Ituri : La MONUSCO sensibilise les médias au respect du Code d’éthique et de déontologie

GUY KAREMA La division de la Communication stratégique et de l’Information publique de la MONUSCO, en Ituri, a organisé, le jeudi 06 septembre 2018, une session de formation sur la régulation et l’auto-régulation des médias en période électorale, en faveur de 45 journalistes de la province de l’Ituri dont une dizaine de femmes.

Selon les organisateurs, les objectifs de cet atelier étaient de sensibiliser les médias sur le respect strict des règles journalistiques et du Code d’éthique et de déontologie du journaliste congolais ainsi que de réfléchir collectivement à des pistes d’actions pour réactiver ces instances de régulation et d’auto-régulation des médias dans la province de l’Ituri.

« Dans le sens de la profession, la régulation doit être comprise comme un moyen d'assurer le fonctionnement correct et harmonieux d'un système libéralisé afin qu’il ne soit pas déréglementé. Dans le domaine médiatique, la régulation est une tâche. A ce titre, elle consiste à assurer entre le droit et l'obligation de chacun le type d'équilibre voulu par la loi. Il est donc très important que ces instances de régulation et d’auto-régulation des médias soient fonctionnelles partout où les médias exercent », indique le responsable du bureau de la Communication stratégique et de l’Information publique de la MONUSCO en Ituri.

La séance d’ouverture de cet atelier de formation a été présidée par le ministre provincial de l’Information et des Medias, Benjamin Pirwoth Binen, au côté de la cheffe de bureau de la MONUSCO, en Ituri, Madame Cecilia Piazza.

Dans son allocution, Madame Cecilia Piazza a rappelé aux participants que les périodes électorales correspondent à des moments de forte activité dans les médias. Ayant comme finalité le renouvèlement des institutions démocratiques d’un pays, ce sont des périodes de transition au cours desquelles des rivalités s’expriment, des tensions surgissent conduisant quelquefois à des conflits qui peuvent dégénérer dans des violences, a-t-elle constaté. Elle a par conséquent recommandé aux journalistes, dans des contextes souvent sensibles, dans le souci de prévention des conflits, de s’en remettre à leurs compétences professionnelles.

« Le journaliste doit s’engager à offrir une information exhaustive, vérifiée, pluraliste et neutre au public. En parallèle, il doit s’abstenir de publier des informations qui encouragent les divisions ou des discours susceptibles de provoquer la violence ou de mettre en péril la cohésion sociale », a-t-elle indiqué.

Prenant la parole, le ministre provincial de l’Information et des Medias, Benjamin Pirwoth Binen, a remercié la MONUSCO qui ne ménage aucun effort pour renforcer les capacités des professionnels des médias et a demandé aux participants de profiter de ces formations pour être beaucoup plus professionnels dans l’exécution de leur travail.

« Chaque mot que vous prononcez ou écrivez dans vos médias peut soit allumer, soit éteindre le feu. La qualité de votre prestation a donc un impact sur la paix de nous tous. Soyez des journalistes professionnels et responsables. Au nom du Gouvernement provincial, je remercie sincèrement la MONUSCO qui, pour une fois de plus, a organisé cet atelier de formation », a-t-il dit.

Par ailleurs, le ministre Pirwoth Binen a estimé que les participants, à l'issue de ces assises, repartiront désormais avec une nouvelle compréhension de la régulation et de l'autorégulation des médias, en période électorale, afin que chacun puisse s'approprier des notions apprises pour un nouveau regard dans la collecte, le traitement et la diffusion ou la publication des informations électorales grâce à un journalisme responsable.

De leur côté, les journalistes, qui affirment avoir été édifiés par les modules qu’ils ont suivis, ont pris le ferme engagement de respecter le Code d'éthique et déontologie du métier surtout en cette période où la République démocratique du Congo chemine vers les élections à tous les niveaux.

Le directeur de la Radio Candip de Bunia, Freddy Lorima, qui s'exprimait au nom des participants, à la clôture de la formation, a indiqué que la tâche dévolue aux journalistes est très délicate et nécessite une prudence des uns et des autres pour éviter de se retrouver dans des difficultés de tous genres et a invité les directeurs des médias à jouer correctement leur rôle d’être au-dessus de la mêlée en évitant d'influencer négativement leurs journalistes. Il a appelé ces derniers à transcender leur appartenance pour se préserver des propos divisionnistes, la xénophobie, la haine, le tribalisme parce qu’a-t-il signifié les journalistes n'ont pas de tribus, ni de couleurs, ils sont apolitiques.

En définitive, les participants ont formulé de nombreuses recommandations dont les plus importantes sont la mise sur pied, le plus rapidement possible, de ces instances de régulation et d’auto-régulation des médias en province de l’Ituri et la révision de la réglementation dans l’implantation des médias qui doivent désormais être capables d’octroyer des contrats de service à leurs journalistes.

Quatre présentations étaient au menu de ces assises et ont notamment porté sur les mécanismes de régulation et d’auto-régulation des médias en RDC, les observations du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) et de l’Observatoire des Medias Congolais (OMEC) en période électorale, les journalistes et politiciens face à l’apologie du discours identitaire et l’analyse comparative entre la RDC et le Burundi sur le plan de la régulation des médias.

Depuis le début de l’année 2018, cette formation était la troisième du genre organisée par la division de la Communication stratégique et de l’Information publique de la MONUSCO-Ituri après les deux premières qui ont porté notamment sur le « Journalisme de Paix » et « La couverture médiatique en période électorale ».