Conseil de sécurité : face aux violences persistantes dans l’est de la RDC, la MONUSCO est appelée à renforcer sa coopération avec l’armée congolaise

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Published on 09 Oct 2019 View Original

CS/13979

CONSEIL DE SÉCURITÉ
8638E SÉANCE – MATIN

Le Conseil de sécurité a, ce matin, salué les résultats « positifs » enregistrés sur le front politique en République démocratique du Congo (RDC) depuis la transition démocratique opérée au début de l’année, tout en s’alarmant des violences persistantes perpétrées contre les civils dans l’est du pays, face auxquelles il a été demandé à la MONUSCO de renforcer sa coopération avec les Forces armées congolaises.

Mise en place de l’Assemblée nationale puis du Sénat, formation d’un gouvernement de coalition, intense activité diplomatique régionale du Président Félix Tshisekedi: autant d’initiatives qui ont enclenché une « nouvelle dynamique positive », s’est félicitée Mme Leila Zerrougui, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour la RDC, qui dirige la Mission de l’Organisation des Nations Unies dans ce pays (MONUSCO).

S’exprimant par visioconférence depuis le Royaume-Uni, Mme Zerrougui a toutefois confié son « inquiétude » face à l’escalade récente des violences armées et intercommunautaires qui ont de nouveau conduit des dizaines de milliers de civils à fuir dans les trois provinces orientales du Nord-Kivu, de l’Ituri et du Sud-Kivu. Déjà confrontée à une grave crise humanitaire et à la deuxième pire épidémie du virus Ebola de l’Histoire, les populations subissent souffrances et exactions aux mains des groupes armés qui opèrent dans ces régions.

« Il faut faire tous les efforts nécessaires pour arrêter les auteurs et les tenir pour responsables de leurs actes », a insisté la Représentante spéciale, appuyée par le Pérou, qui a réclamé une réforme du système judiciaire congolais pour le rendre capable de lutter « contre l’impunité et aussi la corruption ».

En tant que donateur principal en RDC et à la MONUSCO, les États-Unis ont également prévenu qu’ils attendent du Gouvernement congolais des mesures visant notamment une réforme du secteur de la sécurité, de même que l’établissement des responsabilités pour les auteurs de violations des droits de l’homme et le désarmement et la réintégration des anciens combattants.

Mais il faut surtout d’urgence mettre fin aux activités des groupes armés étrangers et locaux qui continuent de déstabiliser ces provinces de l’est depuis plus de 20 ans, a estimé, pour sa part, la Côte d’Ivoire. Ce qui ne pourra se faire sans une implication de tous les acteurs régionaux, en particulier des pays voisins, a insisté son représentant. Toute la communauté internationale doit agir en ce sens, a renchéri la Guinée équatoriale, en appelant l’ONU et les organisations régionales et sous-régionales à unir leurs efforts.

Pour la Chine et l’Indonésie, deux pays contributeurs de troupes à la MONUSCO, cette Mission doit avant tout renforcer sa coopération avec les Forces de défense congolaises dans leurs opérations contre les groupes armés. À l’approche du réexamen du mandat de la MONUSCO fin novembre, l’Afrique du Sud a rappelé qu’une évaluation stratégique indépendante de la Mission devait être présentée par le Secrétaire général à la mi-octobre: tout réajustement du mandat devra tenir compte des développements constatés sur le terrain, a fait valoir le représentant sud-africain.

« Aujourd’hui, le plus grand défi auquel fait face la RDC est celui de la paix, de la sécurité et de la stabilité », avait indiqué le Président Tshisekedi à la tribune de l’Assemblée générale: reprenant ces propos à son compte, son représentant a encore réclamé davantage de coopération de la part de la MONUSCO avec les Forces armées congolaises, « comme le préconise le Secrétaire général dans son rapport », a-t-il précisé.

Il est, selon lui, « d’urgente nécessité » d’adapter la Mission de l’ONU à l’évolution de la situation sur le terrain en concentrant davantage ses capacités opérationnelles aux côtés des Forces armées congolaises: la RDC a encore besoin de la MONUSCO, mais d’une MONUSCO « non pléthorique, bien équipée, forte, dotée d’un mandat adapté », a-t-il conclu. « À l’image de la Brigade d’intervention rapide qui avait jadis mis en déroute le M23 », a rappelé le délégué congolais.

