Feuille de route nationale de l’appel à l’action pour la protection contre les violences basées sur le genre (VBG) en République Démocratique du Congo 2018 2020

Report
from United Nations Population Fund
Published on 16 May 2019 View Original

RESUME

Les violences basées sur le genre (VBG) sont une problématique sociale globale qui menace la vie, la santé et les droits des personnes qui les subissent ainsi que ceux de leurs communautés et familles. Elles constituent un obstacle majeur à la protection des personnes. Les femmes et les filles en sont touchées de manière disproportionnée par rapport aux hommes et aux garçons à l’échelle mondiale. En effet, les raisons profondes de ces violences sont liées aux inégalités entre les sexes, qui défavorisent généralement le sexe féminin. C’est un tiers des femmes dans le monde qui ont subi au moins une fois dans leur vie une forme de VBG. La communauté internationale s’est donné un objectif ambitieux d’éliminer d’ici 2030 toutes les formes de violence faites aux femmes et aux filles et toutes les pratiques qui leur sont préjudiciables, telles que les mariages des enfants, précoces ou forcés et les mutilations génitales féminines. Ceci figure parmi les cibles des Objectifs de développement durable adoptés par les Nations Unies, dont l’atteinte ne pourra être effective sans le déploiement des efforts en fonction du contexte, surtout dans les situations d’urgence humanitaire qui rendent l’ampleur des VBG particulièrement préoccupante. Il est en effet connu que les femmes et les filles se trouvent exposées à des risques multiples et aggravés de subir des VBG en situation de fragilité.

L’appel à l’action pour la protection contre les VBG en situation humanitaire (ou « appel à l'action ») est une initiative globale multipartenaire visant à transformer de façon substantielle la manière d’adresser les VBG en situation d’urgence humanitaire. Le but principal de l’appel à l'action est d’entraîner un changement systémique et favoriser la responsabilisation des acteurs humanitaires, afin que leurs efforts intègrent les politiques, les méthodes et les mécanismes nécessaires pour :

  • Atténuer les risques de VBG, en particulier les violences faites aux femmes et aux filles, de la première phase d’une crise humanitaire à la dernière et

  • Garantir la sécurité des survivants et la qualité des services qui leur sont offerts.

En RDC, l’appel à l’action a été introduit en 2017 dans l’agenda humanitaire par le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) et la Suède. Il s’est ensuite transformé en une initiative nationale fédératrice de tous les acteurs impliqués dans la lutte contre les VBG de la RDC, aussi bien dans le contexte humanitaire que celui de développement.

Ainsi, d’un élan humanitaire global, une initiative nationale, holistique et fédératrice a été développée pour appuyer, entre autres actions, la mise en œuvre d’une nouvelle Stratégie Nationale de lutte contre les VBG en RDC. Depuis le démarrage du processus de développement des outils nationaux en juin 2018 à Kinshasa, l’appel à l’action en RDC est désormais porté par le Ministère en charge du genre au niveau national ainsi que par trois Ministères du genre des provinces de Nord Kivu, Sud Kivu et Tanganyika, où des engagements décentralisés ont été aussi pris par les acteurs et les autorités pour renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. La feuille de route globale de l’appel à l’action couvre la période de 2016 à 2020, avec 6 résultats transformateurs attendus à cette échéance. La RDC a élaboré sa propre feuille de route en mars 2019, après un processus de planification d’une année, en l’adoptant pour la période 2018-2020. Ce processus a permis d’associer un grand nombre d’acteurs VBG dans toutes les zones humanitaires.

Depuis sa création en 2013 par le Royaume-Uni et la Suède, l’appel à l’action totalise actuellement 82 membres parmi les organisations internationales, les Etats et les organisations non gouvernementales au niveau international . En RDC, 120 acteurs ont participé au processus d’élaboration de la feuille de route en 2018, dont 53% sont des structures étatiques et des organisations de la société civile nationale. Ces acteurs ont préparé ensemble le lancement de la feuille de route nationale intervenu le 5 mars 2019 à l’occasion du mois de la femme, tout en espérant mobiliser encore plus de partenaires pendant la mise en œuvre de la feuille de route. Ces partenaires sont des structures étatiques, des organisations non gouvernementales nationales et internationales, des agences du système des Nations Unies et des états donateurs. Les acteurs de maintien de la paix ont également contribué à la réflexion et à la création des synergies et des ponts sur les questions de paix, sécurité et VBG. Il est à noter que cette initiative fonctionne généralement sous le leadership rotatif d’un Etat membre des Nations Unies. C’est ainsi qu’après la Suède, l’Union Européenne en a assuré la coordination entre 2017 et 2018 au niveau international. En RDC, le Canada a repris la direction de l'appel à l'action à l’occasion du lancement de la feuille de route nationale, en s’alignant au niveau global qui a vu la passation de ce leadership entre la UE et le Canada le 10 décembre 2018.