Bulletin humanitaire R.D. Congo - Numéro 3 | 21 août 2017

Tshikapa : une réponse d’urgence requise

Issue du récent démembrement territorial, la Province du Kasaï et son chef-lieu Tshikapa cherchaient encore à se positionner lorsqu’ils ont été plongés dans une spirale de violence inouïe née des affrontements entre l’Armée congolaise et des sympathisants d’un chef local communément appelé Kamuina Nsapu en août 2016. Au cours des 12 derniers mois, cette violence s’est déversée dans les provinces voisines, entraînant des tueries et autres graves violations des droits de l’homme et forçant plus de 1,4 million de personnes à se déplacer.

Bien qu’une bonne partie des déplacés vive dans la brousse, il y en a qui ont décidé de rejoindre la ville de Tshikapa, estimant que le centre des institutions serait ‘’inviolable et sécurisé’’. Ces mouvements de populations se multiplient du fait de la dégradation de la situation occasionnée par la réplique des groupes locaux d’autodéfense communautaire donnée aux miliciens. Compte tenu de l’absence de structure formelle d’accueil de déplacés et d’espaces où ils peuvent installer un site de déplacés, la plupart de ces derniers se trouve dans des familles d’accueil ou dans des églises.

Une majorité de femmes et d’enfants

L’effectif global des déplacés arrivés à Tshikapa est en cours d’évaluation. Toutefois, la majorité d’entre eux sont des femmes et des enfants ce qui s’explique par le fait que ces deux catégories démographiques représentent la majorité de la population. Les hommes, quant à eux, constituent la majorité des combattants. Hormis le fait que les déplacés aient abandonné tous leurs biens dans leur fuite, ils ont vu les études de leurs enfants interrompues puisqu’ils se sont déplacés avant la fin de l’année scolaire.

Certains hommes étant occupés aux champs ou dans les carrières minières au moment des violents affrontements n’ont pas pu rejoindre leurs familles. Difficile donc de savoir s’ils sont toujours en vie. Certains couples se sont simplement séparés parce que l’homme appartenait à une ethnie adverse de celle de son épouse. Dans l’un ou l’autre cas, la femme est obligée de se déplacer avec ses enfants. Certaines arrivent à Tshikapa avec des blessures qui leur ont été infligées, notamment à la machette. Les moins chanceuses ont perdu la vie, laissant derrière elles des enfants orphelins.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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