DR Congo

Kasaï Oriental & Lomami : des moyens mis en œuvre pour faire face à 13.341 malades tuberculeux enregistrés en 2015

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Par Guy-Marin Kamandji

Mbuji-Mayi, le 26 février 2016 (caritasdev.cd): La Coordination Provinciale de Lutte contre la Lèpre et la Tuberculose (CPLT) du Kasaï Oriental Sud (KORS) couvre 35 Zones de Santé. Il est aujourd’hui dans les viseurs des partenaires engagés dans la lutte contre la tuberculose. En effet, 13.341 malades tuberculeux, toutes formes confondues, ont été enregistrés en 2015 dans les nouvelles provinces du Kasaï Oriental et de Lomami, qui composent la CPLT KORS.

En fait, les résultats préliminaires de la toute première enquête nationale de prévalence de la résistance aux anti-tuberculeux, organisée depuis juillet 2015 par la RDC, indiquent que « Mbuji-Mayi est le site en RDC qui a le plus de cas de la tuberculose résistante chez les nouveaux malades, avec une prévalence d’environ 15%, et les anciens malades, soit un taux de 37%. C’est trois fois plus que la moyenne nationale pour le taux de prévalence de la résistance chez les anciens malades ; et cinq fois plus pour les malades n’ayant jamais pris des anti-tuberculeux. Cela veut dire qu’au niveau de Mbuji-Mayi, nous devons prendre des dispositions pour orienter la lutte dans le sens de pouvoir faire une riposte à la tuberculose résistante qui est grandissante dans cette contrée», a déploré mercredi 17 février 2016 le Chef de Division Technique/Recherche Opérationnelle du Programme National de Lutte contre la Tuberculose (PNLT), Dr Michel Kaswa, en mission conjointe avec la Caritas Congo à Mbuji-Mayi.

Abordé par caritasdev.cd, le Médecin-Coordonnateur de la CPLT KORS a résumé les moyens mis à sa disposition pour lutter contre la tuberculose dans cette partie de la République Démocratique du Congo (RDC). Dr Marcel Kazadi a d’abord cité le matériel Gene-Expert pour la détection rapide des cas de résistance. « Avant cela, nous avions et utilisons la microscopie qui nous permet de détecter la tuberculose sensible dans tous les Centres de santé qui soignent ces malades. Ensuite, le Gouvernement fournit des efforts, avec des Partenaires, pour nous envoyer des produits pharmaceutiques que nous donnons gratuitement à nos malades », a-t-il ajouté.

Les activités communautaires sont un autre volet de la lutte contre la tuberculose. Différentes structures accompagnent le PNLT dans la sensibilisation de la population, le soutien nutritionnel, etc. La délégation mixte a eu l’occasion de trouver mercredi 17 février dernier certaines de ces Structures en réunion d’orientation à la CPLT KORS à Mbuji-Mayi. « Nos MDR font des examens biologiques. Nous devons avoir dans leurs dossiers, ces résultats. Chacun de vous devra faire un effort de les retirer au laboratoire après cette réunion, que vous classerez pour chacun de vos patients», disait notamment le Superviseur de la CPLT KORS, M. Jacques Mbuji. Ce dernier transmettait de nouvelles directives du PNLT aux représentants de dix Structures de prise en charge des malades tuberculeux multi-résistants, concernant notamment les supports d’information, le suivi de ces patients. Une dizaine de jours plus tard, elles recevront le Professeur Kashobwe et des Experts du PNLT qui leur parleront du suivi de gestion programmatique de la tuberculose multi-résistante.

44 cas de multi-résistance décelés en 2015 : le pavillon spécialisé en construction pourrait être vite débordé

En effet, tous ces malades tuberculeux reçoivent gratuitement des soins appropriés, une fois qu’ils approchent les structures de santé. « Sur cet effectif de 13.341 malades tuberculeux, 44 cas de multi-résistance ont été décelés en 2015. Il y en avait 36 en 2014. Dans ce contexte, la ville de Mbuji-Mayi est la 1ère au pays pour ce qui est de la résistance », a noté le MCP (Médecin Coordonnateur Provincial).

Le PNLT, soutenu par le Fonds Mondial via Caritas Congo Asbl, a alors bien fait de faire construire un pavillon spécialisé pour les MDR (Malades tuberculeux multi-résistants) dans la cour arrière de l’Hôpital Général de Référence de la Muya à Mbuji-Mayi. Les travaux sont très avancés, tel qu’une mission conjointe Caritas Congo – PNLT vient de s’en rendre compte. « L’entrepreneur a fait déjà du chemin, selon les recommandations qui lui ont été formulées. Il sied qu’il puisse achever les travaux selon le cahier de charges, en tenant compte des réaménagements que nous venons de lui faire aujourd‘hui. Ils portent sur l’aération, la ventilation, de larges ouvertures et fenêtres, la pose des extracteurs, de manière à garantir la circulation optimale de l’air et la protection du personnel soignant ainsi que de la population environnante contre la tuberculose résistante », a fait savoir le Chef de Division Technique du PNLT. Ce dernier a aussi insisté sur la nécessité d’ajouter un espace récréatif et distractif pour les malades MDR sur ce site, de sorte qu’ils passent plus de temps dans des hangars distractifs que dans leurs chambres. « Nous sommes très ravis par le choix du site qui offre la ventilation naturelle. Nous sommes confiants qu’avec le soutien de Caritas Congo et un suivi rapproché, l’entrepreneur achèvera les travaux pour le bien de nos malades et de toute la communauté », a conclu Dr Michel Kaswa.

Riposte appropriée à la prison de Mbuji-Mayi touchée aussi par la tuberculose

Le taux de prévalence de la tuberculose à Mbuji-Mayi est tel que sa prison centrale est aussi atteinte. « Pour ce qui est de la prison, nous avons déployé des moyens possibles pour pouvoir détecter tous les cas présumés afin de les mettre directement au traitement pour couper la chaîne de transmission. Que ce soient des malades résistants à la rifampicine ou de ceux qui sont sensibles », a indiqué le MCP. Et d’ajouter : « Nous sommes contents maintenant que le nombre des cas qu’on détecte est en train de se raréfier ».

Le message qu’il lance à la population est d’abord d’éviter l’auto-médication « qui nous a emmenés à ces cas de résistance ». Ainsi, «dès qu’une personne tousse, qu’elle se présente au centre de santé pour faire examiner le crachat (…), si elle peut en trouver ». En cas de résultat positif, la personne sera soumise à un traitement gratuit qu’elle devra suivre correctement, sans l’interrompre. « Nous voudrions ainsi que le laboratoire provincial de référence de Mbuji-Mayi devienne un laboratoire de culture. Ça va nous permettre de détecter les autres molécules qui sont résistantes pour nos malades, de manière à les soigner de la bonne manière », a souhaité le responsable de la CPLT Kasaï Oriental Sud.

Pour rappel, Caritas Congo Asbl et le PNLT ont validé des modifications techniques à apporter à ce laboratoire provincial. En sa qualité de Récipiendaire Principal, Caritas Congo Asbl introduira auprès du Fonds Mondial un budget additif pour financer des aménagements qui devront assurer un niveau de biosécurité très élevé qui permette la protection du personnel, de l’environnement et du produit sur lequel travaille le laboratoire.