DR Congo

DR Congo: Rapport de situation, 12 octobre 2021

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Situation Report
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FAITS SAILLANTS

  • Nord Kivu : l’insécurité affecte aussi les acteurs humanitaires

  • Lualaba : la malnutrition, une crise silencieuse qui ravage Kapanga

  • Vers l’opérationnalisation de l’approche Nexus en RD-Congo

CHIFFRES CLÉS

  • 19.6 M PIN
  • 4.1 M personnes atteintes par l'aide en 2021
  • 9.6 M personnes ciblées
  • 5.26 M personnes déplacées internes

ANALYSE

Nord Kivu : L'insécurité affecte aussi les acteurs humanitaires

Au Nord-Kivu, les incidents de sécurité menacent le travail des humanitaires. Sortir de chez soi le matin, ne garantit pas d'y être de retour le soir.

Depuis près de 30 ans, la province du Nord-Kivu, un des greniers de la République démocratique du Congo (RDC), également riche en minerais recherchés à travers le monde, est prise dans un engrenage de violences armées qui en font une des crises humanitaires les plus complexes au monde. Le Nord-Kivu est le symbole de la crise qui secoue la RDC : en plus des violences attisées par la multitude de groupes armés, les épidémies, les catastrophes naturelles, l'insécurité alimentaire contribuent à aggraver la pauvreté de centaines de milliers de personnes. Plus de 1,8 million de personnes sont actuellement déplacées dans la province, soit un tiers des 5,5 millions de déplacés dans le pays ; environ 3,2 millions de personnes souffrent de malnutrition. La population civile est la première victime des violences armées et de l'instabilité sécuritaire, et les travailleurs humanitaires ne sont pas non plus épargnés. Entre janvier et juin 2021, deux humanitaires ont été tués, quatre kidnappés et trois blessés dans la province. Durant les six premiers mois, 52 incidents affectant les humanitaires y ont été répertoriés, soit plus de 31 % des 166 enregistrés dans toute la RDC. En 2020, 93 incidents de sécurité avaient touché des humanitaires sur l'ensemble de la province. Ces incidents incluent notamment des vols à main armée, des braquages de convois humanitaires, des enlèvements ou encore des attaques contre des installations humanitaires.

« Qui apportera de l'aide aux populations en détresse si tout le monde décide d'arrêter ? »

Le 17 février 2018, des hommes armés ont intercepté un convoi humanitaire sur la route reliant Kibirizi à Nyanzale dans le territoire de Rutshuru. Mugisho et ses trois collègues ont été conduits dans la brousse. « Nous étions six travailleurs humanitaires dans le convoi. Ils ont demandé à deux de nos collègues de partir » raconte Mugisho, 34 ans, qui travaille pour une ONG congolaise à Goma.

Alors que Mugisho et ses collègues s'enfonçaient dans la brousse, un autre groupe armé surgit. Des tirs ont éclaté. Bien que ligoté, Mugisho a réussi à s'échapper. Deux collègues ont été tués. « J'ai survécu miraculeusement. En courant, je suis tombé dans un ravin dans lequel j'ai passé toute la nuit avant d'être retrouvé par des passants le lendemain » explique-t-il. Ce genre d'incidents entraîne très souvent des traumatismes chez les victimes. « J'étais très choqué. A un moment donné, j'ai pensé à tout arrêter » explique Mugisho, qui est resté sept mois à la maison avant de décider de reprendre le travail. En dépit de l'accompagnement psychosocial qu'il a reçu de son organisation et du soutien familial, il présente des signes de nervosité à chaque fois qu'il croise une personne en tenue militaire. « Quelques membres de ma famille m'ont fortement conseillé de quitter ce travail qui me mettait à risque. Mais qui apportera de l'aide aux populations en détresse si tout le monde décide d'arrêter ? » s'interroge Mugisho.

Prévenir les incidents de sécurité Pour réduire les risques d'attaques contre les humanitaires, des mesures sont régulièrement prises afin de permettre aux organisations de continuer à apporter une assistance vitale aux populations. Les acteurs humanitaires effectuent notamment des analyses des incidents sur les différents axes routiers ; des rencontres sont régulièrement organisées avec les autorités locales, les organisations locales ainsi que la population afin de créer une relation de confiance ; des séances de sensibilisation sur l'action et les principes humanitaires sont régulièrement réalisées dans la province. Aujourd'hui, près de 90 organisations humanitaires poursuivent ainsi leur travail dans le Nord-Kivu, exécutant plus d'une centaine de projets au profit de 1,6 million de personnes.

Les actes de violence contre le personnel humanitaire constituent une violation du droit international humanitaire qui stipule, entre autres, que les humanitaires doivent exercer leurs fonctions en toute sécurité sans crainte des risques portant atteinte à leurs vies.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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