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Grands Lacs : selon l’Envoyé spécial, la région semble être engagée sur la bonne voie pour s’attaquer aux défis sécuritaires, politiques et économiques

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SC/14491

Selon l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour les Grands Lacs, « la région semble être résolument engagée  sur la bonne voie pour s’attaquer aux défis sécuritaires, politiques, et économiques qui la minent », malgré l’impact négatif de la C0VID-19 qui a touché près de  deux millions de gens et fait plus de 60 000 morts dans les 13 pays signataires de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo (RDC) et la région. M. Xia Huang, qui présentait ce matin le rapport semestriel du Secrétaire général sur la mise en œuvre de l’Accord, a toutefois prévenu qu’il faudra un appui sans relâche de la communauté internationale, notamment pour gérer l’insécurité dans l’est de la RDC, une « plaie hémorragique dans la région », selon les termes du groupe des A3+1.  

Malgré le contexte particulièrement difficile de la pandémie, les leaders de la région ont maintenu  leur  engagement en faveur de l’Accord-cadre, comme en témoignent plusieurs initiatives politiques, sécuritaires, judiciaires  et économiques, a salué l’Envoyé spécial.  C’est d’ailleurs pour soutenir ces efforts régionaux et à la demande du Secrétaire général que son Bureau avait élaboré la  Stratégie des Nations Unies pour la consolidation de la paix, la prévention des conflits et le règlement des conflits dans la région des Grands Lacs ,  qui a été transmise  au  Conseil de sécurité le 3 décembre 2020. 

Cette séance a donné l’occasion aux membres du Conseil de saluer le rétablissement du dialogue entre le Burundi et le Rwanda, et entre ce dernier et l’Ouganda. Poursuivre les bons offices du Secrétaire général pour appuyer les efforts de rapprochement et de  dialogue  politique dans la région est l’une des tâches prioritaires du Bureau de l’Envoyé spécial, en plus de l’élaboration du Plan d’action  pour  une  mise en œuvre coordonnée de la Stratégie collective. Comme autres priorités, M. Xia a mentionné le soutien à l’opérationnalisation du groupe de contact et de coordination sur les mesures non militaires, la poursuite d’un  plaidoyer  politique  de haut niveau, et la mobilisation des  ressources  nécessaire s pour parvenir aux objectifs recherchés. 

Il a également appelé à  réfléchir  à  une approche innovante dans la lutte contre l’exploitation  et le commerce illicites des ressources naturelles. Un atelier de haut niveau pour élaborer un plan d’action régional de trois ans est d’ailleurs prévu.    M. Xia entend aussi s’investir dans la promotion des droits de  l’homme  et la lutte contre l’impunité, non seulement à travers les mesures fortes en cours, mais également par le recours à la justice. Vu le niveau élevé de violence dans la région, M. Xia a salué  les verdicts exemplaires rendus ces derniers mois contre les chefs de groupes armés tant par les tribunaux nationaux en RDC que par la Cour pénale internationale (CPI).    Il a en outre appelé toutes les bonnes volontés à se mobiliser  pour  promouvoir un environnement serein, propice à  la  tenue d’élections inclusives, libres et transparentes, dans le plein respect  de  la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.   

Selon M. Xia, nous parviendrons à atteindre un tel objectif ambitieux si, au-delà des actions militaires en cours, nous travaillons également à la mise en place de  dispositifs  non-militaires dans le cadre d’une approche globale et coordonnée. À cet égard, il a annoncé que les garants de l’Accord-cadre appuient l’opérationnalisation du groupe de contact et de coordination, regroupant notamment des experts civils et militaires  des pays de la région, dont la première réunion devrait se tenir dans les prochaines semaines. Ce groupe devra  prévoir une série de mesures non militaires  ainsi qu’un programme d’exécution éventuel.   

Au titre de ces mesures non militaires, le Président de la Commission de consolidation de la paix a indiqué que le Fonds pour la consolidation de la paix avait attribué 167 millions de dollars au financement de projets au Burundi, en RDC, en République du Congo, au Rwanda, en République-Unie de Tanzanie et en Ouganda.  La Commission de consolidation de la paix discutera avec l’Envoyé spécial et les pays de la région des domaines de la Stratégie des Nations Unies qu’elle peut soutenir. La Commission continuera également à mobiliser les partenaires internationaux dans le contexte du prochain Forum d’investissement de Kigali.  

La RDC, qui s’est exprimée après les membres du Conseil, a expliqué attendre un soutien des bailleurs et autres partenaires, dont la MONUSCO et la Commission de consolidation de la paix, pour réussir à concrétiser son programme de désarmement, démobilisation, réinsertion communautaire et stabilisation. La délégation congolaise a invité la communauté internationale à investir dans la paix dans la région des Grands Lacs qui doit devenir « une région totalement en paix, prospère, stable et capable de servir de locomotive à l’ensemble du continent en raison de ses immenses potentialités tant humaines que naturelles ». 

