Katanga: une ONG craint une crise alimentaire du fait de l’insécurité causée par les Maï-Maï

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from Radio Okapi
Published on 20 Feb 2013 View Original

L’ONG Service chrétien d’animation rurale du Katanga (SCARK) appelle le gouvernement à rétablir la sécurité dans les territoires du Nord de la province du Katanga en proie à l’activisme des groupes Maï-Maï depuis plusieurs mois. Les responsables de cette ONG affirment que si la sécurité n’y est pas rétablie, les habitants de cette partie du pays risquent de faire face à une importante crise alimentaire. Selon eux, les agriculteurs de Manono, Mitwaba, Pweto, Malemba Nkulu, Kasenga et Bukama ne cultivent plus, craignant les attaques des miliciens.

Le coordonateur de SCARK, Gilbert Kayumba Mutonkole, a dit ce mercredi 20 février craindre que les centres urbains manquent de maïs, de haricot, d’arachide, de riz et d’huile de palme produits dans ces territoires.

« Ce que la population a cultivé au cours de la saison A, de septembre à décembre, est abandonné [dans les champs]. Pour la saison B qui commence en janvier et qui est la meilleure période surtout pour cultiver les légumineuses, les populations sont absentes du milieu », a-t-il expliqué.

« Et la conséquence, a-t-il poursuivi, c’est qu’il y aura une explosion des prix de ces produits sur les marchés de Lubumbashi. Imaginez les réactions sociologiques de la population dans deux ou trois mois seulement ».

Pour Gilbert Kayumba, les produits importés d’Afrique du Sud et de Zambie « ne peuvent pas couvrir les besoins des populations urbaines ».

En visite au Katanga le 11 février dernier, le chef de la Monusco, Roger Meece, s’est dit préoccupé par la situation sécuritaire et humanitaire qui prévaut à Pweto, territoire du Katanga en proie à l’activisme des miliciens Maï-Maï.

Interrogé en janvier, le ministre de l’Intérieur, Richard Muyej, a également reconnu que la situation sécuritaire dans cette partie du Katanga était « préoccupante », accusant notamment le groupe Maï-Maï de Gédéon de se livrer à « des actes de terrorisme, de tueries, de vols et de destructions méchantes ».

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires (Ocha), les attaques des milices contre des villages ont déjà provoqué le déplacement de près de 300 000 personnes qui vivraient dans des conditions difficiles.

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