DR Congo

Conférence de presse MONUSCO du mercredi 06 avril 2011

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mercredi 06 avril 2011

Madnodje Mounoubai: Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, Membres de la presse, Auditeurs de Radio Okapi, Bonjour et bienvenu à notre rendez-vous hebdomadaire de tous les mercredis.

Comme vous le savez déjà, la famille des Nations Unies en RDC est en deuil. En raison de cette situation particulière, nous n'aurons qu'une seule présentation mais nous prendrons par la suite toutes les questions que vous pourriez avoir.

Le lundi 04 avril 2011, un des avions de la MONUSCO s'est écrasé peu avant 14 heures lors de son atterrissage à l'aéroport international de Kinshasa N'Djili. Il s'agissait d'un appareil Bombardier CRJ-100 faisant la liaison régulière entre Kisangani et Kinshasa avec à son bord 29 passagers et 4 membres d'équipage, soit un total de 33 personnes.

Nous pouvons vous confirmer aujourd'hui que seule une personne a survécu à cette tragédie. Elle est dans un hôpital de la place où elle reçoit en ce moment des soins appropriés.

Tous les efforts sont déployés pour identifier rapidement et positivement les victimes sur base du manifeste. L'opération suit un processus rigoureux et contraignant en vue d'éviter des erreurs quelconques lors de l'identification. Le nom de chaque victime ne sera rendu public qu'après que son identité soit certifiée et qu'un proche parent soit avisé.

Nous comprenons l'anxiété et l'angoisse des parents, amis et familles des personnes sensées être sur ce vol mais cette procédure répond à un protocole rigoureux et vise à éviter des erreurs et des peines inutiles.

Pour les fonctionnaires internationaux, le Siège de New York se chargera d'en faire la notification et, au niveau de la Mission, la notification sera faite par la MONUSCO ou l'Agence pour laquelle la victime travaillait. La MONUSCO coordonne les opérations avec les Agences, les entités gouvernementales, ou encore les organisations impliquées.

A titre d'information, sachez qu'immédiatement après la catastrophe, la Mission a mis en œuvre les Procédures d'Intervention d'Urgence et de Gestion de Crises. L'Intervention de la Mission est conduite par le Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour la RDC à travers une Equipe Intégrée de Gestion de Crise à laquelle participe la MONUSCO et l'Equipe-Pays. L'intervention au niveau globale est soigneusement coordonnée avec le Siège et le Gouvernement hôte.

Au niveau opérationnel, la Section chargée de la Logistique (CISS), les Affaires civiles (CAS) ensemble avecla Division de l'Information Publique(PID)et le Centre opérationnel conjoint (JOC), sous la direction du Directeur de Cabinet et du Directeur de Soutien à la Mission, travaillent ensemble pour s'assurer que des actions appropriées sont prises.

Aujourd'hui, mercredi 6 avril, le Secrétaire Général des Nations Unies a demandé que tous les bureaux des Nations Unies à travers le monde mettent leur drapeau en berne en reconnaissance des pertes que les Nations Unies ont enregistrées au cours de dernières semaines, non seulement ici en RDC, mais aussi en Afghanistan, en Côte d'Ivoire et en Haïti.

Hier mardi 5 avril, Le Représentant spécial du Secrétaire Général pour la RDC et chef de la MONUSCO, Roger Meece, accompagné de ses deux adjoints, Leila Zerrougui et Fidèle Sarassoro ainsi que de plusieurs autres cadres de la MONUSCO, ont visité le site de l'accident. Le Représentant spécial du Secrétaire Général s'est dit choqué face à l'ampleur des dégâts et a, au nom de l'ensemble du personnel de la MONUSCO, exprimé ses condoléances les plus attristées aux familles éplorées et leur a assuré que le processus d'identification des corps sera menée avec la plus grande diligence.

Cet accident est «une perte énorme pour la MONUSCO et pour toutes les Nations Unies», a-t-il déclaré. Il a aussi exprimé sa profonde gratitude au personnel de l'aviation civile ainsi que les autres services d'urgence spécialisés pour le professionnalisme dont ils ont fait montre pendant cette tragédie.