Justement, les États-Unis ont estimé que « le peuple congolais, nos collègues de la MONUSCO et les dizaines de millions de personnes dans la région ont besoin que nous soyons ambitieux et que nous soyons rapides ».   Les A3+1 ont pour leur part soutenu la reconfiguration de la MONUSCO, telle que proposée par le Secrétariat de l’ONU, en vue de garantir que la Mission reste adaptée à ses objectifs.   Ils ont souligné la nécessité d’une collaboration étroite et renforcée entre la Mission et les Forces armées de la RDC, notamment par le partage d’informations et la coordination des activités, pour neutraliser efficacement les groupes armés locaux et étrangers. 

Par ailleurs, alors que les besoins humanitaires restent considérables, notamment pour les nombreuses personnes réfugiées et déplacées, la France a promis qu’elle allait continuer de les soutenir, en partenariat avec l’Union européenne et par le biais de l’Instrument contribuant à la  stabilité  et à la paix.

Si de nombreuses délégations ont déploré, à la suite de l’Envoyé spécial, les multiples violations des droits de l’homme dans les Grands Lacs, et notamment dans l’est de la RDC, le représentant de ce dernier a jugé utile que les statistiques de la MONUSCO sur les allégations des violations des droits humains par les agents de l’État tiennent compte du contexte d’instabilité et de la situation spécifique de l’est du pays.

M. XIA HUANG, Envoyé spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, a présenté le dernier rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo (RDC) et la région. Il a d’emblée présenté ses sincères condoléances au peuple et au Gouvernement de la République-Unie de Tanzanie suite au décès du Président John Pombe Magufuli survenu le 17 mars dernier. Il a ensuite relevé qu’un an après le signalement du premier cas de contamination à la COVID-19 dans la région, près de deux millions de cas ont été recensés à travers les 13 pays signataires de l’Accord-cadre et plus de 60 000 vies ont été perdues. Il a félicité les gouvernements de la région qui ont mis en place des programmes d’atténuation des effets négatifs de la pandémie, ainsi que ceux qui, grâce notamment au Mécanisme COVAX, ont entamé des campagnes de vaccinations. Ces campagnes ont permis d’administrer un peu plus d’un million de doses dans la région.

Malgré ce contexte particulièrement difficile, a souligné l’Envoyé spécial, les leaders de la région ont maintenu leur engagement en faveur de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, comme en témoignent plusieurs initiatives politiques, sécuritaires, judiciaires et économiques. Sur le plan politique et sécuritaire, le Président Tshisekedi de RDC a poursuivi ses efforts à l’endroit de ses homologues des pays de la région, en particulier les Présidents Kagame, du Rwanda; Museveni, d’Ouganda; et Ndayishimiye, du Burundi, pour tenter de trouver des solutions concertées et durables à la question des groupes armés qui continuent de causer le chaos dans l’est de la RDC. Selon M. Xia, nous parviendrons à atteindre un tel objectif ambitieux si, au-delà des actions militaires en cours, nous travaillons également à la mise en place de dispositifs non militaires dans le cadre d’une approche globale et coordonnée, ainsi que l’ont demandé les chefs d’État de la région lors de leur Sommet du 20 novembre dernier. À cet égard, il a annoncé que les garants de l’Accord-cadre appuient l’opérationnalisation du groupe de contact et de coordination, regroupant notamment des experts civils et militaires des pays de la région, dont la première réunion devrait se tenir dans les prochaines semaines afin de préciser le paquet de mesures non militaires ainsi qu’un programme d’exécution éventuel.

L’Envoyé spécial a en outre encouragé le Burundi et le Rwanda à poursuivre leurs efforts en vue d’une amélioration de leurs relations, saluant les « gestes encourageants » vus ces derniers mois, comme les rencontres entre les ministres des affaires étrangères, les consultations entre les services de sécurité sur la sécurisation de la zone frontalière, ainsi que le retour de réfugiés burundais. Tout cela est de bon augure, a estimé M. Xia en promettant de continuer à jouer sa partition, avec le consentement des autorités, afin d’aider ces deux pays frères à consolider ces acquis et à lever tout obstacle dans la voie d’une normalisation définitive et sans réserve de leurs relations.

En dépit de ces progrès, des défis subsistent dans la région, a reconnu M. Xia en notant que ceux-ci sont exacerbés par la COVID-19. Parmi ces défis bien connus, il a cité le niveau de violence qui continue d’affecter la sécurité des individus, en particulier celles des femmes et des jeunes, et d’entraver le plein épanouissement des communautés. « La violence que continuent de perpétrer les groupes armés est consternante. » Nous devons y mettre fin, non seulement à travers les mesures fortes en cours, mais également par le recours à la justice, a-t-il souhaité. Il a salué les divers verdicts exemplaires pris ces derniers mois contre les chefs de groupes armés tant par les tribunaux nationaux en RDC que par la Cour pénale internationale (CPI).

