DR Congo

DR Congo : La reprise des violences menace des centaines de milliers de personnes.

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L'état de droit n'est pas loin de s'effondrer, et des centaines de milliers de vies sont en danger en République Démocratique du Congo (RDC) si la communauté internationale n'intervient pas immédiatement. Au cours des derniers mois, CARE a été témoin de l'aggravation progressive du conflit dans la région du nord-Kivu, entraînant le déplacement de milliers de personnes et réduisant considérablement l'accès à l'aide humanitaire. Cette semaine, les violences ont empiré, forçant des dizaines de milliers de personnes à fuir en direction de la ville de Goma, à la frontière rwandaise.

« Nous sommes effarés et inquiets devant le nombre de casques bleus au Congo (l'un des plus grands pays africains) : il est extrêmement faible et inapproprié à la situation, » rapporte Maurizio Crivellaro, directeur de CARE en RDC. « La communauté internationale doit immédiatement s'assurer que les casques bleus au CONGO (MONUC) sont correctement équipés et en mesure de protéger la population. »

Selon CARE, à moins que les violences en RDC ne prennent fin rapidement, la stabilité de la région est menacée par d'éventuels débordements de réfugiés dans les pays voisins, en particulier l'Ouganda et le Rwanda, et par la multiplication des groupes armés dans la région, susceptibles de s'allier avec les rebelles congolais. « Nous avons travaillé avec certaines communautés des pays limitrophes qui ont fait de grands pas vers la paix et la stabilité. Mais les progrès effectués sont fragiles et risquent d'être rapidement détruits, » a déclaré Steve Wallace, le directeur régional de CARE pour l'Afrique de l'est et centrale.

Selon les estimations de CARE, pas moins de 100 000 personnes se sont réfugiées en périphérie de Goma. « Il faut faire pression sur toutes les entités impliquées dans le conflit afin de mettre fin aux combats, de trouver une issue pacifique, et de permettre aux agences humanitaires de distribuer de la nourriture, de l'eau et des abris, » a ajouté Maurizio Crivellaro.

L'une des plus grandes préoccupations de CARE est le fait que les différentes parties du conflit sont soupçonnées d'utiliser les personnes comme boucliers humains. « Ceux qui fuient le conflit ne devraient en aucun cas être utilisés comme boucliers humains par les groupes armés, » a déclaré Maurizio Crivellaro.

« Des rapports ont été rédigés sur des combattants qui pillent les maisons et les commerces dans Goma et ses alentours, » poursuit Maurizio Crivellaro. « La protection des civils doit être une priorité, et CARE est favorable aux efforts de la MONUC et du gouvernement pour la mise en place de patrouilles de police. »

La recrudescence des violences en RDC provoque non seulement une crise humanitaire, mais interrompt également les efforts des citoyens congolais, soutenus par les agences humanitaires, pour l'amélioration de leur situation après des dizaines d'années de combats et d'instabilité gouvernementale.

En raison de la recrudescence dramatique des combats, CARE a suspendu ses deux principaux programmes dans le nord-Kivu. Le premier est un programme de santé et de prévention de la violence à caractère sexiste et des opportunités économiques, destiné à près d'un demi-million de personnes. Ce programme, mis en place sur le territoire de Rutshuru, vise les populations vulnérables et marginalisées (veuves, jeunes, et groupes ethniques exclus tels que la population Batwa). Le second est le programme « Entreprise, Environnement et Equité », mis en place dans les montagnes de la Virunga dans la région des Grands Lacs. Il a pour objectif la conservation du parc naturel, et apporte un soutien aux populations locales.

« La reprise des combats met à mal le travail que CARE et d'autres agences effectuent pour réduire la pauvreté sur le long-terme, et permettre un futur meilleur aux populations usées par la guerre, » a déclaré Maurizio Crivellaro. « Mais à présent les populations doivent fuir un autre cycle de violences, et tout ce qu'ils ont construit risque d'être anéanti. »

CARE travaille désormais avec d'autres agences humanitaires et les Nations Unies pour mettre en place des programmes d'urgence, pour venir en aide à plus de 375 000 personnes déplacées, ainsi que les communautés locales, grâce à des services d'urgence.

Pour plus d'informations ou pour interviewer Maurizio Crivellaro, directeur de CARE en RDC, merci de contacter :

Alexandra Banget-Mossaz / banget-mossaz@carefrance.org / 01 53 19 89 92 (Paris)
Melanie Brooks / brooks@careinternational.org / +41.795.903.047 (Geneva)
Beatrice M. Spadacini / spadacini@ci.or.ke / +254 (0) 725 22 10 36 (Nairobi)