J’ai rencontré Jacqueline Zenzikeye près de la borne fontaine dont elle a la charge à Kamanyola, une petite ville située dans la plaine de la Ruzizi, une région du Sud-Kivu frontalière du Burundi.
Jacqueline a quarante-sept ans et six enfants. Tous sont arrivés à Kamanyola fuyant les violences électorales au Burundi. « Quand nous sommes arrivés, nous avions beaucoup de difficultés pour trouver de l’eau. Nous parcourions le quartier et nous nous ruions dès qu’un point d’eau était ouvert. Nous autres réfugiés étions victimes de discrimination. Nous devions attendre que tous les congolais soient servis avant de pouvoir utiliser une borne fontaine. L’eau étant insuffisante. Souvent, nous devions puisez de l’eau la nuit ».
La réhabilitation des bassins de filtration d’eau à Kamanyola
Pour remédier aux problèmes d’accès à l’eau, exacerbés avec l’arrivée de plus de quinze mille réfugiés burundais dans la région, grâce au financement de l’UNICEF, l’ONG OXFAM a réhabilité les bassins de filtration d’eau de la ville de Kamanyola, et a ainsi construit de deux réservoirs d’eau et dix bornes fontaine dans la ville voisine de Luvungi.
Gestion des bornes fontaine de Kamanyola
Parallèlement, l’UNICEF a renforcé les capacités des comités de gestion de l’eau de ces deux municipalités, et insisté pour que quelques réfugiés burundais en deviennent membres.
C’est ainsi que Jacqueline s’est vu confier la gestion d’une borne fontaine. Depuis qu’elle en a la charge, il n’y a plus de distinction entre congolais et burundais. La borne est organisée de manière rationnelle : chaque personne ne peut venir qu’avec deux bidons et, une fois remplis, elle doit laisser sa place à un autre, même si elle est libre de retourner chez elle avec les bidons, puis de revenir, plusieurs fois par jour, tant que la borne est ouverte, entre 10h et 16h.
Améliorer l’accès à l’eau potable
L’UNICEF est leader du mécanisme de coordination humanitaire sur les questions d’eau, d’hygiène et d’assainissement, en République démocratique du Congo. En 2015, il a investi 2 millions de dollars américains dans des projets d’urgences pour améliorer l’accès à l’eau ou contenir le développement des maladies hydriques.