DR Congo

Conférence de presse du Sous-Secrétaire général aux opérations de la paix, M. Edmond Mulet, sur la situation dans l'est de la RDC

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Le Sous-Secrétaire général aux opérations de la paix, M. Edmond Mulet, a estimé aujourd'hui que la situation en République démocratique du Congo (RDC) avait pris, au cours des derniers jours, « un tournant en direction du pire ». Il s'adressait aux journalistes lors d'un point de presse au Siège, à New York.

Alors que se tient actuellement un Sommet régional à Nairobi en vue de trouver une issue à la crise, et auquel participent M. Ban Ki-moon, les Présidents de la RDC, M. Joseph Kabila, et du Rwanda, M. Paul Kagamé, ainsi que d'autres dirigeants régionaux et de hauts responsables de l'Union africaine (UA), M. Mulet est revenu sur les violations du cessez-le-feu dans l'est du pays.

Le 4 novembre, des combats ont repris dans la localité de Kiwanja, un village situé à quelques kilomètres de Rutshuru, en territoire rebelle, entre la milice ethnique des Patriotes résistants congolais (PARECO) et les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda, a dit Edmond Mulet.

Il a ajouté que, depuis, d'autres fronts s'étaient ouverts aux alentours de Goma, mettant cette fois aux prises la coalition des PARECO et de la milice Maï-Maï, et, d'autre part, le CNDP. D'autres combats ont éclaté dans la zone de Nyanzale, située à 80 kilomètres au nord de Goma, entre cette fois le CNDP et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), a encore dit M. Mulet.

Le Sous-Secrétaire général a expliqué que la multiplicité des fronts rendait l'action des militaires de la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) particulièrement difficile, pour tenter à la fois d'empêcher les affrontements et de permettre de répondre aux besoins humanitaires des milliers de nouveaux déplacés.

Pour ce qui est des assassinats de civils par des groupes armés, M. Edmond Mulet a confirmé qu'au moins 12 habitants de Kiwanja avaient été tués dans leur maison le jeudi 4 novembre. Il a fait savoir que des membres de la MONUC et les autorités locales étaient toujours à pied d'œuvre pour établir les faits et identifier les auteurs de ces crimes survenus suite à une offensive du CNDP pour reprendre Kiwanja aux Maï-Maï.

M. Edmond Mulet a ensuite déclaré que, face à la détérioration de la situation sur le terrain, il souhaitait ardemment que le Conseil de sécurité réponde favorablement et sans délai à la demande de la MONUC d'accroître le nombre de ses troupes en RDC, actuellement de 17 000. Ce chiffre peut paraître important pour un œil extérieur, a-t-il dit, mais le territoire à couvrir est immense et les foyers de tension se multiplient dans les points très éloignés les uns des autres.

M. Mulet a également souligné qu'il n'existait aucune solution militaire à la crise. L'issue du Sommet de Nairobi nous permettra d'y voir plus clair quant aux options politiques, et uniquement politiques, à privilégier, a-t-il signalé.

Il a indiqué que l'Envoyé spécial du Secrétaire général pour la situation dans l'est de la RDC, l'ancien président du Nigéria, M. Olusegun Obasanjo, ferait un exposé au Conseil de sécurité sur les résultats du Sommet, mardi 11 novembre, et proposerait à cette occasion un plan de reconfiguration de la MONUC.

Répondant brièvement aux questions, M. Edmond Mulet a été ferme concernant la présence de troupes angolaises sur le territoire de la RDC. Cela est faux, a-t-il dit, précisant que certains soldats des FRDC ayant été formés en Angola pouvaient parfois s'exprimer en portugais, d'où une éventuelle confusion de la part de témoins.

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