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Kasaï Central : des avis encourageants des bénéficiaires et Autorités Politico-administratives sur le projet multisectoriel de Caritas à Luiza et Kazumba

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Luiza, le 27 novembre 2020 (caritasdev.cd) : 1.800 ménages vulnérables sont actuellement appuyés et encadrés par la Caritas dans les Territoires de Luiza et Kanzumba, dans le domaine de la sécurité alimentaire. Cela s’inscrit dans le cadre du projet « Aide d'urgence multisectorielle pour Déplacés Internes, Retournés forcés de l'Angola et population hôte, Province Kasaï Central, RDC ».

Ce volet Sécurité alimentaire est déjà en cours pour cette Saison culturale A. En effet, depuis septembre 2020, Caritas Congo Asbl a appuyé les 1.800 ménages vulnérables ciblés en matériels aratoires et semences améliorées. Ces bénéficiaires, regroupés en associations villageoises, sont encadrés et suivis par des Moniteurs agricoles dans de grands champs, obtenus auprès des Chefs coutumiers, grâce au plaidoyer de la Caritas. En outre, des vivres composés de la farine de maïs (15 kg), du haricot (10 kg), de l’huile végétale (3 litres) et du sel (1 kg) avaient déjà été remis aux ménages bénéficiaires en septembre dernier en guise de protection des semences.

Cet important appui est très apprécié par les bénéficiaires, y compris par les Chefs coutumiers ainsi que les Autorités Politico-Administratives locales. En mission sur terrain, le Chargé de Communication de la Caritas Congo Asbl a recueilli les avis et attentes de certaines de ces personnes.

L’Ingénieur Célestin Muipila est Superviseur de la Caritas Luiza. Il est chargé de suivre le travail des Moniteurs agricoles ainsi que des animateurs sur le terrain, les recycler et les évaluer, écouter les ménages agricoles. Selon lui, l’objectif de ce projet est de « réduire l’insécurité alimentaire et la pauvreté. Les gens vont manger ce qu’ils produiront ; ils vendront une partie et en garderont une autre comme semences. Ca réduit sensiblement la famine et impacte sur les revenus de la famille pour subvenir à ses besoins quotidiens de scolarité, soins médicaux, etc. ». Et de préciser : « En fait, à cause du conflit et expulsion des Congolais de l’Angola, des ménages se sont retrouvés sans intrants agricoles. Mais, avec l’appui de la Caritas, les ménages commencent à se retrouver. Et on espère produire le maïs ainsi que d’autres cultures et réduire sensiblement la faim dans le milieu. Nous avons en outre préféré mettre les gens en lotissements pour leur inculquer la mentalité d’une association et de l’entraide ; ce qui va impacter positivement sur leur production. Dans une association, on allège le travail ».

Dans une lettre en Tshiluba qu’il a lue, le Chef du Village Kanyikuna, Mr Floribert Maba Kanyikuna, a remercié la Caritas et le Gouvernement allemand pour l’appui apporté à sa population, tant par les intrants reçus que l’encadrement technique.

En effet, chaque ménage bénéficiaire a reçu 15 kgs de farine de maïs, 10 kgs de haricot rouge, 10 kgs de semences de maïs, 10 kgs de semences de niébé, 1 kg de sel, 3 litres de l’huile végétale ainsi que des outils aratoires : 1 machette, 1 pelle, 1 arrosoir, 1 râteau.

Chef Tshisenge : « Si les agents de la Caritas n'étaient pas venus, vraiment la population pouvait mourir »

Le Chef du village de Tshisenge, Mr Kalamba Tshisenge, est de même avis que son collègue de Kanyikuna. Il a en plus justifié pourquoi il a accédé à la demande de la Caritas pour mettre à la disposition de son projet un espace de 1.400 mètres sur 150 pour le champ communautaire de l’association Tshisenge : « Je suis parvenu à donner cet espace au projet de Caritas puisqu'il y avait beaucoup de souffrance. Les miliciens de Kamuina Nsapu nous avaient beaucoup fait souffrir. Si les agents de la Caritas n'étaient pas venus, vraiment la population pouvait mourir. Les enfants et nous les parents avions beaucoup souffert pendant la période de Kamuina Nsapu. Tous nos biens étaient perdus. Sans la Caritas, on pouvait mourir, ne nous laissez jamais et nous aussi, nous sommes là pour continuer avec ce projet ».

Parlant des problèmes majeurs de ses administrés, l’Administrateur du Territoire adjoint de Luiza, chargé de l’Economie et Finances, et qui assumait l’intérim de son titulaire en mission d’itinérance, a souligné que « la situation humanitaire de Luiza est médiocre. La population doit vivre. Elle a besoin de vivre. Apportez à manger à cette population, et vous serez son ami ».

Maître Joseph Ndemba wa Ndemba a ajouté que sa « population vit des activités agricoles. Mais, quand il n’y a rien, va-t-elle tenir » ? Il a donc salué le projet d’aide d’urgence multisectorielle que la Caritas est en train de mettre en l’œuvre, surtout dans son volet de Sécurité alimentaire, avec tous ces intrants agricoles distribués aux ménages.