L’Envoyé spécial a indiqué que certains pays de la région ont malheureusement connu des élections émaillées de violence, conduisant à la perte de vies humaines. « S’il est difficile de mettre fin à l’activisme des groupes armés, je suis en revanche convaincu qu’il n’est pas impossible de rêver d’une région des Grands Lacs débarrassée des affres de la violence électorale, à condition de s’en donner les moyens, en multipliant notamment des actions de prévention. » M. Xia a ainsi appelé toutes les bonnes volontés à se mobiliser pour promouvoir un environnement serein, propice à la tenue d’élections inclusives, libres et transparentes, dans le plein respect de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

Pour M. Xia, la région semble être résolument engagée dans la bonne voie pour s’attaquer aux défis sécuritaires, politiques, et économiques qui la minent, mais il lui faudra cependant l’appui sans relâche de la communauté internationale. Il a rappelé que c’est précisément l’un des enjeux et objectifs principaux de la Stratégie des Nations Unies pour la consolidation de la paix, la prévention des conflits et le règlement des conflits dans la région des Grands Lacs élaborée par son Bureau à la demande du Secrétaire général et transmise au Conseil de sécurité le 3 décembre dernier. En effet, la Stratégie compte tirer le meilleur parti des diverses entités onusiennes présentes dans la région pour mieux servir les populations et les pays dans leur quête de paix, de stabilité et de développement durable. « Nous le ferons avec votre appui et la coopération des pays signataires de l’Accord-cadre, en gardant pleinement à l’esprit les exigences du triptyque humanitaire-développement-paix. » Dans cet esprit, l’Envoyé spécial a dit vouloir poursuivre ses engagements avec les pays et les organisations de la région, ses collègues représentants spéciaux de la région, les coordonnateurs résidents, ainsi qu’avec les experts et les organisations de la société civile, afin d’élaborer un plan d’action de la Stratégie.

Dans les semaines à venir, en plus de l’élaboration du plan d’action pour une mise en œuvre coordonnée de notre Stratégie collective, son Bureau se concentrera sur quelques tâches prioritaires: poursuivre les bons offices du Secrétaire général afin d’appuyer les efforts de rapprochement et de dialogue politique dans la région; apporter tout le soutien nécessaire à l’opérationnalisation du groupe de contact et de coordination sur les mesures non militaires, aux côtés des garants de l’Accord-cadre et avec l’appui de la MONUSCO; poursuivre un plaidoyer politique de haut niveau; et mobiliser les ressources nécessaires afin de parvenir aux objectifs recherchés.

Comme troisième priorité immédiate, l’Envoyé spécial a appelé à réfléchir à une approche innovante dans la lutte contre l’exploitation et le commerce illicites des ressources naturelles. À cet effet, son Bureau compte organiser, en collaboration avec la CIRGL et l’Agence allemande de coopération internationale pour le développement, un atelier régional de haut niveau pour élaborer un plan d’action régional de trois ans, axé sur une synergie accrue des interventions de tous les acteurs et des partenaires en faveur d’une gestion transparente des ressources naturelles dans la région. En plus de ces quatre priorités, l’Envoyé spécial entend aussi agir sur d’autres questions toutes aussi urgentes comme l’appui aux efforts de relève de pays de la région; la promotion des droits de l’homme et la lutte contre l’impunité; la mobilisation des organisations des femmes, parmi lequel le Conseil consultatif femmes, paix et sécurité, et celles de la jeunesse aussi, en faveur des objectifs de l’Accord-cadre.

M. MOHAMED FATHI AHMED EDREES (Égypte), Président de la Commission de consolidation de la paix, a indiqué que lors d’une réunion organisée en juin 2020, la Commission avait discuté des moyens d’appuyer la coopération socioéconomique entre les pays de la région des Grands Lacs, en tant qu’élément central de la consolidation de la paix et de la promotion du développement durable. Cela est d’autant plus important dans le contexte de la pandémie de COVID-19 et au vu des défis persistant liés à Ebola, a-t-il signalé.

En novembre 2020, la Commission a examiné les recommandations issues d’une série de consultations régionales et définies par des femmes dirigeantes régionales avec l’appui du Bureau de l’Envoyé spécial. Ces recommandations s’axent notamment sur la nécessité de prévenir la violence sexuelle, d’autonomiser les femmes et les jeunes et de promouvoir leur participation aux processus de paix. M. Edress a indiqué que les PME appartenant à des femmes ont subi les répercussions les plus importantes des risques associés à la COVID-19 par rapport aux entreprises plus grandes et que le commerce transfrontalier informel, une autre source importante de revenus pour de nombreuses femmes de la région, a également diminué en raison de la pandémie. La Commission continuera d’appeler à accorder l’attention requise aux initiatives de consolidation de la paix et de développement dirigées par les femmes et à plaider pour la pleine participation des femmes et des jeunes à la consolidation de la paix dans la région.

M. Edress a ensuite parlé de l’Initiative de la Banque mondiale en faveur de la région des Grands Lacs, précisant que lors de la réunion de juin, la Banque mondiale avait indiqué que des ressources supplémentaires étaient prévues pour appuyer la riposte des pays face à la COVID-19. Elle a également fait part de son empressement à renforcer la coopération régionale par l’entremise de sa stratégie en matière de fragilité, conflit et violence (2020-2025), a-t-il fait savoir. Le Président de la Commission a aussi indiqué que le Fonds pour la consolidation de la paix avait contribué 167 millions de dollars pour financer des projets au Burundi, en RDC, en République du Congo, au Rwanda, en Tanzanie et en Ouganda.

