DR Congo

Evaluation Approfondie de la Sécurité Alimentaire (EFSA) dans les Provinces du Nord et Sud Ubangi (janvier 2021)

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Evaluation and Lessons Learned
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Résumé Exécutif

La situation de sécurité alimentaire des ménages demeure globalement précaire dans les provinces du Nord et Sud Ubangui, suite à une combinaison des chocs, y compris la présence d’un grand nombre des réfugiés centrafricains ; des inondations récurrentes et depuis le mois de mars 2020 les restrictions en vue de contenir l’expansion de la pandémie de covid-19.

Ainsi, pour collecter des données nécessaires à l’actualisation de la cartographie de l’insécurité alimentaire qui résulte des analyses du cadre intégré de classification (IPC), prévues pour le mois d’août 2020, le ministère provincial de l’Agriculture des provinces du Nord et Sud Ubangui avec l’appui du Programme Alimentaire Mondial (WFP) a réalisé en juin 2020 une évaluation de sécurité alimentaire en situation d’urgence (EFSA) dont les principaux résultats sont les suivants :

➢ Dans les deux provinces concernées par l’étude, plus d’un ménage sur trois, soit 67.3% sont en insécurité alimentaire dont 25% en insécurité alimentaire sévère. Dans la province du Nord Ubangui, la prévalence d’insécurité alimentaire est de 67.7% dont 24.1% en insécurité alimentaire sévère. Ces chiffres sont respectivement de 66.2% et de 26.2% dans le Sud-Ubangui.

➢ L’incidence de l’insécurité alimentaire sévère est de 24% dans les ménages dirigés par les hommes alors qu’elle est 34% dans les ménages dirigés par les femmes. Les analyses ont montré que l’insécurité alimentaire affecte plus les ménages de petite taille et que la sécurité alimentaire s’améliore avec le niveau d’instruction du chef du ménage. En effet, les ménages dont les chefs ont un niveau d’instruction plus élevé (niveau supérieur) présentent de faibles taux d’insécurité alimentaire par rapport aux ménages dont les chefs n’ont aucun niveau d’instruction ou ont un niveau primaire.

➢ Les zones urbaines (Gbadolite et Zongo) sont moins touchées que les zones rurales (territoires de Libenge, Businga, Bosobolo et Mobayi). En effet, Les territoires de Libenge (92%), Businga (86%) et Bosobolo (83%) ont des proportions des ménages en insécurité alimentaire les plus élevées, suggérant qu’ils sont globalement les plus touchés par l’insécurité alimentaire alors que dans les villes de Gbadolite et de Zongo, la prévalence de l’insécurité alimentaire se chiffre respectivement à 35% et 48%.

➢ La situation nutritionnelle est en général précaire dans les zones d’étude. Sur les deux provinces, seuls 3.5% des ménages consomment des aliments riches en fer pendant les 7 jours de la semaine et 27.1% des ménages en font de même pour les aliments riches en protéines. Plus de la moitié des ménages des deux provinces (55.7%) consomment chaque jour des aliments riches en vitamine A alors que seulement 4.6% des enfant de moins de 5 ans atteignent la MAD et 21.4% des femmes entre 15 et 49 ans atteignent la MDD-W

➢ Cette situation d’insécurité alimentaire trouve ses sources d’abord dans la pauvreté structurelle à laquelle sont confrontées les populations des deux provinces. Ensuite, la récurrence des chocs au niveau des ménages (perte d’emploi, maladies graves etc.) et au niveau communautaire (faibles récoles du fait des perturbations climatiques) contribue à exacerber la situation déjà fragile de ces ménages. Il faut enfin noter l’afflux depuis 2012 des réfugiés de la RCA dont l’une des conséquences directes est la hausse des prix sur les marchés.

➢ En dehors de l’assistance alimentaire inconditionnelle qui peut être accordée à certains ménages très vulnérables, des activités de résilience face aux chocs doivent être mises en œuvre dans ces zones afin de sortir ces ménages du cercle vicieux de l’insécurité alimentaire-pauvreté et améliorer leur résilience face aux aléas climatiques. L’état nutritionnel pourrait aussi être amélioré par l’introduction de techniques culinaires et de transformations d’aliments.