CONTEXTE
Dans la région orientale de la République démocratique du Congo (RDC), en particulier au Nord-Kivu, un conflit prolongé et de plus en plus complexe persiste. Ce conflit est caractérisé par la présence de divers groupes armés, y compris le groupe M23 et les Forces Armées Congolaises (FARDC), ainsi que leurs alliés respectifs. Depuis le début de cette année, le M23 a progressé dans la partie orientale de la RDC, notamment vers Goma, qui sert de capitale du Nord-Kivu. Les récentes actions entreprises par le M23 continuent de suggérer leur intention de prendre le contrôle de Goma, marquant potentiellement leur deuxième occupation de la ville après une brève période de contrôle en 2012.
La montée des activités violentes dans la région a connu une augmentation spectaculaire de l’utilisation d’explosifs, de tactiques de violence à distance et d’engagements directs. Cette escalade alarmante a entraîné un déplacement substantiel de civils et une augmentation des victimes attribuées aux bombardements et à diverses formes d’attaques. Le conflit en cours a notamment conduit à un nombre significatif de déplacements, et des civils supportant le poids de cette violence croissante. De plus, les allégations concernant le soutien rwandais au groupe M23 ont encore compliqué les dynamiques régionales déjà délicates. Ces accusations ont non seulement accru les tensions diplomatiques mais ont également tendu les relations entre les pays voisins. Malgré les appels généralisés en faveur d’une résolution pacifique du conflit de la part des acteurs régionaux et internationaux, les efforts des casques bleus et des dirigeants locaux pour faciliter le dialogue et négocier des cessezle-feu ont malheureusement été régulièrement bafoués.
Du 29 mars au 26 avril ; le contexte dans et autour de la ville de Goma est celui d'une criminalité accrue, au moment où la ville et les sites de déplacement environnants sont soumis à une pénurie de ressources et d'opportunités économiques, couplée à une prolifération d'armes. Les territoires de Masisi (groupements de Mfunyi-Shanga, Kamuronza, Bashali-Mokoto, Mfunyi- Kibabi) et Rutshuru (groupements de Kanyabayonga et Mutanda) ont été plus affectés par d’intenses combats spontanés sur plusieurs lignes des fronts.
Depuis le début de la crise, l'OIM, par le biais de la matrice de suivi des déplacements (DTM) continue à mener une série d'évaluations rapides, y compris le suivi des urgences (EET/ERM), l'analyse des crises et enregistrement avec priorité de répondre aux besoins immédiats d'information en vue de comprendre la dynamique des déplacements et les besoins.
Ce rapport présente les résultats des évaluations menées dans les différentes zones de déplacement et de retour du 29 mars au 26 avril 2024.