En outre, la Commission discutera avec l'Envoyé spécial et les pays de la région des domaines de la Stratégie des Nations Unies pour la consolidation de la paix et la prévention et le règlement des conflits dans la région des Grands Lacs qu’elle peut soutenir. Cela pourrait inclure la mobilisation de l’appui international aux processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration des anciens combattants de divers groupes armés dans la région des Grands Lacs. La Commission entend également continuer à mobiliser les partenaires internationaux dans le contexte du prochain Forum d’investissement de Kigali.

Elle continuera en outre de consolider son partenariat avec la Banque mondiale et les organisations financières internationales pour renforcer l’intégration régionale, notamment par l’intermédiaire d’instruments visant à appuyer une riposte coordonnée face à la COVID-19 ainsi que le relèvement post-COVID. La Commission encourage en outre le déploiement d’efforts conjoints pour promouvoir la transparence et la gestion régionale intégrée des ressources naturelles par l’intermédiaire du Mécanisme régional de certification.

La France a appelé à soutenir les efforts de coopération entre le Rwanda et l’Ouganda ainsi que le Burundi, estimant en outre que la « dynamique encourageante » engagée depuis l’élection du Président Tshisekedi doit se poursuivre afin de réduire encore les tensions et consolider la confiance. Elle a condamné la persistance des attaques des groupes armés à l’est de la RDC. Alors que les besoins humanitaires restent considérables, notamment pour les nombreuses personnes réfugiées et déplacées, la France et l’Union européenne continueront de les soutenir, notamment par le biais de l’Instrument contribuant à la stabilité et à la paix (IcSP) de l’Union européenne. Cet instrument a mobilisé plus de 24 millions d’euros pour la région de 2016 à 2020, et les contributions humanitaires versées par la France ont en outre dépassé, ces deux dernières années, les 10 millions d’euros, a précisé la délégation.

La France a ensuite appelé les États de la région et leurs partenaires à rester mobilisés pour traiter les causes profondes des conflits et mettre pleinement en œuvre l’Accord-cadre. La réunion au sommet du Mécanisme régional de suivi est primordiale pour assurer le suivi de cet Accord et doit se tenir dans les plus brefs délais, a recommandé la France. Elle a aussi jugé indispensable que la Stratégie des Nations Unies pour les Grands Lacs soit opérationnalisée rapidement par la formulation d’un plan d’action.

L’Irlande a rappelé que l’ancienne Présidente irlandaise, Mme Mary Robinson, fut la première Envoyée spéciale pour les Grands Lacs en 2013. La délégation a noté que la détérioration de la situation sécuritaire en RDC, en particulier dans les provinces de l’Est, montre à quel point l’engagement du Conseil de sécurité demeure vital. De même, les violations des droits de l’homme, les crises humanitaires complexes, la dégradation de l’environnement, les changements climatiques, l’exploitation illicite des ressources naturelles et l’activité de plusieurs groupes armés sapent les efforts de paix et de développement durable, a noté la délégation. Dans le même temps, la pandémie actuelle de la COVID-19 a eu un impact particulièrement néfaste sur les femmes. De ce fait, l’augmentation de la violence sexuelle et sexiste associée à la pandémie et son utilisation continue comme arme de guerre, sont particulièrement alarmantes, a dit l’Irlande. « Si nous voulons instaurer une paix durable dans les Grands Lacs, une coopération régionale profonde et significative est essentielle », a plaidé l’Irlande. Le développement économique sera un moteur de progrès, a-t-elle estimé tout en promouvant l’approche à trois piliers de la Stratégie de l’Envoyé spécial qui est essentielle.

Tout en se félicitant de l’amélioration de la coopération entre les pays de la région des Grands Lacs, la Chine s’est inquiétée de la persistance de conflits. Face aux tensions, dont les incidents de sécurité transfrontaliers, la Chine a jugé essentiel la mise en œuvre de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération. Après avoir salué l’amélioration des relations entre le Rwanda et le Burundi, la Chine a noté que le concept « régler les différends par le dialogue » semble s’enraciner dans la région des Grands Lacs. La Chine a dit l’importance du lancement de l’initiative africaine de libre échange pour promouvoir la paix via le développement en fournissant aux anciens combattants des moyens de subsistance. La délégation a jugé déterminant le rôle de l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour coordonner les contributions des différents organismes des Nations Unies et faciliter la coopération entre les États signataires de l’Accord-cadre. La Chine a salué les « efforts colossaux » de la CCP pour promouvoir la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs. Enfin, la Chine a exhorté la communauté internationale à augmenter les investissements dans la région pour y promouvoir la prospérité.

La Norvège a salué les signes d’amélioration de la coopération régionale dans la région des Grands Lacs malgré les défis liés à la pandémie. Elle a encouragé toutes les parties prenantes, y compris l’UA, la SADC et la CIRGL, à s’appuyer sur les progrès récents et à poursuivre les efforts pour renforcer la diplomatie régionale.

