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Bulletin quotidien d'information No. 874 pour la région des Grands Lacs

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News and Press Release
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NATIONS UNIES
Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires - IRIN
Pour l'Afrique Centrale et de l'Est
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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO: Les villageois fuient les attaques de l'Interahamwe

Des milliers de personnes ont été déplacées dans la région de Kalonge dans le Sud-Kivu, à la suite d'attaques perpétrées récemment sur leurs villages par des groupes d'hommes armés, ont indiqué à IRIN des sources indépendantes provenant de la région. La dernière attaque signalée a eu lieu mercredi soir dans le village de Lulamboluli près de Bukavu. Les assaillants ont volé du bétail et des biens, incendié des maisons et violé des femmes, ont indiqué les sources. 'Plusieurs habitants ont été violemment battus et laissé pour morts,' a indiqué une source à IRIN. Les villageois en fuite ont imputé ces exactions à la milice de l'Interahamwe, ont rapporté les sources.

RDC: Les enfants déplacés souffrent de sévère malnutrition

La plupart des habitants de la région de Kalonge sont partis à la suite d'attaques survenues depuis la fin décembre. On estime à 15 000 le nombre de personnes déplacées à l'intérieur de leur pays se trouvant actuellement dans la zone sanitaire de Katana et à 9 000 le nombre de déplacés à Kabare, ont fait savoir les sources. D'après des informations non confirmées sur les déplacés, on en aurait recensé entre 6 000 et 8 000 de plus à Walungu, et un nombre encore non déterminé à Bukavu, ont précisé ces sources. Des sources humanitaires ont indiqué que la plus grande partie des déplacés de Kalonge vivaient avec des familles locales et travaillaient pour survivre, dans les champs de la population d'accueil. Avec l'afflux de déplacés à Kabare, le prix de quelques denrées alimentaires de base a plus que doublé, rendant la vie difficile pour les déplacés et les habitants locaux, ont-elles précisé. Une récente enquête nutritionnelle a relevé que 7,8 pour cent des enfants déplacés à Kabare souffraient de sévère malnutrition, ont ajouté ces mêmes sources.

RDC: Une attaque perturbe la campagne de vaccination

Parallèlement, une ONG internationale a fait savoir que la campagne de vaccination de trois jours qu'elle avait entreprise dans la zone sanitaire de Katana, le mois dernier, ne pouvait pas être achevée, en raison d'une attaque perpétrée sur un centre de soins de Kajeje, à quelque 20 km de Bukavu, le 15 février. Au moins trois personnes, dont une jeune fille, ont été tués lors de l'attaque de Kajeje. La population locale, ainsi que bon nombre de déplacés originaires de Kalonge qui avaient cherché refuge à Kajeje, se trouvaient maintenant à Kabare. Outre les incendies de maisons et les sévices exercés sur les habitants, les attaquants ont pris des personnes en otage et volé des vaccins, a confié l'ONG à IRIN.

RDC: D'autres cas de fièvre hémorragique

Six autres cas de fièvre hémorragique de Marburg, relevés dans la région de Watsa en Province Orientale, ont été confirmés, a annoncé l'OMS jeudi, présentant les résultats de tests effectués par le 'National Institute for Virology' en Afrique du Sud. Dans un communiqué, l'OMS a fait savoir que les six nouveaux cas dont trois mortels, avaient été relevés chez des hommes d'âge adulte. On ne savait pas encore si les nouveaux cas concernaient des ouvriers de mines d'or non loin de là à Durba, a indiqué le communiqué. Les infections du virus de Marburg chez les mineurs de Durba ont été diagnostiquées pour la première fois en avril 1999, mais auraient commencé dès novembre 1998, a ajouté l'organisation.

RDC: La police nigeriane assure la sécurité lors des pourparlers

Le Nigeria a dépêché 52 officiers de police à Kinshasa pour garantir la sécurité des leaders rebelles invités à participer à une réunion consultative nationale qui a été ouverte mardi par les groupes religieux congolais, ont rapporté les organes d'information. Le ministre de l'intérieur, Gaétan Kakudji, présentant les policiers nigerians sur la chaîne de télévision publique jeudi, a expliqué que les policiers étaient arrivés mercredi dans la capitale pour apporter une 'protection maximale' à tous les chefs rebelles assistant aux pourparlers. Les leaders rebelles congolais ont jusqu'à présent refusé de participer, arguant que la réunion était une tentative, de la part du président Laurent-Désiré Kabila, de miner les négociations intercongolaises prévues aux termes de l'accord de cessez-le-feu de Lusaka. Mais M. Kakudji a indiqué que la présence de la police nigeriane devrait 'réassurer ceux qui ont encore peur', a rapporté l'AFP.