LA SITUATION CONCERNANT LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Rapport du Secrétaire général sur la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (S/2019/776)

Déclarations

Mme LEILA ZERROUGUI, Représentante spéciale du Secrétaire général et Chef de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), s’exprimant en visioconférence depuis le Royaume-Uni, a salué une « nouvelle dynamique positive » à la suite de la transition pacifique du pouvoir en début d’année. Il incombe désormais à l’ensemble de la classe politique congolaise d’œuvrer à la consolidation de la démocratie dans le pays, car l’équilibre des institutions reste fragile, a-t-elle ajouté. La neutralisation des groupes armés qui représentent une menace inacceptable pour les civils est indispensable et il faut aider le Gouvernement à lutter contre eux tout en promouvant un État de droit.

L’escalade récente des violences armées et intercommunautaires engendre des violations des droits de l’homme qui conduisent à des déplacements importants de population au Nord-Kivu, en Ituri et au Sud-Kivu, où un grand nombre de groupes armés, dont les Forces démocratiques alliées (ADF), et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) continuent de faire payer un très lourd tribut à la population qui souffre déjà d’une situation humanitaire grave, a précisé la Représentante spéciale.

Mme Zerrougui s’est dite particulièrement préoccupée par le niveau de violences contre les civils – assassinats, décapitations post mortem, visant notamment des enfants en particulier en Ituri, mutilations génitales des femmes au Sud-Kivu sont inacceptables et très « inquiétantes »: il faut faire tous les efforts nécessaires pour en arrêter les auteurs et les tenir responsables.

La Représentante spéciale a aussi dénoncé des attaques transfrontalières conduites au Rwanda, qui ont fait des morts et menacé la stabilité de la région.

Mme Zerrougui a rappelé qu’il était nécessaire de renforcer les fonctions clefs de l’État, sécurité et justice, pour que le Gouvernement soit plus efficace face aux menaces. Il faut aussi soutenir l’État, afin de renforcer les efforts de médiation et faire taire les discours de haine.

Par ailleurs, la question de la réintégration d’anciens membres des groupes armés après leur reddition volontaire demeure critique. Elle ouvrirait pourtant la voie à une plus grande stabilité dans le pays et doit être soutenue par la communauté internationale, a insisté Mme Zerrougui.

La Chef de la MONUSCO s’est en revanche félicitée de la diminution du nombre de nouveaux cas du virus Ebola en septembre et octobre, grâce à la coordination des efforts conduits. La bataille est toutefois loin d’être gagnée, a-t-elle prévenu, des zones sont toujours affectées par le virus et il reste difficile de faire comprendre aux populations qu’on ne peut y accéder.

M. GBOLIÉ DÉSIRÉ WULFRAN IPO (Côte d’Ivoire) s’est félicité de « l’évolution positive » de la situation sociopolitique en RDC, évoquant notamment la nomination du Premier Ministre, la formation du nouveau Gouvernement et l’approbation par l’Assemblée nationale du programme gouvernemental. Il a exhorté les institutions financières internationales, les agences d’aide au développement et les partenaires bilatéraux à davantage soutenir le Gouvernement congolais afin de consolider la paix et la stabilité.

Le représentant a cependant noté qu’en dépit de ces efforts appuyés par la MONUSCO, la situation sécuritaire dans les provinces orientales de la RDC demeurait préoccupante. Les activités des groupes armés étrangers et locaux continuent de déstabiliser les provinces du Nord et Sud-Kivu ainsi que celle de l’Ituri, a-t-il déploré. Il a ajouté que la neutralisation de ces « forces négatives », bien que relevant de la responsabilité du Gouvernement congolais, ne pourrait se faire sans une implication de tous les acteurs régionaux, en particulier les pays voisins.

