DR Congo

Beni : Les organisations féminines se proposent d’accompagner la MONUSCO dans une campagne de restauration de la confiance entre elle et les populations locales

Source
Published
Origin
View original
Rencontre entre les organisations féminines de Beni et le chef de Bureau de la MONUSCO Beni. © MONUSCO/Michael Ali

SY KOUMBO S. GALI

Le dialogue permanent avec les groupes sociaux de Beni, initié par la MONUSCO depuis un mois pour échanger sur la problématique de la sécurité dans la région, se poursuit. Le 14 février, c’était au tour des représentantes des organisations féminines de Beni et territoire de s’essayer à cet exercice avec le chef de bureau de la MONUSCO à Beni.

C’était un moment d’échanges franc et cordial au cours duquel le chef de bureau, Omar Aboud, a présenté le travail de la MONUSCO. Il a notamment expliqué ce que la Mission onusienne fait présentement dans le cadre de la protection des civils au cœur de son mandat.

Omar Aboud est surtout revenu sur les derniers développements de la situation sécuritaire, notamment dans la région de Mangina, où il y a eu les récentes attaques attribuées aux ADF et ayant provoqué le déplacement massif des populations vers Beni-centre et Butembo. « Dès que nous avons reçu l’alerte, le dimanche 9 février, nous avons immédiatement envoyé nos troupes et des blindes à Mangina pour sécuriser la zone et rassurer les population », a-t-il dit. Le chef de Bureau de la MONUSCO à Beni a ajouté que des patrouilles conjointes MONUSCO/FARDC se poursuivent encore dans la région pour faire face à la situation. Il a annoncé aussi qu’une mission composée des civils se rendra bientôt à Mangina pour une évaluation de la situation sécuritaire afin d’y apporter une réponse adéquate.

Omar Aboud a en outre expliqué la nature de l’appui de la MONUSCO aux Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), dans le cadre des opérations conjointes. « Nous continuons de les appuyer en matière de renseignements, d’évacuation des blessés du front et vers les grands centres tel Goma, mais aussi, nous assurons le transport des munitions et de la nourriture ». Il a ajouté que la MONUSCO forme aussi, « les troupes, et de la FIB et des FARDC aux techniques et stratégies de combats en jungle pour les adapter au terrain et faire face à la guerre asymétrique imposée par les ADF ». Il précise qu’en trois mois, 445 soldats FARDC ont été formés et sont déjà opérationnels dans la jungle. « Nous travaillons aussi sur le plan conjoint opérationnel sur la protection des civils pour pouvoir assurer l’arrière des FARDC et consolider les zones récupérées », a-t-il déclaré.

Les femmes, très attentives, ont dit avoir été édifiées par les explications du chef de bureau sur la mission de la MONUSCO à Beni. Elles estiment que ce genre de rencontres est nécessaire pour échanger à chaque fois que besoin, afin de ne pas laisser place à la rumeur.

Toutefois, la pasteure Mamy Ndona, l’une des femmes ayant participé à cet échange, regrette que les patrouilles de la MONUSCO ne se fassent que dans les grands centres et pas « dans les zones reculées où les populations sont insécurisées ». Répondant à cela, Omar Aboud a expliqué qu’il y a plusieurs sortes de patrouilles et celles de longues portées sont faites jusque dans les zones les plus reculées du territoire de Beni. « Pour que nos chars aillent à Mangina par exemple, nous devons passer par le centre-ville de Beni, nous n’avons pas un autre chemin. Comment voulez-vous qu’on fasse si vous nous demander une chose et son contraire ?» s’est-il adressé aux femmes.

Les représentants des organisations féminines de Beni ont voulu aussi comprendre pourquoi les FARDC ont commencé unilatéralement les opérations contre les ADF en aout 2019 ? « Le Congo est un pays souverain et les autorités peuvent décider en toute souveraineté de faire ceci ou cela, et c’est le cas de ces opérations. Mais malgré cela, et dans le cadre de notre partenariat avec les FARDC, nous avons continué à leur apporter notre soutien » a-t-il dit.

Les femmes ont, avant de se séparer de leur hôte, fait quelques recommandations. Elles se disent par exemple prêtes à soutenir la MONUSCO dans une campagne de sensibilisation auprès de la population pour tenter de réinstaurer la confiance entre elles, une confiance qui s’est effritée après la crise de novembre dernier qui a vu les installations de la MONUSCO incendiées, parce qu’on lui reprochait une certaine « passivité », face aux tueries.

Le chef de bureau a marqué son accord et demande aux femmes de présenter des projets qui pourront être étudiés pour voir leur faisabilité.