DR Congo

Evaluation rapide des marches - Indicateurs pour informer la réponse au COVID-19 et aux inondations Uvira, Province du Sud Kivu, République Démocratique du Congo, 20-23 avril 2020

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CONTEXTE ET MÉTHODOLOGIE

En réponse à la pandémie mondiale de COVID-191 et pour informer les programmes humanitaires d’aide cash REACH et ACTED ont mené une évaluation rapide de fonctionnalité des marché dans plusieurs villes frontalières clés de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) en avril 2020, notamment dans la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu.

Des données ont été collectées dans la ville d’Uvira entre les 20 et 23 avril 2020, à travers 25 enquêtes structurées auprès de commerçants de produits alimentaires et non-alimentaires.3 Les commerçants interrogés ont été échantillonnés délibérément en fonction du type de produits qu’ils vendent, de la structure du marché dans lequel ils opèrent ainsi que de leur statut - formel s’ils sont enregistrés auprès des autorités sinon informel - afin que l’évaluation englobe également les acteurs de l’économie informelle. À la lumière du COVID-19, la collecte de données a été effectuée à distance par le biais d’entretiens téléphoniques. Les résultats ne doivent être considérés qu’à titre indicatif, tels que rapportés par les commerçants du marché, et ne sont pas statistiquement généralisables. De plus amples informations sur la méthodologie de l’évaluation sont disponibles dans les termes de référence.
Alors que l’évaluation était en cours, la ville d’Uvira a été touchée par de fortes inondations, qui ont débuté dans la nuit du 16 avril 2020 et qui ont touché de grandes parties de la ville.

Des dizaines de personnes auraient été tuées et jusqu’à 80 000 personnes auraient été touchées par les inondations.4 Pour compléter l’évaluation ci-dessus ACTED a recueilli des informations supplémentaires sur la fonctionnalité des marchés le 23 avril 2020 (Tableau 1), selon la même méthodologie. Ainsi, les résultats de l’évaluation peuvent également aider à informer la réponse aux inondations. Les partenaires doivent noter que la situation peut encore évoluer à Uvira et que l’évaluation réalisée ne représente pas une étude de faisabilité détaillée pour de possibles interventions au moyen d’aides cash. Pour d’autres produits d’information liés à REACH sur les inondations d’Uvira, voir le Centre de Ressources REACH.

RÉSULTATS CLÉS

• Les articles que les commerçants interrogés avaient en stock lors de la collecte de données provenaient principalement du Burundi, en particulier les articles d’hygiène personnelle ainsi que des denrées alimentaires de base. Les marchés d’Uvira sont donc vulnérables aux effets de la fermeture des frontières, qui a eu un impact négatif sur la capacité des commerçants informels à opérer de manière transfrontalière. Cependant, une partie des denrées alimentaires de base ainsi que tous les fruits, légumes et produits laitiers provenaient de la RDC, rendant ces produits vulnérables seulement aux restrictions de déplacement interne qui ont été imposées.

• La durée médiane des stocks de denrées alimentaires de base des commerçants interrogés étaient de 14 jours tandis que les stocks de fruits et de légumes étaient beaucoup plus faibles, bien qu’on puisse s’en réapprovisionner depuis l’intérieur de la RDC et qu’un niveau réduit de stock pour les fruits et légumes est attendu en raison de leur nature périssable.

• 85% des commerçants vendant des denrées de base ont déclaré qu’ils seraient en mesure de reconstituer leurs stocks si la demande augmentait de 50% en une semaine. Cependant, 24 sur 25 (96%) des commerçants interrogés ont déclaré avoir rencontré des difficultés pour réapprovisionner leurs stocks à la suite des mesures COVID-19, le problème le plus fréquemment cité étant la fermeture des frontières qui a eu un impact négatif sur leur capacité à importer des marchandises. Ceci indique que la capacité déclarée des commerçants à se réapprovisionner pourrait en réalité être limitée.

• 22 sur 25 (88%) des commerçants interrogés ont perçu un impact négatif des mesures sur leur activité, la réduction des ventes quotidiennes étant le principal impact. De plus, 18 sur 21 (86%) ont indiqué que les clients achetaient en plus petites quantités. Cela serait lié à une augmentation des prix.

• 34 sur 38 commerçants ont indiqué qu’ils s’attendaient à de fortes hausses de prix pour tous les articles tant que les mesures COVID-19 seraient en place, principalement en raison de la fermeture des frontières.

PROFIL DES COMMERÇANTS INTERROGÉS

• Au total, 10 petits commerçants informels, 11 détaillants et 4 grossistes ont été interrogés • 20 des 25 commerçants interrogés opèrent sur un petit ou un grand marché fixe, 3 sur un marché routier et 2 sur plusieurs marchés fixes.

• 19 des 25 commerçants interrogés étaient engagés dans la vente de denrées alimentaires, et 6 dans la vente d’articles d’hygiène personnelle.

• 12 des 25 commerçants interrogés étaient des femmes, la grande majorité d’entre elles étant des petites commerçantes informelles et aucune des femmes interrogées n’étant grossiste.