DR Congo

Bintou Keita : « Nous attachons une très grande importance au partenariat avec la RDC »

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La cheffe de MONUSCO, Bintou Keita, et le gouverneur militaire de l’Ituri, le général Johnny Nkashama Luboya, après une rencontre à Bunia lundi 6 septembre 2021. © MONUSCO

JEAN TOBIE OKALA & LYDIE BETYNA

« C’est tout le leadership de la mission qui est ici. Donc ça veut dire que nous attachons une très grande importance au partenariat avec la RDC », a déclaré lundi 6 septembre 2021 la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en RDC et cheffe de la MONUSCO, Bintou Keita, à Bunia, en Ituri.

La diplomate guinéenne est en visite de travail dans l’Est du pays, à la tête d’une délégation de haut niveau comprenant ses deux adjoints, le Sénégalais Khassim Diagne, en charge des opérations et de la protection, et l'Australien David McLachlan-Karr, Coordonnateur résident et coordonnateur humanitaire. Le Commandant de la Force de la MONUSCO, le général brésilien Marcos de Sa Affonso Da Costa, ainsi qu’une quinzaine d’autres hauts-cadres de la Mission font aussi partie de la délégation.

Cette forte délégation est arrivée lundi à Bunia, en Ituri, où elle a échangé avec le gouverneur de la province, le général Johnny Nkashama Luboya, ainsi que les membres de son équipe.

« L’objet de notre conversation était essentiellement, pour moi, de venir prendre la mesure de ce qui est en train de se faire du côté des opérations, et aussi échanger sur des questions qui sont des préoccupations générales ; mais aussi la protection des populations et surtout, une grande importance, de sensibiliser la population et faire comprendre que nous sommes dans la lutte contre les groupes armés », a déclaré Mme Keita à la presse locale, à l’issue de cet échange.

La cheffe de la Mission a aussi rappelé que la sécurité est l'affaire de tous et toutes, pas seulement de la MONUSCO ou du gouvernement congolais.

« Très clairement, on a besoin d’une solidarité active pour que l’objectif de l’Etat de siège puisse être atteint », a-t-elle martelé.

Réaffirmer l’engagement de la MONUSCO

Cette visite commune des membres de l’équipe dirigeante de la MONUSCO est une première pour la mission. Par ce geste, la MONUSCO entend réaffirmer son engagement auprès des partenaires locaux à travailler à la restauration de la paix en Ituri.

Il est aussi question de renforcer la collaboration qui existe déjà entre la Mission et les autorités tant provinciales que nationales en vue de mieux combattre les groupes armés qui endeuillent continuellement cette province.

Bintou Keita est revenue sur l’attaque menée le 1er septembre dernier dans le territoire d’Irumu par de présumés combattant ADF contre un convoi civil escorté par l’armée congolaise et les casques bleus. Dix personnes avaient été tuées, quatorze véhicules incendiés et plus de quatre-vingts personnes enlevées.

Tout en déplorant ce drame, la cheffe de la MONUSCO appelle à rester optimiste pour le futur.

« Ces axes stratégiques de la Route Nationale 27 et de la Route Nationale 4 étaient bloqués pendant des mois. Donc, les escortes doivent être vues comme un peu un poumon qui facilite le trafic de la population. Alors, c’est clair que [les populations] sont dans une attente et une impatience. Et cette impatience est légitime. Mais il faut voir d’où on est parti et où est-ce qu’on se dirige », a-t-elle expliqué.

Prochaine étape : Beni

Cette première journée de l’équipe dirigeante de la MONUSCO en Ituri s'est clôturée par une réunion de travail avec la Justice militaire, à la Cour militaire de l'Ituri.

Au cours de cette rencontre, Mme Keita a rappelé qu'il n'y a pas de paix sans justice. C'est pourquoi la MONUSCO étudie chaque jour les voies et moyens pour renforcer la justice militaire et civile congolaise, a-t-elle dit.

Ce mardi 7 septembre, Bintou KEITA et sa délégation se sont rendus à Fataki, dans le territoire de Djugu, fief du groupe armé Codeco, qui continue d’ignorer les appels à déposer les armes.

Des rencontres sont aussi prévues entre la délégation et des acteurs de la Société civile, dont des associations féminines et des représentants de différentes communautés locales.

Mercredi 8 septembre, la Cheffe de la MONUSCO et sa délégation vont s'envoler pour Tchabi d'où ils rejoindront Beni, au Nord-Kivu.