DR Congo

Est de la RDC : l'escalade de la violence met à rude épreuve l'aide humanitaire aux femmes et aux enfants (UNICEF)

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Le PAM distribue de la nourriture pour répondre à la crise humanitaire dans la province de l'Ituri, en RDC (archives). © PAM/Jacques David

Plus d'un quart de million de personnes, dont une majorité d'enfants, ont fui l'intensification de la violence dans la province de l'Ituri en République démocratique du Congo (RDC) depuis le début de l'année, a prévenu l'UNICEF aujourd'hui.

« La situation sécuritaire en Ituri se détériore rapidement », a déclaré Edouard Beigbeder, représentant de l'UNICEF en RDC.

« Nous devons agir tout aussi rapidement pour éviter une crise qui déracinerait et mettrait en danger encore plus d'enfants », a-t-il ajouté.

Cette situation exerce une pression supplémentaire sur les services humanitaires déjà surchargés dans l'une des régions les plus pauvres, les plus insécurisées et les plus touchées par la maladie du pays.

Depuis la fin de l'année dernière, quelque 200 000 personnes ont fui les régions de Djugu, Mahagi et Irumu et ont trouvé refuge dans des communautés d'accueil et des sites de déplacement extrêmement surpeuplés à Bunia, la capitale de l'Ituri, et dans ses environs.

La situation humanitaire dans la région de Djugu est particulièrement précaire car 70 % des travailleurs humanitaires ont dû suspendre leurs opérations en raison de la détérioration du contexte sécuritaire.

Environ 25 000 personnes nouvellement déplacées qui se sont rendues dans des camps de personnes déplacées ont du mal à accéder à l'eau potable et aux installations sanitaires. Même avant ce nouvel afflux, les personnes déplacées ne pouvaient avoir accès qu'à cinq litres d'eau par jour - bien en dessous du minimum quotidien recommandé.

L'escalade de la violence a détruit 22 établissements de santé dans la province, anéantissant d'importants stocks de vaccins et des éléments de la chaîne du froid. Plus de 160 écoles ont été endommagées ou pillées.

Risques d’abus, de violence et d’exploitation des enfants

Le manque d'accès à un abri, à la nutrition, à la santé et à l'éducation rend les enfants particulièrement vulnérables aux abus, à la violence et à l'exploitation. Rien qu'entre avril et mai, l'UNICEF a reçu plus de 100 allégations de graves violations des droits de l'enfant, telles que des viols, des meurtres et des mutilations, des attaques contre des écoles et des centres de santé.

L'UNICEF a maintenu sa présence et ses opérations de sauvetage en Ituri par l'intermédiaire de ses partenaires opérationnels, mais les besoins sont massifs et croissants. Des milliers d'enfants risquent de souffrir de malnutrition grave. Des dizaines de milliers d'entre eux ne sont pas scolarisés et risquent de ne pas avoir de salles de classe où retourner lorsque les écoles rouvriront. Et des maladies mortelles - dont la rougeole - continuent de sévir dans la région.

L'appel de l'UNICEF pour l'action humanitaire en faveur des enfants en RDC s'élève à 262 millions de dollars. Au 15 mai, seuls 5,5 millions de dollars avaient été reçus et 28,8 millions de dollars avaient été reportés de l'année précédente, ce qui laisse un déficit de financement de 229,3 millions de dollars (87 %).

Depuis le début de l'année 2020 en Ituri, l'UNICEF a fourni à plus de 10 000 ménages des articles non alimentaires tels que des ustensiles de cuisine, des nattes, des bâches, des couvertures et du savon pour répondre rapidement aux besoins immédiats des personnes déplacées dans les territoires de Mahagi, Djugu et Irumu.

L’agence onusienne a également mené une campagne contre la rougeole en partenariat avec le ministère provincial de la santé afin de vacciner plus de 37 000 enfants de moins de cinq ans.

Par ailleurs, le Fonds a assuré l'accès à une éducation de qualité pour environ 50 000 enfants dans les territoires de Mahagi, Irumu et Djugu.

Enfin, l’UNICEF a traité plus de 4 000 enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition aiguë sévère. Le Fonds a permis à plus de 21 000 personnes déplacées d'avoir accès à l'eau potable, à l'hygiène et à l'assainissement grâce à la construction et à la réhabilitation de latrines, de douches, de décharges.