« Nous avons reçu de la Caritas de quoi assurer notre alimentation dans l’avenir ... »

« A l’époque des miliciens de Kamuina Nsapu, nous avons perdu tous nos biens, y compris les bétails que nous élevions. Nous nous trouvons ainsi aujourd’hui dans une grande peine », a indiqué de prime abord Mr Petro Mulangala.

Mr Petro Mulangala, un des bénéficiaires. Il a treize personnes, dont sa femme et six enfants, à sa charge. Il vit à Kanyikuna. Tout en confirmant les biens reçus de Caritas, il relève que « tous les vivres de protection de semences que nous avions reçus de Caritas sont déjà terminés ». Cela ne l’empêche pas de « féliciter la Caritas pour la formation reçue. Nous espérons toutefois qu’après quelques mois, nous serons capables de nous nourrir seuls ». Il dit qu’il travaille avec sa famille trois à quatre fois par semaine dans le lotissement leur réservé dans ce champ de l’association de Sankayi-Kanyikuna.

De la même association que lui, Mme Marie Kamutshi s’est dite « très heureuse parce que nous avons reçu de la Caritas de quoi assurer notre alimentation dans l’avenir ». Elle rappelle que sa famille s’était plusieurs fois enfui dans des brousses, en perdant des biens et des enfants. Elle encourage Caritas à continuer avec ce projet. « Nous travaillons bien dans nos champs ; mais, sous la menace de la faim. Car, la récolte, ce n’est pas aujourd’hui », relève-t-elle, l’air stoïque. Après la mort de son mari, elle dit être incapable de supporter seule la charge de 16 enfants et petits-fils, aujourd’hui éparpillés.

Mme Singa Alphonsine, du village Kabwe Mayika ( à 20 kms de Nguema dans le Secteur de Bambaie), a neuf personnes dans sa maison. Elle est parmi les 24 membres de l’association Kabwe, qui fait la culture du niébé, dans un champ de 2,40 hectares. Chaque ménage bénéficiaire y dispose de 10 ares et bénéficie de l’encadrement des moniteurs agricoles du projet. « Je dis un grand merci à la Caritas. Car, nous avons beaucoup souffert avec les enfants lors du phénomène Kamuina Nsapu. Beaucoup parmi nous ont été tués dans le village et aux environs. On nous a ravi tous nos biens. Nous passions nuit dans la brousse. Pas pour longtemps ; car, dès que l’on entendait qu’ils étaient proches, on se remettait à fuir. Maintenant, je loue Dieu. Car, rentré au village, nous avons vu débarquer la Caritas que nous remercions énormément ». Elle a cité les outils aratoires ainsi que les vivres et autres intrants agricoles reçus.

« Ce projet est une innovation pour notre contrée… »

Pour l’Abbé Constantin Mowisa, un des prêtres-Doyen dans le Diocèse de Luiza, et qui accompagne les paysans à Tshibala (à 97 kms de Luiza), où il est originaire, « ce projet est une innovation pour notre contrée. C’est un souffle porteur de reprise de vie » ; et cela, après la crise sécuritaire et humanitaire dans la Région. Le prêtre salue d’abord la première intervention de Médecins Sans Frontières qui avaient monté une espèce d’hospitalisation pour la prise en charge des enfants malnutris. « On les avait retournés en bonne santé dans leurs familles ; mais, ils ont rechuté parce que l’aide ne pouvait pas continuer seulement avec eux. Aujourd’hui, Caritas fait la relève de cette équipe là en indiquant maintenant les moyens que chaque ménage devrait prendre au sérieux pour donner à manger aux foyers et vivre de sa production agricole », a martelé l’Abbé Mowisa, citant l’expérience de l’Italie dans l’agriculture et encouragé par ce qu’il voit déjà sur le terrain, où « les gens n’étaient pas habitués à travailler sur de grands espaces ».

Pour rappel, d’une durée de 21 mois, soit de juin 2020 à février 2022, ce projet est exécuté dans trois Zones de Santé de Luiza, Tshibala et Yangala. Il cible 3.350 ménages bénéficiaires, dont 1.800 dans son volet sécurité alimentaire et 1.550 autres qui recevront des Articles Ménagers Essentiels (AME).

Ce projet est une contribution du Réseau Caritas face à la crise humanitaire qui a sévi dans les provinces du Grand Kasaï depuis le mois d’août 2016 jusqu’en 2018. En effet, Caritas Congo Asbl a mené un plaidoyer auprès de la Caritas Allemagne (DCV). Cette dernière a obtenu un financement ad hoc auprès du Ministère Allemand des Affaires Étrangères (AA), pour une enveloppe de 2.711.828,00 €. Le projet susmentionné est mis en œuvre par la Caritas-Développement Luiza, sous l’accompagnement technique et financier de la Caritas Congo Asbl.

Guy-Marin Kamandji (Envoyé Spécial)