DR Congo

BENI : la MONUSCO forme la population aux dangers des engins explosifs pour éviter des drames

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BENI : la MONUSCO forme la population aux dangers des engins explosifs pour éviter des drames. © MONUSCO/Joel Bofengo

JOËL BOFENGO

« Actuellement, la population vit la peur au ventre ». Moïse Kasereka, président de la société civile de la commune de Bungulu, a fait cette déclaration lors d’une formation animée par le service anti-mines de la MONUSCO, du 12 au 14 juillet à Beni, dans la province du Nord-Kivu.

Les 26 et 27 juin 2021, trois engins artisanaux avaient explosé à l’intérieur et non loin de lieux de culte dans la ville de Beni, causant la mort d’un homme et blessant deux femmes parmi les fidèles d’une église. La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo, Bintou Keïta, avait fermement condamné « ces attaques lâches et cruelles qui visent à semer la terreur et la confusion au sein de la population civile ».

Depuis, la population vit au rythme des alertes avérées ou non de la présence d’engins explosifs à travers la ville de Beni. « Partout où on arrive, on a tendance à penser qu’il y a des bombes », explique Moïse Kasereka.

C’est précisément pour informer les habitants de Beni sur les dangers de ces engins que la section des Affaires civiles de la MONUSCO a réuni plusieurs dizaines de personnes, chefs de quartier, membres de la société civile et de la protection civile pour participer à la formation animée par service anti-mines, UNMAS. La formation qui a porté sur les types d’engins explosifs, les risques liés à leur manipulation et les gestes appropriés à avoir face à un objet suspect non identifié a ciblé des membres de la société civile, de la protection civile et des chefs de quartier de Beni.

Pendant trois jours, Jacob Bedidjo, chargé des opérations du service de lutte anti-mines de la MONUSCO dans la région de Beni-Butembo-Lubero, leur répète le même message : prudence et vigilance. Avec des photos, des vidéos et même du matériel didactique, il a montré aux participants les différents types d’engins explosifs auxquels ils peuvent être exposés. Avec sa bonhomie habituelle, Jacob Bedidjo insiste auprès des participants : l’information est cruciale pour éviter des drames dans ce contexte. « L’attitude que vous affichez au moment où vous vous rendez compte que vous êtes face à un engin explosif peut soit vous sauver, soit vous condamner », souligne M. Bedidjo.

Moïse Kasereka, président de la société civile de la commune de Bungulu, est conscient de la différence qu’apporte la bonne information dans le contexte actuel de Beni.

« Cette formation que nous sommes en train de suivre va nous aider. Elle vient au moment où on en avait vraiment besoin. La population ne connaît pas de type de munitions. On peut croiser un type de bombes qui ressemble à une casserole. Les enfants et les mamans peuvent penser que c’est une casserole mais, si on y touche, ça risque d’interrompre la vie d’une personne », argumente-t-il.

Les églises à la rescousse

Tous les acteurs publics et associatifs sont unanimes : plus la bonne information va circuler, mieux ce sera. Au terme de leur formation de trois jours, chefs de quartier, membres de la société civile et de la protection civile vont porter la bonne parole au sein de leurs communautés respectives.

« Dans chaque quartier, je vais passer avec mon comité afin de sensibiliser toutes les couches confondues pour que la population soit en mesure d’identifier les différentes formes de bombe pour qu’on puisse limiter les dégâts », fait savoir Moïse Kasereka.

Les églises aussi ont pris le problème à cœur. En fin de semaine dernière, des responsables d’églises ont également suivi des séances d’information organisées par UNMAS à Beni. Et dimanche, lors des cultes, des leaders religieux ont consacré une partie de leur prêche aux engins explosifs et des gestes à adopter quand on y fait face.

« En tant qu’église, nous ne sommes pas seulement appelés à enseigner aux gens la morale chrétienne mais nous sommes aussi appelés à préparer les gens à vivre dans un environnement meilleur pour leur bien-être sur cette terre », explique le pasteur Dieudonné Maliamungu, responsable de l’église francophone de la 20e Communauté des églises chrétiennes en Afrique.

« Nos chrétiens sont exposés d’une manière ou d’une autre », concède le responsable religieux, évoquant les dangers des engins explosifs. « Nous devons veiller sur nos enfants, sur nous-mêmes, puisque ces gens sont en train de piéger la ville. Ils piègent nos maisons, au niveau des sources d’eau. Et nos enfants partent dans des écoles, dans des églises et au marché », se désole le pasteur Dieudonné Maliamungu.

Toujours dans l’objectif d’étendre l’audience et de toucher le maximum de personnes, des spots radio sont diffusés notamment sur Radio Okapi, la radio des Nations Unies en RDC, pour attirer l’attention des habitants de Beni sur les dangers des engins explosifs et les bonnes attitudes à avoir.