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Bulletin quotidien no 540 d'information sur l'Afrique Centrale et de l'Est

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News and Press Release
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NATIONS UNIES
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IRIN - Afrique Centrale et de l'Est
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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO (RDC)

Kagame admet l'implication de troupes rwandaises

Le Vice-président rwandais, Paul Kagame, a admis aujourd'hui (vendredi) que ses troupes aident les rebelles en RDC, a fait savoir à IRIN le porte-parole du Ministère sud-africain des affaires étrangères. M. Kagame a indiqué au Président Nelson Mandela, lors d'une visite à Prétoria, que ses troupes étaient en RDC depuis le mois d'août, mais a refusé de préciser le nombre. Lors d'une conférence de presse à Prétoria, M. Kagame a déclaré que le Rwanda était impliqué à cause de ses préoccupations au niveau de la sécurité, ont rapporté des agences de presse. Le Rwanda a de "bonnes raisons" pour ne pas avoir reconnu la présence de ses troupes jusqu'à présent, a-t-il ajouté. M. Mandela a déclaré que le fait que le Rwanda ait admis, allait désormais mener sur le chemin d'un cessez-le-feu, et qu'une réunion de la 'Southern African Development Community' (SADC - Communauté de développement d'Afrique Australe) allait bientôt être tenue pour arriver à un accord. M. Kagame a cependant mis en garde que le Rwanda ne retirerait pas ses troupes jusqu'à ce que les problèmes de sécurité soient résolus..

Le Ministre rwandais des affaires étrangères, Anastase Gasana, a déclaré hier que son pays était particulièrement préoccupé par le fait que le Président congolais Laurent-Désiré Kabila "prêche le genocide" à quelque 46 millions de citoyens congolais. Devant le corps diplomatique à Kigali, il a décrit la RDC comme "un repaire de groupes armés voués à destabiliser la sécurité dans la région", a rapporté la radio rwandais. Il a ajouté que Kigali était obligé de sauvegarder la sécurité des citoyens tant que M. Kabila et le Président zimbabwéen, Robert Mugabe, continueront de menacer "de pousser la guerre vers le Rwanda".

Les troupes tchadiennes "en difficulté"

Des sources médiatiques tchadiennes ont informé IRIN aujourd'hui qu'il était désormais officiel à N'djamena que les forces tchadiennes combattant en RDC avaient des problèmes, surtout parce qu'elles opérent en territoire inconnu. Ces sources ont souligné que les Tchadiens sont habitués à opérer dans des endroits desertiques, plutôt que dans la jungle de la RDC. Le gouvernement tchadien aurait envoyé 2 000 soldats en RDC.

La situation du choléra dans le Sud Kivu est "critique"

Les autorits provinciales chargées de la santé ont rapporté une situation critique dans le Sud Kivu en ce qui concerne le choléra, avec des taux de mortalité trés élevés. Selon le rapport d'une ONG internationale reçu aujourd'hui par IRIN, ces autorités auraient indiqué que 16 396 cas de choléra avaient été enregistrées entre le 1er janvier et le 1er novembre de cette année. Parmi ceux-là, 1 290 patients sont décédés, 50% d'entre eux depuis que la guerre a éclaté au mois d'août. Les régions les plus touchées, visitées par les autorités et les ONG, seraient Shabunda, Mwenga, Uvira, Katana, Bukavu, Baraka et Nundu.

RWANDA

Les communes de Cyangugu sont toutes touchées par le choléra

Par ailleurs au Rwanda, les services de santé ont fait savoir qu'une épidémie de choléra avait sinistré toutes les communes de la préfecture de Cyangugu, à la frontière avec le Sud Kivu. Quelque 3 006 cas, dont 55 décés, ont été rapportés au 12 octobre. L'épidémie serait surtout due à un manque d'eau potable.

Un inculpé du TPIR refuse de plaider

Un détenu du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a refusé de plaider lors de sa première comparution devant le Tribunal, a rapporté hier l'agence indépendante de presse Hirondelle. Comme d'autres détenus, qui avaient commencé la semaine dernière une grève contre la faim, Emmanuel Bagambiki, ancien préfet de Cyangugu, s'est plaint qu'il n'avait pas pu choisir l'avocat qu'il voulait. M. Bagambiki a déclaré qu'il n'avait pas confiance en l'avocat belge qui lui a été assigné par le Tribunal.

630 000 déplacés dans le nord-ouest

Une note d'information publiée par le bureau d'OCHA au Rwanda a indiqué que le nombre de personnes déplacées dans le nord-ouest du pays, selon les chiffres du gouvernement, continue d'augmenter. Le nombre de personnes déplacées, principalement dans les préfectures de Ruhengeri et de Gisenyi, s'élevait au 31 octobre à 630 000. Ces gens sont arrivés dans les camps depuis les forêts o=F9 ils avaient été emmenés par les Interahamwe et les ex-FAR. Dans les camps, ils sont protégés par l'armée rwandaise et aidés par la communauté internationale. Le communiqué d'OCHA appelle à une aide humanitaire plus importante, en particulier dans la préfecture de Ruhengeri. La population déplacée est de plus en plus vulnérable aux maladies, surtout aux maladies respiratoires, au paludisme et à la diarrhée, a ajouté le communique.

