DR Congo

François Grignon : «Il y a une volonté ferme de la Monusco et des FARDC à travailler ensemble»

Source
Posted
Originally published
Origin
View original

RADIO OKAPI

Le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, en charge de la Protection et des Opérations, François Grignon, témoigne de la ferme volonté de la MONUSCO de travailler avec les FARDC pour appuyer les opérations offensives contre les ADF et renforcer les dispositifs de protection des civils sur les zones arrière aux combats. Il l’a dit mercredi 27 novembre au cours d’un entretien avec Radio Okapi dont voici l’intégralité.

Radio Okapi : Vous avez rencontré le commandant des opérations Sukola 1 hier (26 novembre 2019) à son quartier général, de quoi avez-vous discuté ?

Francois Grignon : En effet, j’étais avec le Force commander, pour une rencontre au niveau du Secteur avec le commandant secteur, le général Ychaligonza, pour faire le suivi de la réunion que Mme Zerrougui a eue avec le Conseil national de sécurité et son excellence le Président Tshisekedi, sur la mise en œuvre d’opérations conjointes. Nous avions déjà eu une réunion conjointe à Goma avec le général Mbala et le général Fall et les membres de son Etat-Major, avec lesquels nous avions clarifié les paramètres de notre coopération. Et aujourd’hui, nous avons encore, je dirais, continué ce travail. Nous nous sommes réunis avec le commandant de secteur, pour regarder ensemble quels étaient les opérations prioritaires et les moyens et les méthodes qui peuvent être mis en œuvre.

RO : Qu’est-ce que vous avez constaté en évaluant la situation sur le terrain ?

FG : Ce que j’ai constaté, c’est qu’il y a une volonté ferme de la MONUSCO et des FARDC à travailler ensemble, pour d’une part, appuyer les opérations offensives que les FARDC continuent de mener contre les ADF ; et deuxièmement, renforcer les dispositifs de protection des civils sur les zones arrière pour essayer d’avoir le maximum d’efficacité et prévenir le maximum d’attaques. Nous sommes toujours dans une situation extrêmement difficile où vous avez des attaques qui ciblent et réussissent à monter les populations contre la MONUSCO, car elles arrivent à toucher les populations civiles. Et nous devons travailler ensemble pour renverser et retourner cette situation. Ces attaques ont un objectif très clair : c’est de semer la zizanie et le chaos dans les bases arrière et faire stopper les offensives. Donc, nous ne devons pas laisser place à la confusion et à la désinformation. Nous devons travailler étroitement ensemble, avec les FARDC, avec la PNC et avec la population, pour essayer de renforcer au maximum le dispositif de sécurisation et prévenir ces attaques sur les populations civiles et sur les familles.

Confirmez-vous le lancement des opérations conjointes à partir d’aujourd’hui dans la région de Beni contre les ADF ?

FG : Ce que je confirme c’est que nous nous sommes réunis avec le commandant de secteur, et que nous avons décidé des modalités de travailler ensemble pour mener des opérations conjointes. C’est ça qui a commencé. Et je dirai maintenant qu’il faut redoubler d’efforts pour faire accélérer la planification, puis l’exécution ; définir des objectifs, définir des moyens. C’est un travail qui va s’opérer dans les jours qui viennent.

Il y a quelques jours, la MONUSCO demandait qu’il y ait coordination des actions pour lutter contre les ADF. Est-ce que c’est le cas aujourd’hui pour éviter une confusion sur le terrain des opérations ?

FG : Cette coordination a déjà été renforcée au cours des échanges que nous avons eus aujourd’hui, nous avons eu des demandes d’appui des FARDC. Nous avons aujourd’hui une meilleure coordination des échanges d’informations sur les opérations qui sont menées contre les ADF qui nous permet d’éviter que les hélicoptères volent dans les zones de bombardement ou des tirs d’artillerie. Oui, en effet, au niveau de la coordination, on avance, on fait des progrès .

Est-ce que la MONUSCO va apporter un appui feu aux FARDC dans ces opérations ?

FG : Oui, si effectivement les FARDC le demande et qu’on est dans une situation et qu’on peut s’assurer que ce sont bien des cibles et que ces tirs ou l’emploi des hélicoptères de combat ne vont pas causer des dommages auprès des populations civiles, il n’y a aucun doute. Nous sommes mandatés, nous avons les moyens, l’autorisation d’appuyer les FARDC en la matière. Notre principal souci dans l’utilisation des moyens offensifs c’est de ne pas infliger des pertes supplémentaires aux populations civiles. Comme vous le savez, il y a des civils kidnappés par les ADF, il y a même des familles qui ont été kidnappées . On ne veut pas, en opérant des bombardements ou des attaques avec des hélicoptères de combat ou d’autres tirs, prendre les risques de tuer les civils supplémentaires. C’est ça notre objectif principal. Mais à partir du moment où on a mis ensemble des objectifs clairs, nous devons, nous pourrions appuyer les FARDC avec la puissance de feu de la mission.

Quel est votre message à la population de Beni où s’observe une vive tension depuis quelques jours face à la poursuite des tueries des civils par les ADF ?

FG : C’est un message de compassion, et je tiens à renouveler mes condoléances à la famille de la victime de la LUCHA qui a été enterré aujourd’hui. Le deuxième message, c’est que nous devons renouveler ensemble le dialogue, renouveler la possibilité de pouvoir travailler ensemble, renforcer le dispositif pour pouvoir limiter ces attaques ADF. C’est vraiment absolument critique. Donc j’appelle au calme, je renouvelle l’appel au calme qui a été déjà fait, de sorte que nous puissions renouveler la coopération et obtenir des résultats plus efficaces dans la lutte contre les ADF et la protection des populations.