DR Congo

Habitat : 833 000 ménages vivent dans des conditions inhumaines en RDC

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RDC | Lundi 05 Octobre 2009 à 20:16:54

Les locataires de Kinshasa ont profité de la célébration de la Journée mondiale de l'habitat, lundi, pour décrier les conditions de vie difficiles leur imposées par les bailleurs. Les occupants des immeubles Royal, dans la commune de la Gombe, s'insurgent contre la hausse du loyer de ces immeubles appartenant au ministère de l'Urbanisme et Habitat. Ils dénoncent aussi l'insalubrité et la vétusté de ces bâtiments, rapporte radiookapi.net

A Kinshasa, les loyers coûtent excessivement chers. Certains privés exigent 10 mois de garantie locative. Le loyer augmente selon les humeurs des bailleurs, sans une concertation préalable entre les deux parties. Certains occupants des immeubles Royal accusent l'Etat congolais d'emboîter le pas aux privés. En effet, ils ont vu leur loyer du mois d'octobre augmenté pour certains à 100, 200 voir même 300 %.

«En cette journée, nous avons voulu passer notre message pour dire "Non" à la hausse du taux de loyer. Il y a des maisons qui se louaient à 250 USD, qui coûtent aujourd'hui 750 USD. Celles qui coûtaient 150 USD, se négocient actuellement à 230 USD. Pourtant, les appartements ne sont pas en bon état. Chacun de locataires se charge personnellement de certains travaux de réfection. L'eau ne monte pas jusqu'au 3ème ou 4ème niveau : il faut remplacer les tuyauteries», explique le président du syndic de l'immeuble Kasaï, Tshutshu Kitutu.

76% de la population urbaine vivent dans les bidonvilles

Le thème choisi pour cette journée de l'habitat est : «Planifier votre avenir ». Mais, certains Kinois se demandent comment planifier l'avenir si le loyer est tout le temps revu à la hausse ? Pourtant, selon le ministère de l'Urbanisme et Habitat, le taux du loyer ne peut être modifié qu'en cas d'une plus value du bien loué et lorsqu'il y a dévaluation de la monnaie.

Pour sa part, le nouveau Procureur général de la république, Flory Numbi, a adressé le 28 septembre une note circulaire aux cours, tribunaux et parquets du pays pour interdire tout déguerpissement des locataires sans un jugement.

Les études de profils urbains menées avec l'appui d'Onu-Habitat estiment à 833 000 les ménages vivant dans des conditions inhumaines dans les villes de la RDC, selon l'ancien ministre de l'Urbanisme et Habitat, Sylvain Ngabu. Depuis la disparition de l'Office national de logement (ONL), il n'existe pas en effet de filière organisée de logement en RDC. «La situation du logement se caractérise par des bidonvilles insalubres et précaires, et une pénurie importante (estimée à l'horizon de 2010, à 2,4 millions d'unités, dont 736 837 à Kinshasa) qu'expliquent à la fois l'expansion démographique, l'exode rural, la détérioration de l'économie nationale et la désorganisation de l'appareil administratif», renseigne le document de programme-pays 2008-2009 publié par le Programme des Nations Unies pour les établissements humains.

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