Saluant la tenue du Sommet quadripartite des Chefs d’État de la RDC, de l’Angola, de l’Ouganda et du Rwanda, tenu le 12 juillet, et dont les conclusions soulignent l’importance du renforcement de la coopération en matière de paix et de sécurité dans les efforts régionaux de lutte contre les groupes armés dans l’est de la RDC, M. Ipo a encouragé le Gouvernement congolais à mener à bien le processus de désarmement, démobilisation, rapatriement et réintégration dans le cadre de la mise en œuvre de son programme d’action. Il s’est par ailleurs déclaré préoccupé par la situation humanitaire, aggravée par la persistance de l’épidémie d’Ebola dans l’est du pays. Aux difficultés d’accès des agences humanitaires s’ajoute le faible niveau de mobilisation des ressources nécessaires au financement du plan de réponse humanitaire, évalué à 1,65 milliard de dollars, a-t-il souligné, exhortant l’ensemble de donateurs à honorer leurs engagements.

M. LUIS UGARELLI (Pérou) a salué les progrès enregistrés dans le cadre politique de la RDC depuis l’accession à la présidence de Félix Tshisekedi, et notamment la formation d’un gouvernement de coalition. Il y a vu les fondations nécessaires à la stabilisation du pays. Toutefois, le représentant a fait part de sa préoccupation face à la détérioration de la sécurité dans l’est du pays, du fait des groupes armés, qu’ils soient congolais ou étrangers, et des foyers de violence intercommunautaire. C’est pourquoi le Pérou juge très important d’intensifier les synergies entre la MONUSCO et les Forces de sécurité congolaises afin de neutraliser ces groupes. Il faudra aussi compléter cette synergie par une action efficace en termes de désarmement, démobilisation et réintégration sociale des anciens combattants, a ajouté le représentant.

Dans le contexte actuel, les travaux de la composante civile de la MONUSCO sont particulièrement pertinents, a poursuivi M. Ugarelli, citant en particulier tout ce qui concerne la promotion du dialogue, la prévention de la violence sexuelle ou encore la coordination du soutien en provenance des partenaires internationaux. Le Pérou encourage le Gouvernement congolais à favoriser l’adoption d’une réforme du système judiciaire destinée à devenir la pierre angulaire dans la lutte contre l’impunité et la corruption, ainsi que pour surmonter la situation préoccupante et persistante de violation des droits de l’homme. Enfin, la priorité donnée à la fin de la violence ne doit pas mettre au second plan la crise humanitaire, qui s’aggrave même sur le terrain, a conclu le représentant.

M. JOB OBIANG ESONO MBENGONO (Guinée équatoriale) a dit suivre avec beaucoup d’intérêt l’évolution positive de la situation en République démocratique du Congo, liée à l’engagement de la communauté internationale et à la volonté du peuple congolais. Le succès des dernières élections, la désignation d’un gouvernement sont autant d’éléments en faveur de la stabilité. Mais davantage doit être fait. En particulier, la communauté internationale doit aider le pays à restaurer son autorité, sa souveraineté et son intégrité territoriale face aux agissements des groupes armés. Cela doit cependant être fait sans ingérence dans ses affaires intérieures, a averti le représentant.

M. Esono Mbengono a également estimé que la RDC, pays immensément riche en minerais de toute sorte, devait être aidée dans la protection de ses ressources naturelles. Il faut notamment l’aider à mettre au point des outils de traçabilité. C’est pourquoi la Guinée équatoriale appelle l’Union africaine, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et les autres partenaires internationaux cherchent à trouver des synergies de développement avec les États membres de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs pour mettre en œuvre l’Accord-cadre sur la paix, la sécurité et la coopération en République démocratique du Congo et dans la région.

M. HAITAO WU (Chine) a salué les efforts diplomatiques du Gouvernement de la RDC et de son Président. Malgré l’épidémie d’Ebola et aux risques sécuritaires, il a rappelé que le Secrétaire général s’était rendu sur place, notamment dans l’est du pays, y voyant un « témoignage rigoureux du soutien de l’ONU dans cette région ».

Depuis longtemps la MONUSCO joue un rôle important mais elle a encore échoué face aux défis humanitaires et sécuritaires, a jugé le représentant, qui a demandé à la Mission de coopérer de manière plus efficace avec les Forces armées nationales congolaises contre les groupes armés. Il a souhaité que les consultations avec les pays fournisseurs de contingents soient renforcées, pour que les mesures nécessaires soient prises.

Pour la Chine, la coopération régionale est la clef pour lutter contre les groupes armés et faire cesser les flux d’armes. M. Wu a ainsi appelé la MONUSCO à coopérer davantage avec l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs. Entre l’épidémie d’Ébola et les conflits, la situation humanitaire s’est encore détériorée et plus de 13 millions de personnes souffrent de la faim, a rappelé le représentant, qui a invité la communauté internationale à renforcer son appui dans ce domaine.

