CONTEXTE ET JUSTIFICATION
Depuis plusieurs années, le Nord-Kivu, en particulier la ville de Goma et ses zones de santé voisines, fait face à une instabilité sécuritaire chronique qui affecte lourdement les populations. L’intensification des combats entre le 21 et le 27 janvier 2025 sur les axes Goma–Sake et Goma–Kibumba a marqué une aggravation majeure de la crise, provoquant des pertes humaines, de nombreux blessés et des déplacements massifs vers des sites de fortune. Les populations vivent dans la peur permanente, accentuée par des pillages qui ont touché des structures de santé, y compris les services de SSR, aggravant la vulnérabilité des femmes, des jeunes filles et d’autres groupes à risque.
Du 27 au 31 janvier 2025, la situation s’est détériorée davantage avec des bombardements atteignant la ville de Goma, restreignant les mouvements et l’accès aux services essentiels. Cette crise a sérieusement perturbé l’offre de soins en SSR : hausse des complications obstétricales, interruption de la prise en charge des VBG, rupture de stocks de produits essentiels et affaiblissement du système de référence des urgences obstétricales. Une évaluation rapide menée du 3 au 5 février 2025 dans 12 structures sanitaires et 9 sites de déplacés a confirmé la gravité de la situation, révélant des indicateurs préoccupants liés au manque de personnel formé, d’intrants et d’infrastructures adaptés pour répondre efficacement aux besoins en matière de santé sexuelle et reproductive pendant la phase aiguë de la crise humanitaire.
Face à ces constats, le Groupe de Travail SSR (GT SSR), en collaboration avec le PNSR et le PNUAH a défini des recommandations pour renforcer les services SSR. Ces recommandations consister de renforcer les capacités des prestataires des soins déployées y compris les sages-femmes, assurer la disponibilité des produits, kits et intrants SSR et rendre le circuit de référencements plus efficace. Le PNSR et le PNUAH, en collaboration avec le GT SSR ont mobiliser les partenaires pour renforcer la réponse, malgré un contexte extrêmement volatile.
Les capacités opérationnelles des partenaires au cours de la crise en janvier 2025 par rapport à Juin 2025 sont passées de 17 acteurs dans 9 zone de santé en Janvier 2025 à 23 acteurs dans 23 zone de santé en juin 2025. C'est dans ce cadre que le GT SSR, en collaboration avec le PNSR et le PNUAH, a organisé une mission du 18 au 20 juillet 2025, afin d’analyser, quatre mois après l’escalade de la crise, le niveau de mise en œuvre du Dispositif Minimum d’Urgence (DMU) pour la SSR dans les zones touchées (Goma, Karisimbi, Nyirangongo et Kirotshe). Cette démarche visait à identifier les progrès, identifier les lacunes et de proposer des recommandations pour la renforcer les services a fin de contribuer à la réduction de la mortalité maternelle et néonatale.