Bunia : les professionnels des médias échangent avec l’équipe de communication des Nations Unies sur la réalité d’Ebola

JEAN-TOBIE OKALA

Bunia, le 16 novembre 2019 – A l’initiative de la Section de l’Information publique de la Monusco en Ituri, les professionnels des médias de Bunia ont échangé ce samedi 16 novembre 2019 avec la chargée de communication du bureau des Nations Unies pour la riposte contre Ebola, Gaelle Sundelin.

L’objectif de cette rencontre était d’échanger sur les « meilleures pratiques » en matière de couverture médiatique et de sensibilisation des populations sur la prévention contre la maladie à virus Ebola, au regard des fortes résistances observées ces derniers temps par les équipes de riposte dans certaines localités en Ituri, notamment en Territoire de Mambasa.

Au cours de cet échange, qui a duré une heure et demie, plusieurs points ont été soulevés. Par exemple, la question de sensibilisation de certaines parties de la communauté telle que les taxi-motos ou motards, très « remontés » contre tout ce qui a trait à Ebola et pour qui cette « maladie qui n’existe pas est une invention des Blancs pour se faire de l’argent ».

Certains accusent les journalistes d’être complices de cette « supercherie » et des hommes politiques qui, selon eux, utilisent Ebola à des fins personnelles. Comme solution préconisée au cours de cette rencontre, il a été suggéré aux professionnels des médias de Bunia d’utiliser les “success stories” d’autres Villes ayant été touchées par la maladie comme Béni pour faire passer les messages des motards vaccinés.

Toujours pour convaincre les sceptiques et ne pas laisser libre cours aux fausses rumeurs, les deux parties ont convenu de donner davantage la parole aux « vainqueurs » ou survivants d’Ebola en les faisant intervenir dans les médias pour montrer la réalité de la maladie, mais aussi l’humaniser quelque peu.

Enfin, la possibilité de faciliter des visites de médias à Béni en coordination avec la Monusco a été évoquée et fortement encouragée, cela permettrait aux journalistes de Bunia non seulement de confronter leurs expériences avec celles de leurs confrères de Beni, mais aussi d’avoir accès direct aux vainqueurs et donc aux « success stories ».

Un autre point soulevé lors de cette rencontre a été l’importance et la nécessité d’utiliser des dialectes pendant les sensibilisations et même dans les médias : cela passe entre autres par des interviews en dialectes (pas seulement en Swahili, langue pas toujours parfaitement assimilée par les populations locales) avec des agents de la riposte et des représentants des communautés.

Enfin, pour un meilleur partage des informations sur la lutte contre Ebola, la possibilité d’un point presse tous les quinze jours avec l’équipe de riposte a également été suggérée ; en attendant la concrétisation de toutes ces mesures, l’échange d’informations entre les professionnels des médias de Bunia et l’équipe de communication des Nations Unies pour la riposte contre Ebola se fera à travers le groupe WhatsApp mis sur pied par la Section de l’Information publique de la Monusco Bunia.