Mme KELLY CRAFT (États-Unis) a dit se réjouir des avancées politiques enregistrées en RDC avec l’élection d’un nouveau président et la nomination d’un gouvernement. Mais « seules des mesures concrètes pourront prouver au peuple congolais que ce Gouvernement représente le changement pour lequel ils ont voté », a-t-elle dit.

La représentante a ensuite déclaré qu’en tant que donateur principal en RDC et à la MONUSCO, les États-Unis attendaient du Gouvernement congolais qu’il prenne des mesures visant notamment une réforme du secteur de la sécurité. Il faut en particulier que les auteurs des violations des droits de l’homme rendent des comptes et que les anciens combattants soient désarmés et réintégrés.

Les États-Unis apprécient les initiatives diplomatiques prises par le Président Tshisekedi pour instaurer la confiance et des relations de bon voisinage, a assuré Mme Craft. Ils apprécient aussi les initiatives prises pour lutter contre la corruption et promouvoir la bonne gouvernance. C’est pourquoi, lors de la dernière visite du Président congolais à Washington, les États-Unis ont accepté de financer un nouveau programme de lutte contre la corruption en RDC, a-t-elle expliqué, ajoutant que les États-Unis souhaitaient que la bonne gouvernance s’installe dans ce pays.

La représentante s’est enfin réjouie que le rapport du Secrétaire général n’appelle à aucune prise d’action de la part du Conseil de sécurité, car a-t-elle dit, c’est au Gouvernement de la RDC d’agir. C’est ce qu’attendent les États-Unis, a conclu Mme Craft.

M. DIAN TRANSYAH DJANI (Indonésie) a salué les progrès enregistrés sur le plan politique en RDC, à commencer par la formation d’un nouveau gouvernement de coalition. Il s’est félicité de la récente visite effectuée par le Secrétaire général dans le pays mais s’est déclaré inquiet de la situation qui prévaut dans les provinces des Kivus ainsi que dans celle de l’Ituri. À ses yeux, la coopération régionale demeure un élément clef pour traiter la menace que représentent les groupes armés étrangers. Il convient aussi de s’attaquer aux causes profondes des conflits et des crises que connaît la région des Grands Lacs depuis des années. Le représentant a salué à cet égard les mesures prises par le Président Félix Tshisekedi pour renforcer les relations avec les pays voisins et a encouragé les signataires de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération à respecter leurs engagements afin de promouvoir le développement d’une paix durable dans la région.

Le représentant a ensuite évoqué la situation humanitaire, déplorant notamment que, depuis le 1er juin, au moins 197 civils aient été tués en Ituri et plus de 230 000 personnes déplacées. Appelant à une réponse urgente, il a estimé que la coopération entre les Forces armées de la RDC et la MONUSCO était essentielle pour prévenir ces violences. Il a d’autre part noté que l’épidémie d’Ebola était la deuxième la plus importante jamais enregistrée dans le pays et que des maladies comme la rougeole, le paludisme et le choléra continuaient elles aussi d’y semer la mort. Dans ce contexte alarmant, il s’est félicité de la tenue, le mois prochain à Goma, de la Conférence internationale sur la santé publique dans laquelle il a vu l’occasion pour la communauté internationale de se porter au secours du peuple congolais. Il a appelé le Conseil et les États Membres à soutenir ces efforts.

Enfin, M. Djani a rappelé le rôle crucial joué par la MONUSCO en RDC et souhaité que la situation financière difficile de l’ONU n’empêche pas la Mission de remplir son mandat. Selon lui, le mandat et les ressources devraient aller de pair. De plus, a-t-il fait valoir, les engagements budgétaires pris en matière de maintien de la paix devraient se concrétiser sur le terrain. Pour sa part, a-t-il souligné, l’Indonésie maintient son appui en tant que principal fournisseur de contingents à la MONUSCO. Sa contribution s’élève aujourd’hui à 1 044 hommes et femmes, parmi lesquels figurent 28 femmes Casques bleus et 850 membres d’un bataillon de déploiement rapide, a-t-il rappelé.

