Democratic Republic of the Congo: Bulletin humanitaire R.D. Congo - Numéro 15 | Janvier 2019

FAITS SAILLANTS

• Devant une crise complexe et dans un environnement d’accès difficile, les humanitaires s’emploient à répondre aux besoins des expulsés d’Angola.

• Grâce au Fonds Humanitaire, le tronçon routier Runingu – Marungu est de nouveau praticable.

• Les déplacés de la crise de Djugu décrient l’assistance déséquilibrée. Les acteurs sur le terrain sont plus présents au chevet des déplacés installés à Bunia que ceux qui sont dans des villages, ou encore même des retournés.

• La persistance de l’insécurité, le manque de moyens conséquents pour les acteurs sont, entre autres, des problèmes fragilisant la situation humanitaire du NordKivu. À cela s’ajoute la volatilité de la crise accentuée par la cohabitation des déplacés et retournés dans la plupart des arrivants, à pied. Aucun dispositif d’accueil n’est encore disponible à l’arrivée.

CHIFFRES CLÉS

  • Cas de choléra en 2019, au 27 janvier: 2 896 cas, dont 68 décès

  • Cas de rougeole en 2019, au 27 janvier: 2019 12 809 cas, dont 225 décès

  • Nombre de cas d’Ebola au 2 février: 2019 774 cas, dont 481 décès

Refoulés d’Angola : l’aide d’urgence pour anticiper une crise humanitaire

Au poste frontalier de Kamako, ce dimanche 16 décembre aux environs de 10 heures, Jetaime Kasongo, sa femme et ses quatre enfants venaient de fouler le sol congolais, heureux d’avoir bravé le calvaire du parcours entre l’Angola et la RDC. Malgré son air stressé et fatigué, il affiche un petit sourire en coin, puis un soupir de satisfaction. « Enfin, je suis content de retourner dans mon pays. Plus personne ne viendra encore me demander des papiers ou me contraindre à retourner chez moi. » Jetaime, 36 ans et coiffeur de profession, est originaire de Tshikapa, à environ 130 kilomètres de la frontière angolaise. Il a passé cinq années en Angola pour, dit-il, « aller se chercher ».

Ses quatre enfants sont nés là-bas. Jetaime et toute sa famille faisaient partie de cette cohorte d’environ 200 Congolais reconduits ce matin-là à la frontière dans un gros camion affrété par la police angolaise. Dans l’après-midi de ce même dimanche, même scénario comme ce fût aussi le cas des deux jours précédents : des Congolais, par vagues de plusieurs centaines, ont été refoulés vers le poste frontalier de Kamako.

Au point d’entrée de la frontière, un dispositif sommaire tenu par deux agents de la Direction Générale des Migrations (DGM) enregistre quelques données sommaires des retournés à leur arrivée. Un peu vers la sortie du périmètre frontalier, sous un parasol, une équipe médicale procède à la vaccination des enfants. Puis, destination le centreville de Kamako où les secours d’urgence se mettent en place. Au total, sept kilomètres à parcourir et, pour la plupart des arrivants, à pied. Aucun dispositif d’accueil n’est encore disponible à l’arrivée.

Les données officielles en date du 18 décembre indiquent plus de 373 000 personnes expulsées d’Angola enregistrées à cinq postes frontaliers avec l’Angola, avec plus de 94 000 enfants et plus de 99 000 femmes. Mais la réalité sur le terrain pourrait bien aller au-delà, compte tenu de la soudaineté et du caractère massif de l’afflux de population vers la région du Kasaï, déjà frappée par la précarité due aux conflits armés et intercommunautaires.

Selon le chef de poste de la DGM de Kamako, cette situation d’expulsion massive de Congolais d’Angola s’observe depuis le début d’octobre et le poste frontalier de Kamako est la principale porte d’entrée des expulsés dans la province du Kasaï : « pour le mois d’octobre, nous avons enregistré plus de 200 000 personnes. Au mois de novembre, le nombre était d’environ 10 000. Cependant, au début du mois de décembre, nous avons commencé à enregistrer entre 400 et 500 expulsés par jour. Et si cette tendance est maintenue, nous risquons d’enregistrer à la fin de décembre un nombre beaucoup plus important que le total enregistré lors des deux mois précédents. »

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:
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