DR Congo

Conseil de sécurité : la Chef de la MONUSCO appelle la coalition au pouvoir en RDC à choisir la voie d’une confiance mutuelle

Format
News and Press Release
Source
Posted
Originally published
Origin
View original

Conseil de Sécurité
CS/14319
6 OCTOBRE 2020

En raison de la crise de liquidité qui affecte les Nations Unies et des contraintes horaires qui en résultent, l’intégralité du communiqué sera publiée ultérieurement.

Les membres de la coalition « Cap pour le changement et Front commun pour le Congo » en République démocratique du Congo (RDC), qui hier encore étaient politiquement opposés, doivent surmonter leurs différences et bâtir une confiance mutuelle dans un contexte où la situation politique reste fragile et menace les acquis, a déclaré cet après-midi la Représentante spéciale du Secrétaire général pour ce pays lors d’une réunion du Conseil de sécurité.

Mme Leïla Zerrougui, qui dirige aussi la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), s’est exprimée par visioconférence, comme du reste les membres du Conseil, qui l’ont écoutée présenter son rapport trimestriel sur la situation dans ce pays et les activités de la Mission, qui est engagée dans l’élaboration d’une stratégie de retrait. Son appel intervient dans un contexte où la situation politique congolaise reste fragile et polarisée, notamment entre membres de la coalition.

Mme LEÏLA ZERROUGUI, Représentante spéciale et Chef de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a indiqué que son exposé est une mise à jour de la situation en République démocratique du Congo (RDC), axée sur les tensions politiques continues dans le pays, les progrès accomplis s’agissant de la mission de transition, ainsi que les efforts déployés pour protéger les civils. La haut fonctionnaire a commencé par indiquer qu’en dépit de la pandémie de COVID-19, la MONUSCO maintient ses opérations et assume son mandat. Elle s’est ainsi dotée d’un certain nombre de mesures et de procédures visant à garantir que la Mission ne devienne pas un vecteur de transmission du virus, parmi lesquelles la mise en place de capacités de dépistage et de traitement et des quarantaines imposées aux personnels en rotation de retour de l’étranger. En dépit de ces mesures, des personnels civils et en uniforme de la Mission ont été testés positifs à la COVID-19, a-t-elle indiqué.

Mme Zerrougui a rappelé que, lors de sa dernière intervention devant le Conseil, elle avait souligné la dualité de la situation en RDC. D’un côté, en dépit des divergences, la classe politique congolaise accepte et apprécie les opportunités  offertes par la coalition au pouvoir, le « Cap pour le Changement et Front commun pour le Congo  ». De l’autre cependant, des tensions persistantes sont observées entre les membres de ladite coalition,  menaçant la stabilisation à long terme du pays. À cela, s’ajoutent les risques de politisation dans le choix des candidats pour l’élection présidentielle de 2023, un sujet qui devient une fixation, au détriment des mesures de réformes de la gouvernance et de stabilisation dont le pays a grandement besoin, a mis en garde la Représentante spéciale. La situation politique reste donc fragile et pourrait même effacer les gains acquis, a-t-elle prévenu, en appelant les membres de la Coalition, qui hier encore étaient résolus à ne pas surmonter leurs différences à choisir la confiance mutuelle. Cela doit aussi être l’objectif de la société civile et des partis d’opposition, qui doivent eux aussi faire en sorte que le transfert pacifique du pouvoir devienne une norme en RDC. Pour parvenir à cet objectif, Mme Zerrougui a assuré ne pas ménager ses efforts et user de ses bons offices, en multipliant les entrevues avec les acteurs politiques nationaux pour leur rappeler leurs obligations et les inviter à mettre en œuvre les réformes pour répondre aux besoins pressants de la population.

La Représentante spéciale a ensuite informé le Conseil que ses membres devraient prochainement recevoir la stratégie de transition conjointe vers un retrait de la Mission qu’ils lui avaient demandée. Les discussions avec le Gouvernement sont en cours et le Président congolais, M. Félix Tshisekedi ,a souligné son souhait d’une transition graduelle et responsable, insistant sur la nécessité d’un transfert progressif des tâches de la MONUSCO vers le Gouvernement, en coordination avec l’équipe de pays des Nations Unies.

Mais compte tenu de la complexité de l’environnement en RDC, la Stratégie conjointe est basée sur une série de stratégies régionales spécifiques, adaptées aux besoins particuliers des six provinces, hors Kinshasa, où la Mission  est encore présente.  L’accord signé avec le Gouvernement prévoit que la MONUSCO devra graduellement consolider sa présence dans les trois provinces où persistent des conflits actifs, c’est-à-dire dans les Kivu ainsi qu’en Ituri. Parallèlement, la  Mission  devrait se retirer de la région du Kasaï, qui entrera dans la phase de consolidation post-conflit « relativement bientôt », a précisé Mme Zerrougui. Au Tanganyika, les récentes améliorations dans la situation sécuritaire devraient permettre à la Mission de réduire sa présence militaire, en dépit de l’activité continue des groupes armés locaux et des conflits intercommunautaires de basse intensité qui sévissent dans certaines zones, a-t-elle encore expliqué.

En ce qui concerne la protection des civils, qui figure au cœur des activités de la Mission, Mme Zerrougui a expliqué que cette tâche allait au-delà de la simple conduite d’opérations militaires: la MONUSCO coopère à cet égard avec les autorités congolaises, les communautés locales, la société civile, les organisations de femmes et de jeunes ainsi qu’avec l’équipe de pays des Nations Unies, la Banque Mondiale, le Fonds de consolidation de la paix et les autres partenaires multilatéraux du développement. Pour autant, la stabilisation de l’est du pays dépendra pour une large mesure du démantèlement des groupes armés et de la réintégration  durable des ex-combattants au sein de leur communautés.  Il est  vital, dans ce contexte, d’éviter de répéter les expériences du passé, a-t-elle préconisé, faisant allusion aux mesures d’amnistie et d’intégration dans les forces armées congolaises dont ont bénéficié des ex-combattants. Le fait pour eux d’avoir obtenu des postes de haut rang a été vu comme une forme d’incitation à constituer des groupes armés, conduisant à de nouveaux cycles de violence, a-t-elle prévenu, en appelant à briser ce cercle.

à suivre...