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HUB Sud-Est-Tanganyika - Note d’analyse et de plaidoyer sur quelques préoccupations actuelles de protection dans les zones de retour, Territoire de Nyunzu, 25 janvier 2021

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Contexte

Au cours des deux derniers mois (novembre et décembre 2020), la situation sécuritaire et de protection dans le territoire de Nyunzu a été davantage perturbée par le regain de l’activisme des Maï-Maï Apa Na Pale dans le groupement Bango Bango II, Secteur Nord Lukuga. Ces derniers ont par exemple fait une incursion dans la localité de Kintu dans l’aire de santé de Butondo, le 21 décembre 2020. Une vingtaine d’éléments présumés appartenant à la faction « Mundusi » munis de fusils et flèches ont commis plusieurs atteintes aux droits des populations parmi lesquelles le meurtre par balle d’un homme retourné, 9 cas de coups et blessures ainsi que plusieurs cas de viols et mutilations sexuelles sur les femmes et filles.

En outre, des cas de violations du droit de propriété (pillages) ont également été perpétrés au cours de cette incursion faisant près de 61 victimes toutes des retournés. Les biens pillés étaient constitués principalement d’articles ménagers essentiels, de sommes d’argents et du bétail ; des cas d’incendies de maisons ont également été enregistrés.

Il convient de noter que depuis 2017, les populations des communautés Bantu et Twa habitant cette zone se sont déplacées à de nombreuses reprises au gré des incidents sécuritaires (incursions des groupes armés, affrontements entre milices Twa et Bantu, opérations FARDC) soit vers Nyunzu Centre et Kalemie pour les Bantu, soit vers la brousse et les axes secondaires pour les Twa.

Pour renforcer la sécurité et mieux assurer la protection des civiles, la MONUSCO avait établi le 29 décembre 2020 une position (SCD) entre Kulewa et Kalunga-Mugabo qui constitue la limite entre les provinces du Maniema et du Tanganyika. Ce qui a permis une nette amélioration de la sécurité sur l’axe routier de 20 km séparant Mukundi de Kampulu grâce au déploiement du 3303e régiment des FARDC. Les autorités provinciales et locales de Nyunzu ont également rapporté une amélioration considérable de la sécurité dans cette partie Nord Lukuga malgré la persistance des poches d’insécurité provoquée par les aux menaces internes et externes.

Selon les données rapportées par le monitoring de protection au cours du mois de décembre 2020, l’on a constaté une baisse significativement de 28% du nombre d’incidents de protection par rapport au mois de novembre 2020 (novembre 124 incidents et décembre 89 incidents), qui serait probablement due au renforcement des patrouilles des FARDC et de la MONUSCO dans cette zone.

Les mouvements de retour rapportés ont principalement été localisé au niveau des axes principaux et secondaires, avec des problèmes rapportés en lien avec le domaine logement, terre et propriété (LTP), l’accès à l’assistance sans discrimination et selon les besoins exprimés, les tensions intercommunautaires (Twa et Bantous) en lien avec les réponses humanitaires. Les cas de Violences sexuelles notamment les viols, la protection de l’enfance, et la découverte des restes d’engins de guerre (REG) sont des questions assez importantes de protection qui caractérisent aujourd’hui le contexte de la zone.

Malgré la poursuite actuelle des opérations des FARDC contre les groupes armés, dont les Maï-Maï Malaika de la province du Maniema et les Apa na pale du Sud-Kivu, qui opéraient au Nord-Est du territoire de Nyunzu ainsi que les campagnes de sensibilisation des populations locales et de certains miliciens isolés pour qu'ils retournent dans leurs villages respectifs en cours le processus de retour reste complexe. En effet, les incursions récurrentes de ces milices s’opposant aux FARDC dans le Nord-Est du pays constituent un frein au retour des populations dans certains villages du Nord-Est de Nyunzu.

Cette note d’alerte et de plaidoyer a pour de but d’attirer l’attention des acteurs humanitaires sur la gravité de la situation humanitaire et en particulier les problèmes de protection dans les axes qui bénéficient de très peu d’intervention de protection suite à l’absence d’acteurs et de la modicité de ressources.

Il y a également la nécessité impérieuse de renforcer la coordination civilo-militaire pour la protection des civiles dans les zones de retour et de déplacement.