Colette Tshomba Ntundu : « La diaspora est considérée comme la douzième province de la RDC »

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from Le Potentiel
Published on 15 Jun 2009 View Original
Par Freddy mulumba kabuayi

Mme Colette Tshomba Ntundu, vice-ministre en charge des Congolais de l'étranger, vient d'écrire un livre de 130 pages intitulé « Reconstruire la République démocratique du Congo avec les Congolais de l'étranger : axes stratégiques et principaux défis ». Le samedi, 13 juin 2009, ce livre a été porté sur les fonts baptismaux par le ministre des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba. La cérémonie s'est déroulée en présence de plusieurs personnalités du monde politique, diplomatique, économique. Plusieurs invités de marque ont aussi pris part, au salon Okapi de l'hôtel Venus, au baptême de ce livre écrit dans un style simple, narratif mais accrocheur. Les lignes qui suivent se rapportent à l'interview que l'auteur a bien voulu accorder à la presse à cet effet.

D'o=F9 vous vient l'idée de concevoir un ouvrage impliquant la diaspora congolaise dans la reconstruction nationale ?

Ce livre prend appui sur mon expérience professionnelle en qualité de vice-ministre en charge des Congolais de l'étranger. Paru dans la collection Comptes rendus, aux éditions L'Harmattan à Paris, ce livre constitue en soi un compte rendu fidèle de mes activités, au cours de ces 30 derniers mois en qualité de vice-ministre chargée de matérialiser la volonté du président de la République, Joseph Kabila Kabange, d'impliquer d'une manière significative les Congolais vivant en dehors de la mère-patrie, dans la reconstruction effective de notre pays. Je saisis l'occasion que vous m'offrez pour lui redire mon attachement et ma gratitude patriotique à ce sujet. J'exprime également ma reconnaissance au Premier ministre ainsi qu'à l'actuel ministre des Affaires étrangères pour leur sollicitude renouvelée à mon égard. J'associe à ces hommages l'actuel ministre de la Décentralisation et Aménagement du territoire qui a encadré mes premiers pas en sa qualité de ministre d'Etat en charge des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du premier gouvernement post-électoral en RDC. Dans tous les cas, l'idée d'écrire et donc de rendre compte procède de l'éthique démocratique dès lors que la démocratie est fondée depuis ses origines grecques sur la prise à témoin du public, représenté ici par les Congolais de l'étranger. Quoi de plus étonnant enfin que la journaliste professionnelle que je m'honore de retracer, dans une perspective narrative, les principales activités de terrain menées en vue d'une mobilisation participative de la diaspora congolaise aux cinq chantiers de la République.

Peut-on connaître les principales actions de terrain que vous avez conduites au bénéfice de cette diaspora ?

Je peux avouer sans crainte d'être démentie que les actions de mobilisation que j'ai menées ont débouché sur un véritable éveil de conscience dans le chef de nos compatriotes de l'étranger. La capitalisation de l'expérience et du savoir-faire de nos compatriotes de la diaspora dont l'appui à la reconstruction nationale est de plus en plus perceptible ; la tenue à Kinshasa des Premières assises nationales à l'intention des Congolais de l'étranger ; la création de « la Maison des Congolais de l'étranger et des Migrants », MCDEM, qui constitue un véritable outil de lutte contre l'immigration clandestine et donc un support incontournable dans la facilitation de la migration de développement ; la mise à la disposition des Congolais de l'étranger d'un site qui abritera, grâce à leur implication résolue, la cité que leur dédie le chef de l'Etat ... font partie de mes modestes réalisations. La mise au point, dans une perspective pédagogique, d'une stratégie de communication interactive et participative à travers laquelle le ministère des Affaires étrangères s'efforce d'informer, de convaincre de séduire et de vendre auprès de cette cible, la politique et l'image du gouvernement et du chef de l'Etat en matière de migration.

L'élaboration d'un projet de décret portant création d'une Caisse de solidarité des Congolais de l'étranger ; la signature d'un contrat de partenariat avec la Société nationale d'assurances (Sonas), autour notamment de l'assurance santé et de l'assurance obsèques ; la mise en place d'un réseau de partenaires qui va de l'ambassade suisse à l'ambassade britannique en passant par le PNUD, l'USAID, l'OIM, MIDA, la Banque Mondiale, les missions de coopération néerlandaise et norvégienne, etc. désormais déterminés à appuyer le gouvernement dans la définition d'une politique de migration performante et attrayante dans notre pays ; méritent d'être également épinglés. Je ne saurais passer sous silence l'intégration à ce réseau d'un certain nombre de partenaires privés dont la FIBANK, la BIAC, la Banque congolaise, la RAW BANK, l'AFRILAND BANK ou encore le rapprochement entre l'élite intellectuelle congolaise et les milieux universitaires congolais. Et cette liste est loin d'être exhaustive.

