DR Congo

Des mines aux bancs l’école : l’histoire de Akim

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Le travail des enfants dans les mines et carrières d’exploitation artisanale en République Démocratique du Congo reste un défi majeur. Le gouvernement Congolais s’est engagé à une éradication du travail des enfants, mais les moyens restent limités face à l’ampleur du problème. Aucune étude quantitative n’est venue encore apporter des précisions sur le nombre d’enfants impliqués, mais les estimations faites en 2012 portent le nombre d’enfants dans les mines artisanales à environ 40.000 dont une grande partie sur la ceinture de cuivre et de cobalt dans le Haut-Katanga et dans le Lualaba.

Le village de Luisha, dans le territoire de Kambove, Province du Haut-Katanga est l’une de ces régions où des enfants se retrouvent dans les mines artisanales. Ils constituent une main d’œuvre à bon marché et facilement exploitable. Leur taille leur permet de descendre dans des puits miniers plus difficilement accessibles aux adultes. Ils s’occupent aussi de lavage, de triage et de transport des minerais. C’est une situation en violation flagrante des conventions internationales sur la protection de l’enfant, de même que des lois nationales.

Akim* est l’aîné de sa famille. Il confie avoir commencé à aller dans les mines artisanales à cause de la situation financière difficile de sa famille. Ses parents travaillent aussi dans les mines, mais leurs revenus ne suffisent pas à subvenir aux besoins alimentaires d’une famille de 5 enfants, et encore moins aux exigences en santé et en scolarisation.

Ce qu’Akim rapportait dans sa famille faisait donc une grande différence dans le budget alimentaire de la famille, même si cela était loin de suffire pour envoyer ses frères et sœurs à l’école. Ainsi, il partait courageusement tous les jours vers les carrières et travaillait aussi dur qu’il le pouvait pour rapporter quelque chose chez lui.

Il a plusieurs fois été malade mais a pu toujours se rétablir pour continuer son travail dans les mines. Il a été aussi à plusieurs reprises le témoin des blessures encourues par d’autres compagnons de son âge, travaillant dans les mines pour les mêmes raisons que lui. Depuis qu’il travaille dans les mines, Akim est privé de son enfance.

Un futur encore possible grâce à l’école

Akim avait portant de grands rêves. Il voulait aller à l’école et devenir médecin ! Grâce à l’intervention de l’UNICEF, Akim se rapproche de son rêve : il a quitté les mines et est inscrit dans une école communautaire.

Pour assurer la pérennisation de son éducation, ses parents ont été invités à se constituer en association avec d’autres parents, travaillant en concertation avec le Réseau Communautaire de Protection de l’Enfant (RECOPE). Ils ont mis en place des activités agricoles de maïs et de cultures maraîchères sur 3 hectares de terre, mis à leur disposition par les autorités locales.

Grâce à cela, les parents d’Akim ont pu continuer à payer les frais scolaires pour lui mais aussi inscrire les autres enfants de la famille ! Ils sont contents que leurs enfants puissent échapper aux travail infernal des mines et être sur les bancs de l’école.

Akim est heureux de retourner à l’école mais reste troublé de voir encore beaucoup de ses camarades dans les mines de Luisha. Il demande l’implication du Gouvernement, des acteurs de la société civile et des compagnies minières pour que les enfants de Luisha puissent quitter les mines pour l’école !

Tout le monde a un rêve et tout le monde a le droit à son rêve.

Le travail de l’UNICEF dans les mines du Katanga

L’UNICEF RDC agit en faveur de la protection des enfants dans la Province du Haut-Katanga à travers le renforcement du système de protection communautaire. Tout en ayant un fort accent sur le travail des enfants dans les mines à cause de la particularité de la zone, ce système de protection communautaire permet adresser différents enjeux de protection : violences sur les enfants, enregistrement de naissance, mariage d’enfants, trafic d’enfants, violences sexuelles, etc.

Ce programme géré en partenariat avec la Division des affaires sociales (DIVAS) est financé avec des fonds du Comité National Suisse pour l’UNICEF et les fonds propres de l’UNICEF.