Katanga : 200 congolais expulsés d’Angola vivent dans des conditions précaires à Kapanga

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from Radio Okapi
Published on 19 May 2013 View Original

200 congolais expulsés d’Angola vivent dans des conditions précaires depuis près d’une semaine dans le territoire de Kapanga dans la province du Katanga. L’administrateur de ce territoire, Donatien Ngoy Kasongo a décrié ces expulsions qui s’effectuent « sans aucun respect » des droits de l’Homme, samedi 18 mai. Les personnes expulsées vivent vers les postes frontaliers de Musevumay et de Kasamay. Elles manquent de nourriture et des vêtements.

A leur entrée dans le territoire congolais, ces expulsés sont pris en charge pendant quelques jours par des églises et des familles d’accueil, comme l’a expliqué l’administrateur du territoire de Kapanga:

« Quand ils traversent, nous les dirigeons vers des maisons d’accueil où des gens de bonne volonté sensibilisées au préalable, c’est la première chose. Nous avons parlé avec les églises qui ont manifesté la bonne volonté d’encadrer ces personnes » relate Donatien Ngoy Kasongo.

Mais cette prise en charge ne dure que quelques jours. Ces expulsés d’Angola sont vite livrés à eux-mêmes sans disposer de moyens pour satisfaire leurs besoins primaires. « Ils n’ont même pas à manger, ni d’habits » a déclaré l’administrateur du territoire de Kapanga.

Les congolais expulsés d’Angola sont généralement originaires des provinces du Bandundu, du Katanga, du Kasaï-Occidental et du Kasaï-Oriental, des provinces frontalières à l’Angola. La recente vague d’expulsés proviendraient des deux Kasaï, selon les sources sur place.

Donatien Ngoy Kasongo estime que les expulsions devraient être réglementées, et que le gouvernement Congolais devrait mettre sur pieds des structures d’accueil.

Le HCR /Lubumbashi a affirmé qu’il n’a pas été contacté officiellement à ce sujet par le gouvernement Congolais.

Au cours d’une réunion du Comité provincial Inter-Agence lundi 13 mai à Kananga, certaines structures humanitaires actives dans les frontières avaient indiqué que 50 mille congolais vivant dans la province de Lunda Norte (Angola) étaient « précipitamment » rentrés en RDC. Les humanitaires avaient affirmé craindre que les mauvaises conditions de vie n’engendrent des cas de criminalité et d’épidémies dans les localités frontalières des territoires de Tshikapa et Luiza au Kasaï-Occidental où les expulsés sont installés.

Ces Congolais en situation irrégulière redoutaient les représailles des autorités angolaises qui auraient fixé au mercredi 15 mai la date butoir pour le retour volontaire des immigrés illégaux.

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