La délégation a par ailleurs jugé qu’une protection renforcée des civils est essentielle pour progresser dans la poursuite de la mise en œuvre de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération. Elle s’est déclarée profondément préoccupée par les rapports faisant état de violations et d’abus continus des droits de l’homme en RDC, y compris contre les enfants, ainsi que d’attaques contre le personnel du secteur de la santé et les travailleurs humanitaires dans certaines parties de la région. Un accès humanitaire sûr et sans entrave aux personnes dans le besoin doit être garanti, a-t-elle souligné. La Norvège a ensuite appelé l’Envoyé spécial à répondre aux causes du conflit dans la région, citant notamment les changements climatiques, le commerce illicite des ressources naturelles et la nécessité de mener des réformes pour combattre l’impunité.

Au nom des A3+1 -les pays africains membres du Conseil de sécurité (Niger, Kenya et Tunisie) et Saint-Vincent-et-les Grenadines-, la Tunisie s’est félicitée de la baisse relative des incidents de sécurité transfrontaliers au cours de la période considérée et salué les efforts de collaboration des États de la région. Les A3+1 se sont également dit encouragés par la dynamique politique positive dans la région à la suite de la tenue d’élections en Tanzanie et en Ouganda, ainsi que par les efforts des dirigeants des pays de la région pour renforcer et normaliser davantage leurs relations. Néanmoins, ils restent profondément préoccupés par la situation sécuritaire instable dans l’est de la RDC qui continue d’être une « plaie hémorragique dans la région ». À cet égard, ils ont condamné fermement les activités hostiles et les attaques meurtrières des Forces démocratiques alliées (ADF) et de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) qui ont eu des effets déstabilisateurs dans toute la région. Pour les A3+1, l’attaque du 22 février contre le convoi du Programme alimentaire mondial (PAM) dans le nord-est de Goma était très révélatrice de la capacité opérationnelle hautement sophistiquée de ces groupes. Tout en réaffirmant que les auteurs de l’attaque doivent être tenus pour responsables et traduits en justice, ils ont plaidé pour une mise en place accélérée de cadres nationaux et régionaux essentiels de désarmement, démobilisation et réintégration.

Les A3+1 ont dit appuyer la reconfiguration de la MONUSCO, telle que proposée par le Secrétariat de l’ONU, en vue de garantir que la Mission reste adaptée à ses objectifs. Ils ont souligné la nécessité d’une collaboration étroite renforcée entre la Mission et les Forces armées de la RDC, notamment par le partage d’informations et la coordination des activités, pour neutraliser efficacement les activités des groupes armés locaux et étrangers. Concernant la République centrafricaine (RCA), les A3+1 se sont félicités de l’adoption de la Résolution 2566 (2021) sur le renforcement de la MINUSCA. Ils ont dit soutenir le dialogue entre le Gouvernement centrafricain et l’opposition civile pour la mise en œuvre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation.

Outre ces problèmes de sécurité, la région continue de subir les effets négatifs de la pandémie de COVID-19, ont relevé les A3+1, notant que celle-ci entrave l’acheminement de l’aide humanitaire et exacerbe les conditions humanitaires déjà désastreuses de millions de personnes déplacées en Tanzanie, au Rwanda, en Ouganda et en RDC. Ils ont invité les États de la région à renforcer leur coopération sur les questions humanitaires transfrontières, y compris les flux de réfugiés, et ont demandé à la communauté internationale de fournir une assistance adéquate à ces groupes vulnérables. Les A3+1 se sont préoccupés de l’augmentation inquiétante des attaques contre la population civile et l’aggravation de la situation des droits de l’homme dans l’est de la RDC où des groupes armés et diverses milices continuent de commettre de graves violations. Ils ont salué les efforts visant à lutter contre ces violations des droits de l’homme et de l’état de droit et à garantir la responsabilité, avant d’encourager la mise en œuvre de la Déclaration de Nairobi de 2019 sur la justice et la bonne gouvernance.

La mise en œuvre intégrale et effective de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération par tous les États signataires reste la clef pour apporter paix, stabilité et prospérité dans la région, ont argué les A3+1. Selon eux, la prolifération illicite endémique des armes légères et de petit calibre dans la région a exacerbé la fragilité et l’insécurité. Ils ont donc encouragé une approche régionale renforcée, notamment par le biais du Centre régional sur les armes légères et de petit calibre. Les A3+1 ont dit espérer que la Stratégie des Nations Unies pour la consolidation de la paix et la prévention et le règlement des conflits dans la région des Grands Lacs servira d’appui à la mise en œuvre de l’Accord-cadre. Ils ont également dit attendre avec impatience la feuille de route de l’Envoyé spécial pour une gestion transparente et durable des ressources naturelles.

