DR Congo

Goma : les femmes plus indignées par la guerre dans l'est de la RDC

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Dans une cérémonie de deuil organisée, le 14 novembre 2008, des femmes de différents quartiers de la ville de Goma se sont déclarées profondément indignées par la poursuite de la guerre dans l'est de la République Démocratique du Congo, particulièrement dans la province du Nord Kivu.

Un millier de femmes issues de toutes les couches sociales se sont rassemblées ce matin devant le ''Stade de l'Unité'' de Goma pour manifester leur tristesse et rendre hommage à toutes les victimes de la guerre qui sévit à l'est du pays, notamment celles de Kiwanja, à environ 80 km de Goma, et de Rutshuru lors des combats qui avaient opposé les 4 et 5 novembre derniers les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et des miliciens Maï Maï.

Le CNDP avait repris Kiwanja le 5 novembre au terme d'affrontements et d'une "opération de ratissage" à la recherche d'éléments Maï-Maï qui étaient retranchés, selon la rébellion, chez les habitants et en tenue civile.

Au moins 50 civils ont été tués au cours de ces combats, avait affirmé l'organisation Human Rights Watch (HRW), sur la foi de "sources locales et de civils". Selon ces sources, la majorité des victimes sont imputables à la rébellion, "en représailles à ceux qui étaient considérés comme des collaborateurs de l'ennemi".

En mémoire de ces victimes, les représentantes des confessions religieuses de femmes qui se sont donné rendez-vous cet avant midi, ont tour à tour imploré Dieu pour faire taire les armes au Nord Kivu. La plupart portaient des papiers et des calicots sur lesquels on pouvait lire : "Nous en avons assez"; "Trop, c'est trop"; "Il est temps d'agir"; "Nous n'y sommes pour rien"; "Pourquoi tant de massacres !"...

Autant de messages que ces femmes ont voulu transmettre aux autorités congolaises, aux belligérants et à la communauté internationale.

Au cours de la cérémonie, beaucoup d'entre elles ont déclaré avoir perdu des membres de famille et des connaissances à Kiwanja et à Rutshuru où, pour elles, il est difficile de se rendre pour des raisons d'insécurité.

Les manifestantes ont promis de continuer leurs actions "jusqu'à ce que les décideurs et la communauté internationale entendent leurs pleurs".