Parallèlement, Laurent-Désiré Kabila a indiqué que plusieurs chefs d'Etat africains qui avaient été invités à Kinshasa pour assister à l'ouverture des pourparlers ne pouvaient pas venir car ils avaient été prévenus trop tard, a rapporté la télévision congolaise. 'Ils m'ont même demandé de repousser la rencontre, mais parce qu'il s'agissait d'une initiative émanant des dignitaires religieux, je ne voulais pas demander un report de dates,' a fait savoir M. Kabila mardi.

RDC: Les ministres de la SADC examinent la crise congolaise

Les ministres de la défense de 14 pays de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) ont entamé jeudi une réunion de deux jours dans la capitale zimbabwéenne, Harare, pour examiner la crise en RDC, ont rapporté les organes d'information. Le ministre de la défense zimbabwéen, Moven Mahachi, a fait savoir que la rencontre 'définirait les stratégies à adopter pour suivre la meilleure voie vers la recherche de la paix permanente' en RDC, a rapporté l'AFP.

RWANDA: Le TPIR demande à la Belgique d'extrader le suspect

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a fait parvenir jeudi à la Belgique une demande officielle d'extradition du suspect de génocide, Augustin Ndindiliyimana, a rapporté l'agence Internews depuis Arusha. M. Ndindiliyimana, qui a été arrêté par la police à son domicile en Belgique le mois dernier, doit répondre de 11 chefs d'accusation incluant le génocide et le viol. Il a été impliqué dans l'opération de désarmement et d'assassinat de 10 casques bleus belges qui assuraient la protection du premier ministre d'alors, Agathe Uwilingiyimana, elle aussi assassinée. Le procureur du TPIR, Ken Fleming, a déclaré que la requête du tribunal était une procédure mais 'c'est un grand pas'. Nous ne pouvons pas le traduire en justice si nous ne l'avons pas,' a-t-il souligné.

RWANDA: Les Etats-Unis déportent l'accusé du génocide

Entre-temps, les Etats-Unis ont autorisé l'extradition d'un autre accusé du génocide, le pasteur Elizaphan Ntakirutimana, ont rapporté les organes d'information. La Secrétaire d'Etat américaine, Madeleine Albright, a signé jeudi les documents d'extradition et les autorités américaines ont fait savoir que M. Ntakirutimana serait bientôt envoyé par avion à Arusha, en Tanzanie, o=F9 se trouve le TPIR. Le pasteur, âgé de 75 ans, qui a pris la fuite aux Etats-Unis peu de temps après le génocide de 1994, est accusé d'avoir participé au meurtre de Tutsis dans la commune de Gishyita, dans la préfecture de Kibuye, en les encourageant à se réfugier dans une église avant d'y être massacrés.

BURUNDI: Fermeture d'autres camps de regroupement

Deux autres camps de regroupement de Bujumbura Rural ont été fermés par les autorités burundaises cette semaine, ont indiqué vendredi à IRIN des sources humanitaires. Le site de Kinonko a été démantelé mercredi et le site de Matara jeudi. Près de 7 000 personnes provenant des deux sites sont rentrées chez elles dans l'obscurité par crainte d'être attaquées, ont expliqué les sources. Des ONG doivent rendre visite aux retournés et évaluer la situation. Parallèlement, à Maramvya, o=F9 un camp avait déjà été démantelé, une mission d'évaluation inter-agences a fourni des biens non alimentaires - tels que jerrycans, bâches en plastique, savon et casseroles - aux retournés.

OUGANDA: L'armée dément les allégations de pillages

L'armée ougandaise a réagi avec colère à un article publié dans le journal d'Etat 'The New Vision' qui impliquait la participation de l'Uganda People's Defence Forces (UPDF) dans un trafic de marchandises incluant des véhicules volés. 'L'adjoint au commandant de l'armée a déjà publié un communiqué démentant l'article de 'The New Vision'. En aucun cas, le haut commandement de l'armée ne peut fermer les yeux sur le crime organisé,' a affirmé vendredi à IRIN le capitaine Shaban Bantariza, porte-parole de l'armée pour l'ouest de l'Ouganda. 'The New Vision' a rapporté jeudi que 16 véhicules à quatre roues motrices volés ainsi que d'autres marchandises et de l'argent en espèces avaient été affrêtés sur deux avions-cargos qui avaient quitté l'aéroport d'Entebbe vendredi dernier pour rejoindre la RDC. Selon le quotidien, les avions revenaient en Ouganda, chargés de bois et de café.

Nairobi, le 3 mars 2000

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