L’Inde a noté que l’extraction et l’exploitation illégales des ressources naturelles sont l’un des principaux moteurs de conflit dans la région. Elle a salué les mesures prises par l’Envoyé spécial pour soutenir les efforts régionaux visant à relever ce défi et, dans le cadre de la feuille de route, pour suivre les progrès au cours des trois prochaines années. « Les organisations régionales joueront un rôle crucial dans cet effort, en particulier la CIRGL et les six outils de son Initiative régionale contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, qui comprend la mise en place d’un mécanisme de certification et de traçage. »

L’Inde s’est inquiétée des conséquences de la pandémie de COVID-19 qui ont exacerbé les difficultés socioéconomiques déjà rencontrées par les pays de la région. « Avec plus de 15 millions de personnes déplacées dans la région et plusieurs milliers de réfugiés, la région a besoin d’un soutien et d'une assistance continus », a plaidé l’Inde avant de se féliciter de la Stratégie des Nations Unies pour la consolidation de la paix, la prévention des conflits et la résolution des conflits dans la région des Grands Lacs. L'Inde a expliqué entretenir des relations bilatérales étroites avec tous les pays de la région en précisant que l’un des principaux moteurs de ces relations est le contact interpersonnel qui existe depuis de nombreuses années, par le biais d’une importante diaspora indienne. « Nous avons également collaboré à travers l’échange d’experts et d’expertise, des programmes de formation et de renforcement des capacités, un soutien accru à la reconstruction post-conflit dans la région. » L’Inde a accordé jusqu’à présent un total de 3,93 milliards de dollars à 10 pays pour divers projets de développement, a-t-elle précisé. « Au cours des derniers mois, les vaccins COVID-19 fabriqués en Inde ont fait leur chemin dans huit pays de la région des Grands Lacs », a encore dit la délégation.

Le Mexique a condamné les actes de violence commis par des groupes armés dans le Nord-Kivu ainsi que la réaction disproportionnée aux manifestations de la société civile. Il a salué le rétablissement du dialogue entre le Rwanda et le Burundi et a appelé à appuyer la coordination régionale. La délégation s’est ensuite préoccupée des liens entre le conflit et l’économie illégale issue de l’exploitation illicite des ressources naturelles. Il a appelé les gouvernements de la région à prendre des mesures pour lutter contre l’exploitation et le trafic illicite des ressources naturelles, notamment en harmonisant leur législation et en consolidant leur système judiciaire. Il est urgent que les auteurs de ces actes rendent des comptes, a souligné le Mexique qui a espéré que l’atelier prévu à Khartoum permette d’imprimer un nouvel élan aux efforts de lutte contre ce phénomène. La délégation a ensuite fait part de son appui à la participation des femmes aux processus de médiation et de consolidation de la paix.

Pour l’Estonie, la pandémie de COVID-19, l’instabilité socioéconomique, les violations et abus des droits de l’homme, ainsi que les conflits avec l’implication de groupes armés sont des sujets très préoccupants pour les Grands Lacs. La délégation a noté les conséquences dévastatrices de la pandémie sur les femmes et les jeunes, notant aussi que les groupes armés continuent d’utiliser la violence sexuelle et sexiste comme arme de guerre. La délégation a insisté sur le fait que l’état de droit et la responsabilité pour les violations des droits de l’homme sont des éléments essentiels de prévention des abus. Elle a estimé que les dernières décisions de justice contre les auteurs de crimes graves et l’acquittement des journalistes offrent aux populations de la région des perspectives dans la lutte contre l’impunité et les rapprochent de la mise en œuvre de la Déclaration de Nairobi sur la justice et la bonne gouvernance.

L’Estonie a rappelé que les processus politiques et électoraux pacifiques sont d’une grande importance pour la stabilité dans la région. En conséquence, elle a appelé toutes les parties prenantes à faire en sorte que les prochaines élections prévues dans plusieurs pays de la région soient pacifiques, libres et crédibles. Elle a aussi souligné l’importance de la participation pleine, égale et significative des femmes à tous les processus politiques, saluant les mesures prises à cet égard. Pour la délégation, une coopération et une intégration économique accrues des pays de la région sont également vitales pour la paix et le développement. Par conséquent, elle a salué les améliorations dans les relations bilatérales et multilatérales de certains pays de la région. Elle a misé sur ces développements positifs pour aider à la mise en œuvre de la Stratégie des Nations Unies pour la consolidation de la paix et la prévention et le règlement des conflits dans la région des Grands Lacs, en parvenant à un plan d’action.

Les États-Unis ont indiqué avoir décrit en détail leurs préoccupations concernant les dimensions régionales du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo lors de la séance du Conseil de sécurité du 30 mars. Prévenant des conséquences désastreuses de l’inaction, la délégation s’est dite particulièrement troublée par les manifestations violentes observées au Nord-Kivu la semaine dernière. La colère des civils s’explique par la persistance des attaques incessantes des groupes armés, ont dit les États-Unis. « Le peuple congolais, nos collègues de la MONUSCO et les dizaines de millions de personnes dans la région ont besoin que nous soyons ambitieux, et ils ont besoin que nous soyons rapides. » La délégation a appelé à réduire les flux illégaux de minerais, d’armes et de combattants qui continuent d’alimenter la violence.

