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La précarité de la situation sécuritaire continue de saper les efforts des humanitaires dans certaines provinces de la RDC

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Patrice Bogna

De nouvelles violences près de Goma provoquent des déplacements de populations:

Environ 2 000 familles dans la localité de Kanyabayonga, à 150 km de Goma, auraient récemment fui leurs domiciles. Cette nouvelle vague de déplacements des populations civiles est attribuée à des affrontements entre militaires des FARDC et ceux des FDLR dans les localités de Kibirizi et Miriki, situées respectivement à environ 153 km et 176 km de Goma. La Section humanitaire de la MONUC, en collaboration avec ses partenaires humanitaires, notamment OCHA, le PAM, l'UNICEF et la FAO, prépare une mission d'évaluation conjointe dans les localités affectées par les violences. La mission aura lieu du 13 au 15 juin sous escorte militaire de la MONUC. Environ 20 000 personnes qui s'étaient enfuies de la région auparavant pour des raisons d'insécurité, auraient progressivement regagné leurs domiciles au cours des six mois écoulés.

De nouveaux déplacements de populations annoncés dans la localité de Bukavu:

La communauté humanitaire a noté un nouvel afflux d'environ 3 000 personnes déplacées de la localité de Nindja à Mule, dans la zone de santé de Kalonge, à environ 80 km à l'ouest de Bukavu. Ce nouveau mouvement de populations porte désormais le nombre total de personnes déplacées dans cette localité à 13 000. Le PAM a annoncé qu'il fournira une assistance alimentaire de 75 tonnes aux déplacés dans la localité de Kalonge. L'ONG IRC a distribué des non-vivres à environ 7 000 personnes ainsi qu'une assistance médicale. L'ONG Malteser a également distribué 38 tonnes de nourriture fournie par le PAM à approximativement 5 000 personnes dans la localité d'Ihembe, près de Nindja.

Des milliers de réfugiés congolais Banyamulenge évacuent le centre de transit du HCR de Nyagatare, au Rwanda:

Le bureau de la MONUC à Bukavu a été informé au cours d'une réunion avec les responsables du HCR dans cette localité que les réfugiés congolais Banyamulenge avaient quitté le centre de transit du HCR situé à Nyagatere, à environ 7 km de la frontière entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo. Le centre de transit de Nyagatere abritait 4 000 réfugiés congolais Banyamulenge qui s'étaient enfuis de Bukavu pendant les événements des mois de mai et juin 2004. D'autres réfugiés provenaient du Burundi à la suite des massacres de Gatumba en août 2004. De ces 4 000 réfugiés qui étaient dans le camp, 1 000 ont regagné leurs domiciles à Bukavu et Uvira, tandis que 1 300 autres ont été transférés dans des camps au Rwanda. Le reste des réfugiés évalués à 1 700 se seraient dotés de logements dans la localité de Cyangugu ou auraient trouvé refuge dans des familles d'accueil. Les réfugiés congolais dans le centre de transit de Nyagatare, au Rwanda, ont été transférés dans d'autres camps afin d'aménager un espace d'accueil dans la perspective de l'éventuel rapatriement massif des éléments des FDLR de la RDC. Le nombre de réfugiés congolais dans les camps au Rwanda est actuellement évalué à 40 000 personnes.

La communauté humanitaire se mobilise pour secourir des groupes vulnérables près de Lubumbashi:

Les plus récents déplacements de populations enregistrés dans la localité de Lubumbashi au mois de mai 2005 touchent environ 250 familles à Mpiana, à environ 90 km au sud de Manono, près de Lubumbashi. Un groupe de 750 personnes aurait trouvé refuge dans les forêts, près de Kyabondo, au sud-est de Mpiana. L'ONG GOAL y a mené une mission d'évaluation afin de s'enquérir de leurs conditions de vie ainsi que de leurs besoins dans le cadre des préparatifs d'une possible assistance humanitaire. Par ailleurs, un groupe d'éléments armés identifiés comme étant des combattants Mayi-Mayi et des éléments de la police locale auraient attaqué puis incendié le village de Sonsa, à environ 60 km au sud de Manono. Plusieurs rapports font état de cas de viols perpétrés par les assaillants au cours de l'attaque. L'UNICEF a fourni une aide médicale aux victimes de violences sexuelles. L'agence, en collaboration avec l'ONG GOAL, fournira une assistance complémentaire de 500 pièces de savon, 1 000 couvertures, 500 jerrycans aussi bien que 2 à 3 paquets de biscuits nutritifs par famille. La Section humanitaire de la MONUC explore avec l'UNICEF les possibilités d'acheminement par la MONUC de cette assistance humanitaire.