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Conférence de Kinshasa : La réintégration des anciens combattants essentielle à la consolidation de la paix

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(Adapté de l'anglais)

KINSHASA, 14 juin -- Le retour à la vie civile des anciens combattants est un des éléments les plus complexes et les plus importants pour la consolidation de la paix dans les pays africains sortant à peine d'un conflit, ont conclu les participants à la deuxième Conférence internationale sur le désarmement, la démobilisation et la réintégration qui s'est tenue à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), du 12 au 14 juin dernier. Il exige, ont-ils ajouté, un engagement et une collaboration plus large de la part des parties prenantes africaines et de leurs partenaires internationaux.

Près de 200 personnes, issues de plus de 20 pays africains et de pays donateurs, d'organisations régionales et internationales, ainsi que de groupes non gouvernementaux ont participé à cette conférence de trois jours.

La RDC, coorganisatrice avec le Bureau du Conseiller spécial des Nations Unies pour l'Afrique, émerge elle-même d'un conflit destructeur et son expérience constitue ainsi un exemple des défis et des opportunités que présentent les programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) à travers le continent.

La Conférence s'est réunie « à un moment où la République démocratique du Congo, victime de conflits sanglants et inutiles, entreprend une nouvelle phase de sa jeune existence: l'état de droit et la consolidation démocratique », a déclaré le Président congolais Joseph Kabila. Dans ce message, prononcé à l'ouverture de la Conférence par le Ministre congolais des affaires étrangères, Mbusa Nyamwisi, M. Kabila souligne que, malgré le désarmement et la démobilisation en RDC de plus de 100 000 anciens combattants, le processus demeure incomplet.

Le Président Kabila s'est, par conséquent, félicité de l'objectif fixé d'échanger des expériences et des leçons à travers l'Afrique afin d' « améliorer l'efficacité des programmes de DDR » sur le continent et d'y « créer les conditions d'une paix et d'un développement économique durables ».

Les Africains doivent se situer à la pointe des efforts en matière de désarmement et de réintégration sur leur continent, ont observé les conférenciers. Selon William Lacy Swing, Représentant spécial du Secrétaire général en RDC, la deuxième Conférence internationale sur le désarmement, la démobilisation et la réintégration en Afrique visait à obtenir une meilleure incorporation des « voies et des voix africaines » dans les programmes de DDR.

M. Swing, qui coprésidait l'événement, a mis l'accent sur le fait que la Conférence permettrait de renforcer la capacité des experts africains en matière de désarmement, démobilisation et réintégration et de leurs partenaires, après la première conférence du genre, à Freetown, en Sierra Leone, en juin 2005. L'appui des Nations Unies aux efforts africains en faveur d'une amélioration des opérations de DDR fait partie d'un engagement plus large pour la paix et la prospérité en Afrique, a ajouté M. Swing, citant, à cet égard, les propos que le Secrétaire général, Ban Ki-moon, avait tenus lors de sa visite en RDC, au mois de janvier, son premier voyage officiel après sa prise de fonctions à la tête de l'Organisation.

Les pays africains ne doivent pas seulement prendre en charge les programmes africains de DDR, « ils doivent constituer l'âme de ce processus », a déclaré, de son côté, l'Ambassadeur de Belgique en RDC, Johan Swinnen. Le rôle de la communauté internationale, a-t-il ajouté, est de fournir un appui financier et technique à ces efforts.

La conférence elle-même a été rendue possible grâce au soutien généreux de la Belgique et de la Suède. La réintégration réussie des anciens combattants est particulièrement importante pour l'Afrique, a souligné M. Swinnen, notant que l'échec de tels programmes avait fait retomber certains pays dans la guerre et l'instabilité.