M.Meece a tenu à rappeler la fiabilité des avions de la MONUSCO, dont «ce crash est le premier qu'enregistre la flotte aérienne de cette organisation onusienne en RDC depuis plus de dix ans», tout en regrettant que « c'est un crash de trop». Les enquêtes sont toujours en cours pour déterminer les causes de cet accident et l'identification des victimes se poursuit.

Nous allons terminer avec deux annonces :

La première : un centre d'appel fonctionnant 24/24 a été ouvert pour répondre aux questions des familles. En RDC, les numéros sont les suivants : 099 706 4447 ou le 081 890 4447. Au niveau international, il y a un numéro au siège à New York : +1 212 963 1086.

La deuxième annonce : Un service en l'honneur de la mémoire de nos amis et collègues sera organisé dans les jours à venir. Plus d'informations seront rendues publiques au fur et à mesure qu'elles seront disponibles.

Un dernier point : Nous voulons remercier le peuple congolais pour les nombreux appels de soutien, d'encouragement et des condoléances qu'ils nous ont adressés depuis le début de cet événement tragique.

Situation militaire

A l'Ouest de la République Démocratique du Congo, dans le Maniema et au Katanga la situation sécuritaire est relativement stable. La province de l'Equateur a été marquée par la poursuite de l'appui de la Force de la MONUSCO aux efforts de consolidation de la réconciliation entre Monzaya et Enyele. Aussi, en vue d'une stabilisation à long terme de la province et dans la perspective d'un retour des réfugiés, 172 policiers sont entrain d'être déployés dans les localités de Dongo, Enyele, Imese et villages environnants.

Dans le cadre de la surveillance fluvio-maritime, l'unité de la « Riverine » de la Force de la MONUSCO et les forces navales des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) mènent des patrouilles conjointes de présence et de dissuasion sur le fleuve Congo et la rivière Oubangui, notamment entre Kinshasa et Kwamouth.

En Province Orientale, l'opération « Bamangana 2 » a pris fin le 31 mars 2011 dans le Bas-Uélé. Elle a permis aux sections substantives civiles de la MONUSCO, au Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), à l'Organisation pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) et autres agences de conduire une évaluation conjointe exhaustive de la situation sécuritaire et humanitaire de la zone. Dans ce cadre, de l'aide humanitaire a été distribuée aux populations affectées et des contacts pris avec certains témoins des récentes attaques de l'Armée de Résistance du Seigneur (LRA).

Cette opération a surtout permis de restaurer la confiance des populations et encourager le retour des déplacés ; de plus, elle a dissuadé de nouvelles attaques de la LRA dans la zone de Banda et Bamangana tout en rapprochant les forces de sécurité aux populations. Elle a aussi offert à la « Task force » l'opportunité d'une meilleure familiarisation avec la zone d'action.

Dans un autre ordre d'idées, la Brigade de l'Ituri a rapporté que le 24 mars 2011, une fille de la localité de Gbagba, située à 21 kilomètres au Nord-est de Niangara, kidnappée il y a deux mois par la LRA, a réussi à s'échapper pour se réfugier à Nakpudu, à 20 kilomètres à l'Ouest de Duru. Elle a été mise à la disposition de l'Etat- major de la brigade FARDC de Dungu.

En Ituri, quelques groupes résiduels des milices continuent à exploiter des objectifs d'opportunité à des fins de survie. Suite au pillage perpétré par des miliciens dans la localité de Kodai, à 18 kilomètres au Sud-ouest de Marabo, le 30 mars 2011, les FARDC ont lancé une opération spéciale de contrôle de zone dans la vallée de Similiki en liaison avec la Brigade de l'Ituri qui a intensifié ses patrouilles de couverture dans la zone.

Ces opérations ont même poussé un milicien du Front de Résistance Patriotique de l'Ituri (FRPI) à se rendre à Bukiringi le 31 mars 2011. Quatre autres se sont rendus le 3 avril 2011au bataillon FARDC à Chekeley (côté d'Aveba) avant d'être transférés par la Force de la MONUSCO à l'Etat- Major FARDC de Bunia le 4 avril 2011.