Par ailleurs, les États-Unis ont dit que leur implication dans la diplomatie régionale en 2012 et 2013 a conduit à la signature de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région, et à la création du Bureau de l’Envoyé spécial des Nations Unies pour les Grands Lacs. « Nous continuons d’appuyer la nouvelle stratégie régionale des Nations Unies pour les Grands Lacs, qui a été approuvée il y a six mois », a insisté la délégation avant d’exhorter l’Envoyé spécial à agir rapidement sur la stratégie régionale en poursuivant une diplomatie de navette de haut niveau et en soutenant la mise en œuvre intégrale de l’Accord-cadre. Bien que la pandémie COVID-19 reste un obstacle, les États-Unis ont espéré que le Bureau de l’Envoyé spécial puisse travailler de manière créative dans les mois à venir -en partenariat avec des dirigeants régionaux dynamiques- pour identifier les possibilités d’engagement diplomatique sur les engagements pris dans l’Accord-cadre. « Ensemble, nous pouvons aider les pays des Grands Lacs à surmonter une histoire traumatisante et à réaliser leur riche potentiel », ont conclu les États-Unis.

Le Royaume-Uni a salué l’établissement d’un groupe politique de haut niveau à travers le système de l’ONU chargé de guider la mise en œuvre de la Stratégie des Nations Unies pour la consolidation de la paix et la prévention et le règlement des conflits dans la région des Grands Lacs et d’établir un plan d’action. Il s’est ensuite inquiété des répercussions sur les droits humains, de l’augmentation des activités des groupes armés dans l’est de la RDC. Notant en outre que les ressources naturelles qui abondent dans la région des Grands Lacs sont un moteur du conflit, la délégation a soutenu les efforts de l’Envoyé spécial pour appuyer les gouvernements de la région dans la gestion de ces ressources.

La Fédération de Russie a marqué son inquiétude face à la situation humanitaire dans la région des Grands Lacs, laquelle est aggravée par la pandémie de COVID-19. L’impact de la pandémie dans la région rend la situation dans l’est de la RDC encore plus difficile, et le problème de sécurité le plus pressant se situe dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu où les Forces démocratiques unies et d’autres groupes armés sont devenus plus actifs, a noté la délégation. Elle a jugé également préoccupant que les autorités congolaises n’aient pas encore été en mesure de résoudre le problème de l’exploitation et de l’exportation illégales depuis la RDC de ressources naturelles utilisées par des groupes armés illégaux pour financer leurs activités.

La Fédération de Russie a en outre salué l’effort des États de la région pour développer la coopération dans la lutte contre les défis émergents, y compris par des approches collectives. La délégation a salué les changements positifs dans les relations entre le Rwanda et l’Ouganda, consolidés par la médiation des présidents de la RDC et de l’Angola. Nous sommes convaincus que la Stratégie des Nations Unies pour le renforcement de la paix, la prévention et la résolution des conflits donnera une impulsion aux efforts collectifs des régions, a dit la délégation. Enfin, la Fédération de Russie a confirmé qu’en tant que membre du « Groupe des amis de la région des Grands Lacs », elle entend continuer à contribuer activement au processus de paix en RDC et à la stabilisation de la situation dans la région dans son ensemble.

Le Viet Nam a mis l’accent sur trois priorités que sont la coopération régionale, la nécessité de s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité et le précieux soutien de la communauté internationale. Il s’est félicité de la volonté des pays de la région de renforcer leurs relations en promouvant le dialogue et la coopération, tant au niveau bilatéral que multilatéral. Il a salué l’engagement de haut niveau des membres de la CIRGL et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) pour s’attaquer aux questions de sécurité. Le Viet Nam s’est en effet inquiété de la persistante instabilité au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri dans l’est de la RDC en raison des activités illégales des groupes armés, de même qu’en République centrafricaine marquée par l’insécurité liée aux élections. Les conséquences de la pandémie de COVID-19 continue en outre d'exacerber les difficultés socioéconomiques et le sort des populations vulnérables, a ajouté le Viet Nam en s’inquiétant pour les millions de personnes déplacées et réfugiées. Le Viet Nam a jugé fondamental que les causes profondes de l’instabilité soient traitées de la manière la plus complète et la plus pragmatique possible. Il a encouragé à intensifier les efforts diplomatiques en cours et à renforcer la coopération en matière de gouvernance des ressources naturelles.

Enfin, le Viet Nam a jugé essentiel le soutien technique et financier de la communauté internationale aux pays de la région pour préserver les acquis et promouvoir davantage la stabilité dans la région. Le Viet Nam a salué « l’engagement actif » de l’Envoyé spécial et de la CCP avec les parties prenantes pour faciliter la coopération et le développement dans la région. La délégation a aussi appuyé la Stratégie des Nations Unies pour la consolidation de la paix, la prévention et le règlement des conflits dans la région, dont le calendrier correspond au Programme de développement durable à l’horizon 2030. Le Viet Nam a estimé que la synergie du soutien des Nations Unies, en étroite coordination avec les parties prenantes et les partenaires internationaux, faciliteront grandement les efforts de paix et de développement durables pour les populations de la région des Grands Lacs.

La République démocratique du Congo (RDC) a appelé à redonner vie à l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région signé le 24 février 2013 à Addis-Abeba pour trouver une solution définitive aux guerres à répétition dans l’est de la RDC. Pour ce faire, la délégation a appelé à renforcer la coopération régionale à tous les niveaux, à travers des mesures aussi bien militaires que non militaires, ainsi que des mesures de prévention et de consolidation de la paix.

