DR Congo

CARE analyse rapide de genre – COVID 19: DRC - Nord Kivu, Sud Kivu & Kinshasa, septembre 2020

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Résumé

Depuis le début de l’épidémie déclarée le 10 mars 2020 jusqu’en date du 26 Aout 2020, le cumul des cas est de 9.915, dont 9.914 cas confirmés et 1 cas probable. Au total, il y a eu 255 décès (254 cas confirmés et 1 cas probable) et 9.020 personnes guéries.

En RDC, la prévention et la réponse à la pandémie COVID 19 sont guidées au niveau National par un « Plan de préparation et de riposte à l’épidémie de COVID 19 » publié en début Mars 2020. Ce plan comprend 9 objectifs bien définis mais les aspects spécifiques aux questions de protection transversale et de genre sont faiblement développés.

Quoi que les données nationales qui renseignent sur la situation épidémiologique en RDC ne soient pas désagrégées par âge et par sexe, il est évident que les hommes, femmes, filles et garçons des différents âges, situations sociales confondues ne sont pas touchées de la même manière par la pandémie à COVID 19 surtout que déjà traditionnellement, il s’observe un déséquilibre entre les hommes, les femmes, les filles et les garçons au niveau des rôles, responsabilités, accès et contrôle, participation et prise de décision et au niveau des aspects de protection.

Dans le souci d’améliorer sa mise en œuvre pendant la période de la pandémie, CARE I DRC a fait une analyse genre rapide période du 15 Avril jusqu’en fin Mai 2020. Une mise à jour a été faite sur base des informations recueillies le 18 Juillet 2020. Cette analyse qualitative vise à renseigner sur les problèmes spécifiques des femmes, hommes, filles et garçons pendant cette période de pandémie à COVID 19. Les éléments issus des données secondaires appuieront la triangulation des informations.

Les thématiques d’analyse sont : rôles et responsabilités, accès aux ressources, services et l’information, prise des décisions, influence des croyances, sécurité, et sante / bien être. Les informations ont été recueillies dans les villes urbaines et cités rurales dans lesquelles CARE I mène des activités et a des bureaux et au moins 1 staff. Les provinces concernées sont le Nord Kivu (Beni,
Butembo, Goma et territoire de Nyiragongo), Sud Kivu (Bukavu et Uvira) et la ville province de Kinshasa.

Principaux Constats :

Les femmes portent plus en plus le fardeau des activités de production et de reproduction pour plusieurs raisons entre autres le fait que le travail des hommes a été réduit par des congés techniques et fermetures des frontières. Cette charge accrue a comme conséquence la faible participation des femmes aux activités de prévention et réponse à la pandémie et d’autres conséquences sur la santé sexuelle et de la reproduction. Quoi que les femmes soient au-devant pour répondre aux besoins quotidiens des ménages, elles échappent quelques fois à la prise de décision et contrôle sur le revenu des ménages à cause des normes sociales ; ce qui est dans la plupart des cas la cause des violences conjugales – lesquelles ; également ; auraient augmentées suite de la pandémie.

Les femmes fréquentent moins les structures sanitaires par peur de contracter le COVID 19 et d’être éloigné de leurs enfants en cas de quarantaine ; surtout dans les zones où il y a eu une mauvaise expérience de la maladie du virus Ebola (MVE). Au même temps, il s’observe un afflux de demande des plannings familial par les femmes puisque le chômage des hommes est une cause de l’augmentation des activités sexuelles désirées et non désirées dans le ménage.

L’accès à l’information sur le COVID 19 est inégal entre les hommes et les femmes pendant cette période. Les hommes ont souvent le contrôle sur les radios et autres médias dans les ménages comprennent mieux les messages et possèdent des téléphones plus fréquemment que les femmes.

Les jeunes garçons participent plus aux séances de sensibilisation tandis que les jeunes filles qui n’ont pas trop de temps et la permission d’y participer par crainte des abus et exploitations sexuelles. Les hommes adultes sont moins fréquents dans les espaces de discussions sur le la pandémie parce que certains considèrent le COVID 19 comme une manipulation et d’autres ne veulent pas faire le bénévolat. Les jeunes filles et les femmes considèrent les messages sur la pandémie difficile à comprendre parque ils sont soit en français soit en variation de swahili qui n’est pas bien compris.
Certains groupes d’enfants surtout dans les milieux ruraux courent le risque de ne pas reprendre les cours après la fermeture des écoles pendant le COVID 19 et certaines filles mineures sont exposées au mariage précoce.

Les violences basées sur le genre sous leurs différentes formes auraient augmenté. Les femmes sont victimes des violences conjugales autour de la gestion de revenu. Les violences physiques aux sources d’eau sont fréquentes puisque l’eau est devenue une denrée rare. La baisse de revenu dans les ménages est une cause de la réduction de nombre des repas par jour dans certains ménages et parfois les filles mineures sont prises en mariage parce qu’elles espèrent avoir une vie meilleure chez leurs partenaires et en faire profiter à leurs familles.

Certaines normes religieuses exposent les femmes enceintes à des exploitations sexuelles et psychologiques par certains responsables de certaines églises pour leur faire échapper aux mauvais sorts de la pandémie.