Journée mondiale de l’eau : une expérience exemplaire en RDC

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from Enabel
Published on 22 Mar 2013 View Original

Publié le 22-03-2013

Un million de personnes desservies par une eau potable de bonne qualité à un prix raisonnable, une gouvernance renforcée, un tissu socioéconomique dynamisé dans les quartiers. Tels sont les résultats impressionnants du programme mis en œuvre en RDC depuis 2007. « La CTB a développé avec ses partenaires un modèle éprouvé de réseau de proximité, pour le milieu péri-urbain. Un million de personnes ont été touchées, ce qui représente une avancée remarquable par rapport aux projets classiques. Ce modèle qui est reproductible à large échelle pourrait permettre dans un proche avenir la desserte en eau des populations vivant dans les zones péri-urbaines densifiées d'Afrique subsaharienne, » Olivier Stoupy, expert eau à la CTB

Quels sont les clés d'un tel succès ?

Une conception technique robuste orientée vers les bornes fontaines publiques

Le mini réseau est optimisé à tous les niveaux pour réduire les coûts d'exploitation et de maintenance (production, stockage, distribution). La desserte des usagers est simplifiée et composée, dans un premier temps, uniquement d'un réseau primaire de bornes fontaines publiques. L'autonomie est recherchée sur le plan énergétique pour garantir une continuité de service aux clients. Chaque fois que possible, le local d'exploitation est directement intégré aux infrastructures au cœur du quartier, par exemple dans la partie inférieure des châteaux d'eau dont la conception a été étudiée spécialement. En moyenne, un réseau de proximité dessert de façon autonome une population pouvant aller de 10.000 à 30.000 personnes comprenant 10 à 30 bornes fontaines équipées de 4 robinets.

Une gouvernance locale renforcée garantissant la qualité du service

Dès le départ, le projet implique les populations locales dans le processus de mise en place et d'exécution des réseaux. Les usagers, organisés en associations (ASUREP), sont les seuls responsables de la gestion des systèmes existants. A cet effet, chaque ASUREP engage une équipe technique d'exploitation et de maintenance et salarie les fontainiers qui distribuent l'eau aux bornes publiques. Ainsi, 1.600 emplois permanents ont été créés dans les quartiers.

Les membres de l'ASUREP sont élus démocratiquement par les habitants du/des quartier(s) couvert(s). Le Programme a superposé les zones de couverture de réseau au découpage administratif et traditionnel des quartiers. De plus, les ASUREP ont mis sur pied des structures faîtières, au niveau de chaque province d'intervention sous la forme d'INTER ASUREP ou de Coordination d'ASUREP. Au niveau national, elles sont en train de créer une Fédération pour défendre leurs intérêts.

Une durabilité assurée par le recouvrement des coûts via le prix de vente

Pour assurer la durabilité, il était fondamental que le prix de vente intègre l'ensemble des coûts d'exploitation et de maintenance (y inclus l'amortissement des équipements).

Dans la plupart des cas, pour s'adapter au mode de vie des populations, le paiement du service de l'eau se fait à la prise d'eau et au volume. Par exemple, sur les réseaux de Kinshasa, la tarification actuellement en vigueur est en moyenne de 2,5 francs congolais le litre. Une personne qui vient chercher 20 litres paiera donc 50 francs.

Des résultats concrets pour les familles

Avant, la corvée d'eau monopolisait un temps plein par ménage et par jour. Aujourd'hui, ce système permet à un enfant d'aller à l'école ou à une ménagère d'ouvrir un petit commerce.

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