Sur le plan politique, la RDC a salué la dynamique impulsée par les Chefs d’État de la région, MM. Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la RDC, João Lourenço, Président de l’Angola, Yoweri Museveni, Président de l’Ouganda, et Paul Kagame, Président du Rwanda. La RDC a estimé que ce dialogue au sommet est capital pour apaiser les tensions dans la région, restaurer la confiance entre les dirigeants, et mieux coordonner les efforts visant la neutralisation des forces négatives. Au niveau militaire, face à la menace que représentent les groupes armés locaux et externes, la RDC a précisé que les Forces armées de la RDC (FARDC) continuent de traquer « les forces négatives internes et externes de la sous-région », particulièrement les ADF, mais aussi les FDLR, la LRA. La délégation a ajouté que les FARDC ont entrepris des contacts avec toutes les armées des pays voisins de manière à arrêter des stratégies pour mettre fin à l’insécurité dans la sous-région, tel que le recommandent les accords d’Arusha. « Dans cette perspective, les FARDC privilégient le renforcement de la coopération militaire, les concertations régulières entre les armées de la région ainsi que la mutualisation des efforts et de renseignement pour combattre avec efficacité et neutraliser de manière définitive tous les groupes armés. »

La délégation a aussi souligné l’importance d’initiatives et de mesures non militaires. À cet égard, le huitième Sommet ordinaire de la CIRGL, tenu par vidéo conférence le 20 Octobre 2020, a adopté le principe d’une approche globale dans la lutte contre les forces négatives, et recommandé l’opérationnalisation du groupe de contact et de coordination chargé de coordonner la mise en œuvre des mesures non militaires destinées à compléter et à capitaliser, sur le terrain, l’impact des opérations militaires en cours et à venir, à l’effet de neutraliser les forces négatives.

Cette décision des chefs d’État a été prise sur la base des consultations approfondies entre les chefs des Services de renseignement militaires et civils du Burundi, de la RDC, du Rwanda, de l’Ouganda et de la Tanzanie ainsi que les Commissions de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) de la région, facilitées par les garants de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et le Mécanisme national de suivi de l’Accord-cadre. Conformément à cette décision, et après consultation avec le MNS et les garants de la mise en œuvre de l’Accord-cadre, la RDC va accueillir, dans les tout prochains jours, l’atelier technique de lancement des activités et d’élaboration du plan d’action du GCC.

Le Président Tshisekedi a défini une nouvelle approche du programme DDR en le fusionnant avec le Plan de stabilisation et de reconstruction de l’Est de la RDC, a poursuivi la délégation. « Le nouveau programme de désarmement, démobilisation, réinsertion communautaire et stabilisation, annoncé à l’issue de la réunion de sécurité élargie aux gouverneurs des provinces de l’est du pays tenue à Bukavu le 9 octobre 2019, sous la présidence du Chef de l’État, favorise une approche à base communautaire et intégrée qui exploite toutes les ressources locales avec comme objectif majeur d’assurer la stabilité et la sécurité des communautés locales en vue de promouvoir le développement de tous. » Tout en précisant que le DDRCS sera mis en œuvre par les gouvernements provinciaux, sous la conduite d’un coordonnateur national, la RDC a jugé indispensable l’apport des bailleurs et autres partenaires dont la MONUSCO et la CCP pour réussir à concrétiser ce programme afin de briser le cercle vicieux du problème des combattants démobilisés tant nationaux qu’étrangers qui déposent les armes.

La RDC a particulièrement remercié les garants de l’Accord-cadre pour le renouvellement de leur engagement, le 24 février 2021 à Kinshasa, à soutenir les pays signataires et les acteurs de la société civile dans leur quête de sécurité, de développement et de stabilité.

Parmi les autres initiatives en faveur de la promotion de la paix, la RDC a mis l’accent sur la coopération économique et l’intégration régionale; le rapatriement des réfugiés et autres déplacés vers leurs milieux d’origine conformément à la législation internationale; la coopération judiciaire régionale; l’implication des femmes, des jeunes, des organisations de la société civile; la mobilisation du soutien international dans la lutte contre le trafic illicite des ressources naturelles et d’armes et munitions; et la reprise des opérations offensives de la MONUSCO.

En outre, la RDC a souligné l’engagement du Président Tshisekedi d’œuvrer pour la promotion de l’état de droit et en faveur de la lutte contre la corruption et l’impunité. Un engagement qui s’est traduit par la libération des prisonniers politiques et d’opinions, la fermeture des cachots illégaux, l’humanisation des services de renseignements, le retour paisible des exilés et réfugiés politiques, la réouverture des médias de l’opposition, la diffusion des activités de l’opposition sur la radiotélévision nationale congolaise (RTNC) et la promotion de la bonne gouvernance dans la gestion de la chose publique. Le RDC a jugé utile que les statistiques de la MONUSCO sur les allégations des violations des droits humains par les agents de l’État tiennent compte de l’instabilité et de la situation spécifique de l’est du Pays.

En conclusion, la délégation congolaise a invité la communauté internationale à investir dans la paix dans la région des Grands Lacs qui doit devenir « une région totalement en paix, prospère, stable et capable de servir de locomotive à l’ensemble du continent en raison de ses immenses potentialités tant humaines que naturelles ».

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