M. JERRY MATTHEWS MATJILA (Afrique du Sud) a salué la formation d’une nouvelle coalition gouvernementale en RDC, sa nature consensuelle et son approche respectueuse des femmes, avec une augmentation de leur représentation de 10 à 17%. Il a aussi observé une tendance positive: la restauration de la confiance entre la RDC et les pays voisins. Elle démontre son engagement à mettre totalement en œuvre l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la région.

Concernant l’est du pays, les problèmes militaires et humanitaires persistent (conflits intercommunautaires, Ebola), comme discutés lors d’une réunion du Conseil de sécurité de la semaine dernière consacrée à la région des Grands Lacs. Partageant les inquiétudes exprimées par le Secrétaire général dans son rapport, l’Afrique du Sud a condamné les attaques armées contre les centres de traitement du virus et leur personnel, salué le lancement de la Mission de soutien de l’Union africaine à l’épidémie d’Ebola en RDC (ASEDCO) et salué les efforts du coordinateur de la Mission des Nations Unies pour l’action d’urgence contre l’Ébola (MINUAUCE).

Concernant la situation humanitaire dans l’est du pays, l’Afrique du Sud a mentionné le rôle vital joué par la MONUSCO en collaboration avec les autorités congolaises, et les efforts de la Brigade d’intervention contre les agissements des groupes armés.

Cependant, dans l’attente des résultats émanant de l’évaluation stratégique indépendante de la MONUSCO par le Secrétaire général, M. Matjila a estimé que tout ajustement concernant le mandat de la MONUSCO devrait être basé sur les évènements rapportés sur le terrain.

Soutenant les efforts continus de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) pour aider le Congo à atteindre une paix durable, l’Afrique du Sud a encouragé la collaboration entre les Nations Unies et l’Union africaine pour consolider la paix et la stabilité en RDC.

M. IGNACE GATA MAVITA WA LUFUTA (République démocratique du Congo) a indiqué qu’au cours de la période considérée, le Président du pays, M. Félix Tshisekedi, avait mené une intense activité diplomatique l’ayant conduit dans plusieurs pays de la région afin de réaffirmer son engagement à développer des relations de bon voisinage et une coexistence pacifique avec eux, dans le plein respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la RDC et des autres États. Le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres a également visité la RDC, du 31 août au 2 septembre dernier, à l’invitation de M. Tshisekedi, a précisé le représentant. Au cours de cette visite, ce dernier a réitéré sa confiance en l’ONU, y compris dans le cadre de la lutte contre la propagation de la maladie à virus Ebola, qui sévit dans le pays depuis près d’un an dans la région de Béni.

Il a également saisi l’occasion de rappeler les engagements pris par le Président Tshisekedi lors de son investiture et devant la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies, notamment ceux de lutter contre « les forces négatives, jusqu’à leur éradication totale », en prenant en compte toute la dimension régionale et internationale d’un tel objectif. Concernant la revue stratégique de la MONUSCO, le Président Tshisekedi, cité par son représentant, estime en outre qu’il y a « une convergence de vues avec le Secrétaire général sur la nécessité de réadapter la configuration de la MONUSCO à l’évolution de la situation sur le terrain, en concentrant davantage les efforts sur les capacités d’intervention opérationnelle des Forces onusiennes aux côtés des Forces armées de la RDC. En d’autres termes, la RDC a encore besoin de la MONUSCO, mais d’une MONUSCO non pléthorique, bien équipée, forte, dotée d’un mandat adapté, à l’image de la Brigade d’intervention rapide qui avait jadis mis en déroute le M23 ».

S’exprimant sur la situation sécuritaire en RDC, le représentant a dit se réjouir que les Forces armées de la RDC et la MONUSCO vont, non seulement poursuivre leur coopération, mais également l’intensifier pour venir à bout de tous les groupes armés et restaurer définitivement la paix longuement attendue dans l’est du pays. C’est dans cet esprit, que les autorités congolaises viennent de mettre en place un ambitieux programme d’action visant la pacification du pays, la promotion de la réconciliation, la cohésion et l’unité nationale ainsi que le renforcement de l’autorité de l’État. Il aura besoin de l’appui de la MONUSCO pour l’accompagner dans cette tâche, a ajouté le représentant en conclusion.

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