DR Congo

Elections en RDC: Les chiffres en disent long

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Koumbo Sy / Monuc

Avec une superficie de 2 450 000 Km2 (troisième plus grand pays du continent africain après le Soudan et l'Algérie), plus de 60 millions d'habitants dont près de 7 millions à Kinshasa, la capitale, 9 pays limitrophes, 2 fuseaux horaires, la RD Congo est un sous continent. Le pays, qui a connu plusieurs années de guerre aux conséquences incommensurables (plus de 4 millions de morts et une destruction du tissu social et économique), est en train de renaître de ses cendres.

Pour ces élections post-conflits, les premières depuis plus de 40 ans, considérées comme libres et démocratiques, la Communauté internationale y a joué un rôle plus qu'important. La Mission des Nations Unies en RDC (MONUC), une des plus grandes missions des Nations Unies depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, (avec près de 20 000 hommes de troupes et plus de 3 000 civils), soutient ce processus dont l'aboutissement va être la mise en place bientôt de toutes les institutions démocratiquement élues (l'Assemblée nationale, déjà fonctionnelle avec 500 députés élus). C'est une mobilisation tant financière que humaine, sans précédent, tant des Congolais que de la Communauté internationale, qui a permis de conduire ce processus à son terme. L'élection et l'installation du nouveau président élu étant le point d'aboutissement de la longue transition politique en RDC.

Pour ces différents scrutins, pas moins de 25 millions d'électeurs se sont faits enrôler le 17 décembre 2005 dont plus de 70% ont voté au premier tour. «C'est un des plus grands électorats dans le monde.... 5 millions de plus que l'Afrique du Sud», a l'habitude de dire William Lacy Swing, le chef de la MONUC qui a vécu lui-même les élections historiques d'Afrique du Sud en tant que diplomate. Il a fallu plus de 9 000 centres d'inscription et d'enrôlement, plus de 50 000 bureaux de vote et mobiliser plus de 200 000 agents électoraux pour permettre aux uns et aux autres de voter au premier et au deuxième tour. En terme de logistique, rien que pour le deuxième tour, le transport des Kits électoraux (1 200 tonnes métriques) de Johannesburg à Kinshasa, pendant au moins un mois, a nécessité 35 vols de IL-76 et 20 vols de AN-124 (Le plus gros avion de transport au monde). Le transport des Bulletins (1 260 tonnes métriques), toujours depuis Johannesburg, a nécessité 30 vols combinés de AN-124, Boeing 707 et IL-76. Pour acheminer ces matériels vers les 210 centres de formation repartis dans les 11 provinces, il a fallu 600 vols combinés de MI-8, MI-26 et de C130. Et pour atteindre les 50 055 bureaux de vote, il a fallu 10 jours de mobilisation de tous les moyens de transport : par air, terre, voies fluviales et à pied.

Sur le plan sécuritaire, toutes les dispositions ont été prises pour que les différents scrutins se déroulent dans les conditions maximales de sécurité. Pour le deuxième tour, 50.000 agents de la Police Nationale congolaise ont été formés sur la sécurisation du processus électoral et déployés à travers tout le pays à cet effet. Environ 70 pour cent des 20 000 soldats onusiens sont venus renforcer le soutien à la sécurisation électorale. 1 500 éléments de la force Européenne, Eufor, sont mis à la disposition de la MONUC pour renforcer cette sécurité.

En termes de sensibilisation pour le bon déroulement du processus, la CEI a produit 1 million de copies de la loi électorale, 1 500 000 dépliants, 500 000 affiches, 600 000 autocollants. 2 000 membres de la société civile et 500 journalistes ont été formés.

Sur le plan de la communication, on n'a pas fait dans la demi-mesure non plus. La MONUC, à travers le Bureau du porte-parole/ Relations avec les Medias a délivré depuis janvier 2006 jusqu'à ce jour, pas moins de 732 accréditations aux journalistes, producteurs et cameraman venus de l'extérieur, lesquels ont bénéficié de l'assistance de la MONUC sur toute l'étendue du territoire national. Plus de 600 interviews ont été accordées aux medias locaux et internationaux (SRSG, DSRSG, Directeurs de Divisions, Porte-parole etc...). 60 points de presse ont été organisés et 52 communiqués de presse publiés.

Les moyens financiers ont été, comme on peut le constater, à la hauteur de l'enjeu. Rien que le recensement a coûté 101 millions de dollars US. Le coût du referendum et des différents scrutins tourne autour de 150 millions de dollars dont 46 millions pour le deuxième tour.