ETHIOPIE-ERYHTREE

Reprise de bombardements avant les pourparlers de paix

De nouveaux bombardements auraient eu lieu cette semaine autour de la ville frontalière éthiopienne d'Adigrat, juste avant les pourparlers de paix prévus ce week-end dans la capitale du Burkina Faso, Ougadougou. Selon l'AFP, les habitants de cette ville ont fait savoir que des obus érythréens avaient été largués mercredi sur la ville, et avaient fait un certain de victimes. Les affrontements frontaliers ont repris la semaine dernière, après une accalmie des hostilités pendant trois mois, lors de laquelle les deux parties ont renforcé leurs troupes stationnées sur la frontière. Des rapports parlent d'un minimum de 200 000 soldats amassés le long de la frontière commune.

L'actuel Président de l'OUA, le Président burkinabé Blaise Compaore, devrait accueillir ce week-end des pourparlers de paix, visant à résoudre le différend frontalier. Le Secrétaire général de l'OUA, Salim Ahmed Salim a quitté Addis Abeba mercredi pour préparer la réunion. Les dirigeants religieux éthiopiens et erythréens, aussi bien musulmans que chrétiens, devraient également se rencontrer pendant le week-end à Oslo pour discuter du conflit frontalier, ont fait savoir plusieurs agences de presse.

Cependant, la continuelle réthorique de guerre de la part des deux camps apporte une ombre au succès de la médiation de paix. Dans une récente interview radiodiffusée, le Président érythréen Isaias Afewerki a accuse l'Ethiopie d'intransigeance et "de frapper les tambours de guerre", alors que l'Ethiopie a rapporté que M. Isaias a adopté "une attitude guerrière".

Par ailleurs, l'Erythrée a résolu sa dispute territoriale avec le Yemen au sujet des îles Hanish, et M. Isaias est arrivé mercredi à Aden, pour une visite officielle dans le pays. Selon la radio yéménite, il a qualifié cette dispute de "passagère" et a déclaré que le Yemen et l'Erythrée ne faisaient qu'une "famille". Le Président Ali Abdullah Salih du Yemen a déclaré que le problème avait été "exceptionnele", et que les deux pays jourssaient de relations fraternelles. Ils se dirigent désormais vers un nouveau chapître en promouvant et développant les relations, a-t-il ajouté.

KENYA

Important déplacement dans le district de Wajir

La crainte d'attaques dans cette région, o=F9 a eu lieu le récent massacre, dans le district de Wajir, a provoqué d'importants déplacements parmi les communautés pastorales, ont fait savoir aujourd'hui à IRIN des journalistes indépendants. Des troupeaux de chameaux et de bétail se sont rassemblés sur les points d'eau d'Eldas, de Giriftu et d'Arbajahan, ce qui entraîne une pression sur les puits et les pâturages. Une journaliste, qui s'est rendue sur les lieux du massacre, a dit avoir vu du bétail mort le long des routes, parce que les troupeaux ont eu à marcher de longues distances avec peu d'eau, jusqu'à des régions d'habitude considérées comme étant de maigres pâturages. Les rescapés souffrant de blessures par balle sont toujours ramassés dans ces centres et emmenés à l'hôpital de Wajir pour être soignés.

Les habitants de la ville de Wajir, les hommes politiques locaux et les chefs traditionnels condamnent le gouvernement pour avoir été indécis à pourchasser les assaillants et quelque 17 000 têtes de bétail volé. Il existe peu de signes visibles d'une amélioration de la sécurité dans la région, ont indiqué les journalistes. Sans action décisive de la part du gouvernement, les habitants craignent une attaque de revanche; les armes étant facilement disponibles à cause de la porosité des frontières éthiopiennes et somaliennes.

SOUDAN

World Vision ferme quatre centres de nutrition

Wolrd Vision prévoit de "fermer" quatre centres de nutrition intensive dans le Bahr al-Ghazal d'ici à la fin de l'année, parce qu'une récolte minimale à temporairement réduit la menace de famine dans la région, a déclaré l'ONG dans un communiqué reçu aujourd'hui par IRIN. Même si ces centres doivent être réouverts l'année prochaine, les fermer pendant un certain temps va encourager les populations déplacées à se réinstaller, a indiqué l'ONG. Ces centres, situés à Thiet, Ngapagok, Luonyaker et Panacier ont profité à environ 2 000 enfants mal nourris.

World Vision va superviser la situation de santé et nutritionnelle dans la région, en continuant ses centres de nutrition de supplémentation, a ajouté le communiqué. Le Bahr al-Ghazal va probablement "glisser à nouveau vers une situation de famine" au cours du premier trimestre de 1999, à cause des déplacements, de l'insécurité et des maigres récoltes, a encore précisé l'ONG.

Nairobi, samedi 7 novembre 1998

[FIN]

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