rencontre des Ministres des Affaires étrangères le 19 octobre prochain. Ces derniers, à leur tour en rendront compte à leurs chefs d’Etat respectifs pour des engagements étatiques.

L’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région avait été signé par 12 Etats de la sous-région des Grands lacs à Addis-Abeba le 24 février 2013. Cette initiative de l’ONU visait l’implication des pays signataires pour la pacification totale de l’Est de la RDC et de la région des Grands-lacs.

Sylvestre Kilolo