Quel est le canevas de lecture de votre livre ?

Au-delà des indications bibliographiques se rapportant à l'auteur, ce texte de cent trente pages est un condensé d'études thématiques rédigées dans un style alliant les hyperboles et les euphémismes. Je rends donc compte de mes activités depuis ma désignation comme vice-ministre en charge des Congolais de l'étranger pour déboucher sur la définition des axes stratégiques et l'inventaire de principaux défis de mobilisation des Congolais de la diaspora, de plus en plus impliqués dans la reconstruction de leur pays. Au sujet des études thématiques, elles donnent la mesure certes des attributions mais aussi du combat mené quant à ce. Dans le premier chapitre, je circonscris les termes diaspora, mondialisation ainsi que le binôme migration et développement avant de revenir sur l'appel lancé à la diaspora congolaise par le chef de l'Etat, Joseph Kabila Kabange, conscient du potentiel économique, social et humanitaire qu'elle représente. Issu de cette même diaspora, le président de la République est sans doute très bien placé pour adresser à cette composante de notre communauté nationale, considérée comme la douzième province de la RDC, un message susceptible d'emporter son adhésion. Au terme de ces considérations théoriques, le deuxième chapitre relate les péripéties de ma longue campagne d'information et de sensibilisation dans une dizaine de pays d'Europe, d'Asie et d'Afrique. Un périple qui m'a permis d'écouter et de cerner les préoccupations de nos concitoyens de l'extérieur dont les suggestions ont, d'une manière ou d'une autre, été prises en compte dans l'élaboration de nos politiques publiques en cette matière. Il fallait les entendre avant de nous inspirer des expériences des autres. Aux troisième et quatrième chapitres, j'exprime modestement ma fierté d'avoir initié et réalisé, sous le haut patronage du chef de l'Etat, les Premières assises nationales des Congolais de l'étranger, du 30 juillet au 5 août 2008 avec l'appui du PNUD, que je remercie au passage. Cette rencontre historique a permis à notre diaspora de prendre la mesure de la volonté politique du gouvernement de les rapprocher plus que jamais de cet Etat-Nation, qui reste à jamais notre patrimoine commun. Le cinquième chapitre dévoile les principales recommandations de ces assises qui ont eu entre autres mérites de poser, pour la première fois et à très haute voix, des questions complexes liées notamment à la problématique de la double nationalité, du droit de vote, des visas permanents. Avant de doter nos associations de l'extérieur d'un cadre fédérateur, à savoir la Coordination générale des Congolais de l'étranger, interface du gouvernement animée par un comité provisoire dont je salue l'intuition et l'imagination. La création de la Maison des Congolais de l'étranger et des Migrants (MCDEM), l'institution d'un site Internet y relatif (www.mcdem.cd), la désignation des points focaux au sein de chacune de nos ambassades, ainsi que la promotion du dialogue et des partenariats migratoires sont depuis devenus une réalité. Si le sixième chapitre présente le projet de création de la Maison des Congolais de l'étranger et des Migrants comme une conséquence fatale des ces assises, le septième chapitre parle, de manière sommaire, de la stratégie et des interventions de l'Organisation internationale pour la migration en RDC. Voilà pourquoi le huitième chapitre inventorie, dans une sorte d'ouverture théorique les axes stratégiques de mobilisation articulés autour de quatre principaux concepts : informer, convaincre, séduire, vendre.

Que dites-vous en résumé autour de la question de la diaspora ?

En un mot comme en plusieurs, je dis que, hier victime de la risée générale (la connotation de diasa restée à plusieurs égards péjorative), les Congolais de l'étranger jouissent aujourd'hui d'un statut économique, social et intellectuel des plus en plus valorisé. Mon souci le plus ardent est qu'ils comprennent toujours davantage que la République est plus chère que nos vies et que ce que le chef de l'Etat demande à nous tous ainsi qu'à cette diaspora pleine d'initiatives et qu'elle donne le meilleur d'elle-même pour certes prendre part au chantier de la reconstruction nationale tout en contribuant à l'amélioration de l'image extérieure de notre pays. A ce titre, cette diaspora constitue, qu'elle l'accepte ou qu'elle ne l'accepte pas, l'un des miroirs qui reflète en permanence l'image de notre pays. Aussi doit-elle s'efforcer de donner partout o=F9 elle se trouve la meilleure représentation de ce pays don béni de Dieu et unique héritage reçu de nos ancêtres.