Dans le cadre du soutien logistique au FARDC, la Brigade de l'Ituri a transporté un bataillon FARDC de Marabo à Eringeti dans la période du 31 mars au 5 avril 2011.

Dans le Nord-Kivu,les territoires de Walikale, Rutshuru et de Lubero sont encore relativement fragiles, même s'il est observé cette semaine une baisse des incidents liés aux Forces démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) et autres groupes armés.

Le 29 mars 2011, un combattant FDLR et 3 enfants associés aux groupes armés se sont rendus à la base opérationnelle de la Force de la MONUSCO à Masisi et ont été mis à la disposition du DDRRR.

Le 29 mars 2011, dix éléments Mayi-Mayi Kifuafua se sont rendus au DDRRR de Ngungu avec deux armes AK-47 et un nombre important de munitions.

Le DDRRR a rapporté la démobilisation de 98 FDLR à Nyabiondo dont 60 Rwandais et 38 Congolais. Il a aussi procédé à la démobilisation et au rapatriement au Rwanda de 80 combattants FDLR, et 57 éléments congolais de groupes armés pendant le mois de mars 2011.

Quant à la Section de Protection de l'Enfant, elle a procédé à la prise en compte de quinze enfants associés aux FDLR, Mayi-Mayi Patriotes Résistants Congolais (PARECO), FARDC, APCLS, et Mayi-Mayi Mongol.

Au plan des opérations, les FARDC poursuivent leurs opérations contre l'Alliance des Forces Démocratiques (ADF) dans la zone de Beni Mbau, tuant sept combattants ADF. Cette opération a été lancée en réaction à l'attaque surprise sur une position FARDC au cours de laquelle trois soldats FARDC ont été tués. L'opération a néanmoins permis aux FARDC de reprendre le contrôle de la localité de Makoyova, à 60 kilomètres au Nord de Beni.

Dans les territoires de Lubero et de Rutshuru, des accrochages entre les groupes d'auto-défense et les FDLR sont signalés notamment à Nyabiondo, causant la mort de seize FDLR et la récupération de quinze armes par les groupes de défense locale. Ces incidents ont néanmoins provoqué des déplacements limités de populations craignant des représailles.

Le 3 Avril 2011, le Major Patient, ancien déserteur FARDC s'est rendu à la 122 ème brigade FARDC située à Bulundi, à 20 kilomètres au Sud-ouest de Kanyabayonga, avec 38 éléments FDLR.

Suite à la menace d'attaque probable de la localité de Mutokato par les FDLR, et conformément à son mandat de protection des populations civiles, la brigade de la Force de la MONUSCO du Nord-Kivu y a procédé à un déploiement d'urgence d'une unité opérationnelle.

Dans le Sud-Kivu, la situation sécuritaire reste dominée par la tendance positive à la reddition et à l'intégration des groups armés dans les FARDC.

Dans la période du 23 au 26 mars 2011, l'opération unilatérale menée par le 4423ème bataillon FARDC situé dans la localité de Kahongo, à 60 kilomètres au Sud-ouest de la base opérationnelle de Minembwe, a nettoyé la zone des FDLR.

Dans la période du 1er au 4 avril 2011, cinq combattants FDLR se sont rendus respectivement à la base opérationnelle d'Adikivu, de Minova et Kalehe et ont été mis à la disposition du DDRRR de Bukavu.

L'UNHCR a informé la base opérationnelle de Lubimbe 2 de la reddition d'un combattant FDLR et de deux réfugiés Rwandais remis au DDRRR en vue de leur rapatriement.

Les FARDC, la Police Nationale Congolaise (PNC) et la MONUSCO continuent à mener des patrouilles conjointes à Shabunda et environs dans le but de rassurer les populations, suite aux récentes exactions d'individus armés dans la localité de Nyalubemba, et quelques villages périphériques de Shabunda.

Enfin, concernant les statistiques des patrouilles, la Force de la MONUSCO a mené 1.606 patrouilles armées, y compris 362 patrouilles nocturnes, et fourni 84escortes, pendant que 344 autres patrouilles ont été menées par les Observateurs Militaires de la Force.